Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Articles avec #univers tag

Vador : Sombres Visions, de Hallum, Villanelli, Level, López, Mooney et Borges

Publié le par Nébal

 

HALLUM (Dennis « Hopeless »), VILLANELLI (Paolo), LEVEL (Brian), LÓPEZ (David), MOONEY (Stephen) et BORGES (Geraldo), Vador : Sombres Visions, [Star Wars : Vader – Dark Visions #1-5], Nice, Panini, coll. 100 % Star Wars, [2019] 2020, [n.p.]

 

ATTENTION : il peut y avoir des SPOILERS dans cette chronique, vous êtes avertis !

 

Il y a toujours des choses à raconter sur Dark Vador. Forcément. Chaque mois, au moins une publication des comics Marvel consacrés à l’univers étendu le figure d’une manière ou d’une autre. Pourtant, les séries dévolues au Sombre Seigneur des Sith ne sont pas éternelles. La première série Dark Vador de Marvel, un long run légendaire de Gillen et Larocca, était parallèle à la série Star Wars « générique », prenant place entre Un nouvel espoir et L’Empire contre-attaque, ce qui a donné notamment le très marquant crossover Vador : abattu, mais la série a ensuite été interrompue pour être remplacée par une autre, titrée en français Dark Vador, le Seigneur Noir des Sith, scénarisée par Charles Soule, et prenant place cette fois entre La Revanche des Sith et Un nouvel espoir. Puis cette série également a été interrompue – plus vite que la précédente, d’ailleurs. Ces interruptions, notez bien, ne devaient probablement rien à l’échec commercial, ces BD ont a priori bien marché : il s’agissait de décisions éditoriales, pour présenter plusieurs facettes du personnage le plus iconique de Star Wars.

 

Dans ce sens, Vador : Sombres Visions peut s’inscrire dans un même modèle – mais à une toute autre échelle ; car nous parlons d’une mini-série de cinq épisodes seulement, en forme de transition, par ailleurs cinq histoires courtes, sans autre lien que le personnage de Dark Vador. Les recueils d’histoires courtes, dans les comics Marvel consacrés à Star Wars, ne se sont pas toujours montrés très convaincants – les six recueils dédiés aux « héros » et aux « vilains » de chaque « ère » allaient du relativement correct à l’affligeant…

 

Mais le scénariste Dennis « Hopeless » Hallum, seul auteur commun à ces cinq récits (enfin, sans compter Greg Smallwood, qui livre de superbes couvertures pour chaque épisode), a adopté une approche différente et relativement originale : il ne parle en effet pas tant de Vador lui-même, que des représentations que s’en font d’autres personnages – une approche qui a pu me rappeler le roman Luke Skywalker : légendes de Ken Liu, mais avec un ton beaucoup plus adulte, ici, cependant également iconoclaste parfois ; car si la fascination et la peur panique sont des réactions communes dans ces histoires courtes, elles produisent des résultats variés, et parfois des épisodes étonnamment ambigus, où la dimension humoristique (oui) et la dimension tragique sont constamment mises en balance.

 

Chaque épisode de la mini-série est confié à un illustrateur différent, et cela compte, dans ce recueil – car chacun a un style marqué, qui produit des effets différents, très adaptés au propos de chaque histoire courte.

 

Le premier récit est ainsi illustré par Paolo Villanelli, un habitué des séries Star Wars de Marvel à ce stade (j’en avais déjà parlé par ici pour Lando : quitte ou double et Jedi : Fallen Order – Dark Temple). Son style épique et coloré est particulièrement approprié, ici – car c’est bien d’épique qu’il s’agit.

 

 

Et la couverture un tantinet surréaliste de Greg Smallwood va dans ce sens, en mettant en valeur un moment particulièrement badass du récit (à la limite du grotesque, à vrai dire – mais la bonne limite), tout en accentuant la dimension inquiétante du personnage.

 

Je ne suis certainement pas le seul à faire le lien avec le Death Dealer de Frazetta… En même temps, cela m’évoque aussi, mettons, les chevaliers teutoniques dans Alexandre Nevski ? Ce genre de choses ? Outre des représentations communes des cavaliers de l’apocalypse…

 

 

C’est que cet épisode se situe clairement du côté de la fascination suscitée par le personnage de Vador – une fascination pure, car libérée de toute connotation d’ordre moral. En effet, ce récit, du sel dont on fait les sagas, nous est conté par un gamin qui n’a jamais entendu parler de Dark Vador – ni probablement de l’Empire. Habitant un monde sauvage et dangereux, où une créature gigantesque (et d’autres ?) a anéanti toute forme de civilisation, il ne sait pas grand-chose de ce qui se passe au-delà de l’atmosphère de sa planète – même s’il ne faut probablement pas le prendre au pied de la lettre quand il évoque « des dieux qui se battent » pour décrire la bataille spatiale opposant l’Empire et l’Alliance Rebelle qui prend place en orbite.

 

L’arrivée de Vador (dans son TIE complètement défoncé, un truc qui revient souvent dans ces épisodes) a pour lui quelque chose de mythique, voire messianique. Et d’autant plus de la manière dont il nous conte cette histoire – car nous n’avons au fond que son point de vue, ce qui est bien le propos de la série, et c’est clairement le point de vue d’un conteur, dans une tradition un peu archaïque, qui a sans doute déjà, à ce stade, commencé à enjoliver ce à quoi il a assisté (la fin du récit va clairement dans ce sens).

 

 

Or, pour cet observateur extérieur, qui ne sait rien de Vador, il n’y a pas de « Sombre Seigneur des Sith » qui tienne. Ce « chevalier noir » est sans doute inquiétant, avec son armure étrange, mais il est incontestablement un immense héros, plus grand que nature. Libéré du jugement moral, qu’une plus grande connaissance de son sujet biaiserait, le gamin décrit Vador comme le pur chevalier badass qu’il a toujours été malgré tout. Ses prouesses martiales suscitent, oui, la fascination.

 

 

Et de manière toujours plus démesurée. Ce chevalier noir tombé du ciel est bien un grand héros, même si sa silhouette paraît minuscule face à celle de « l’Annihilatrice ». Mais d’autant plus, en fait : c’est Beowulf affrontant Grendel, saint Georges faisant face au dragon. Dark Vador, ou le plus grand, le plus épique, des héros – et dans sa lutte acharnée contre un monstre destructeur de civilisation, on devine une portée eschatologique : ici, parce qu’il n’y a pas d’Ordre 66, de Palpatine et de Luke Skywalker, on peut avoir le sentiment que Vador incarne le Bien et lutte contre le Mal… car tout est une question de point de vue.

 

Une approche pertinente. Maintenant, avec ses qualités, scénaristiques comme graphiques (ça en jette quand même pas mal), ce récit est probablement le plus « commun », ou le moins original, des cinq. Parce qu’il constitue une entrée en matière, c’est à bon droit. Mais la suite se montrera plus audacieuse.

 

 

Le deuxième épisode, illustré par Brian Level, en témoigne aussitôt. C’est un récit qui a clairement une dimension humoristique, et qui pourtant a quelque chose de tragique en même temps – ce qui le rapproche de l’épisode 3.

 

Le dessin est particulièrement approprié, très éloigné des standards des comics contemporains, Star Wars ou pas. Le trait de Brian Level a quelque chose de plus « old school » et expressionniste, et pourtant inventif, dans la mise en page notamment – je ne suis pas un grand connaisseur de Corben, mais à vue de nez je dirais qu’il y a un peu de ça ?

 

 

Le point de vue est cette fois celui d’un officier impérial, commandant d’un destroyer stellaire. Un homme rude mais compétent, à vue de nez, mais qui perd tous ses moyens quand il apprend que Vador le rejoindra bientôt pour interroger un espion rebelle censément prisonnier… mais qui a en fait échappé aux impériaux. L’officier, par le passé, a assisté à la colère de Vador, cette fâcheuse tendance à étrangler les commandants insuffisamment efficaces – et il en a hérité un mantra : « L’échec n’est pas toléré ! »

 

Notre « héros » est totalement terrifié à l’idée de faire les frais du déplaisir de Vador – alors il fera tout pour y échapper, il doit capturer in extremis l’espion rebelle. Et tous les moyens sont bons, à ce stade.

 

 

Jusqu’aux choses les plus invraisemblables et dangereuses, au mépris de la vie de ses pilotes et de son équipage. La peur de déplaire à Vador est telle que suivre un U-Wing dans un champ d’astéroïdes, envoyer des TIE dans une tempête de sable ou précipiter son destroyer dans la gueule d’un exogorth lui paraissent des options préférables à la colère du Sith.

 

Bien sûr, cet épisode joue à fond la carte de l’excès – vous me direz, c’était le cas aussi du premier… Mais le ton ne saurait être plus différent : on est, délibérément, de l’autre côté du grotesque. Et c’est très drôle.

 

Et pourtant tragique, au fond – la conclusion du récit, totalement absurde, mais de manière délibérée, lui donnant de faux airs de fable déglinguée et cruelle.

 

Une réussite en ce qui me concerne – mais je pourrais comprendre que ça ne parle pas à tout le monde.

 

 

Or le troisième épisode est un peu dans la même catégorie – mais en poussant les choses bien plus loin, et d’une manière bien plus inattendue, avec des illustrations (très à propos une fois de plus) signées par l’Espagnol David López, assisté comme on le verra par son compatriote Javier Pina pour certaines séquences. Et c’est un épisode peu ou prou dénué d’action.

 

 

Et on revient du côté de la fascination. Le point de vue, cette fois, est celui d’une infirmière follement amoureuse de Dark Vador. Parce qu’elle est au service d’un médecin de l’Étoile de la Mort régulièrement chargé d’opérer le Sombre Seigneur des Sith (qui ne revient jamais indemne des batailles où il triomphe, au sol comme aux commandes de son TIE Advanced x1), elle est amenée à le croiser de temps à autre, et est véritablement fascinée par le chevalier noir.

 

 

Et c’est un sacré problème – parce qu’elle vit dans un monde de purs fantasmes. Le moindre geste esquissé par Vador, un geste généralement violent et haineux car sinon ce ne serait pas Vador, lui paraît avoir une signification secrète, destinée à sa seule compréhension par essence supérieure. Elle est bientôt persuadée que Vador l’aime tout autant qu’elle l’aime lui…

 

 

Ses fantasmes se traduisent souvent par des séquences hallucinées dont le graphisme change du tout au tout, louchant bien davantage sur la peinture… et sur les couvertures de bouquins type Harlequin. C’est ici que Javier Pina vient donner un coup de main à David López, pour un résultat très à propos, de toute beauté, et contrastant de manière pertinente avec le dessin plus sobre des séquences « normales » (non sans charme, cela dit – on appréciera tout particulièrement les yeux exorbités et le sourire un peu niais qui caractérisent l’infirmière).

 

 

Ces fantasmes ne sont pas qu’amoureux, cela dit. Si l’infirmière se convainc toujours davantage de ce que son amour est partagé, son délire peut en conséquence avoir des traits relevant davantage d’une forme de volonté de puissance – elle fantasme tout autant sur les sévices qu’elle pourra infliger à son patron le moment venu…

 

 

Ce qui l’amène à faire des choses… eh bien, stupides et dangereuses. Comme une collection de reliques de Vador…

 

Vous vous en doutez, ça va mal finir. Et, du coup, on se retrouve un peu dans la même situation qu’avec l’épisode 2 : tout cela est très drôle, mais, au fond, c’est en même temps tragique.

 

Cet épisode est clairement le plus original du volume. Il est aussi probablement celui que j’ai préféré. Là encore, je comprendrais que tout le monde ne soit pas de cet avis, mais, oui, j’ai beaucoup aimé : c’est un récit sur Vador différent – et c’est toujours bon à prendre.

 

Le quatrième épisode, illustré par l’Irlandais Stephen Mooney dans un style plus classiquement comics, est en apparence plus classique aussi du côté du scénario – cependant, il est en fait probablement plus subtil qu’il n’en a tout d’abord l’air… D’autant, je suppose, qu’il joue avec ce qu’implique le format court. Au fond, ce qui nous est narré ici pourrait aussi bien se réduire à une simple anecdote. Mais c’est en fait justement ce qui fait le sel du récit.

 

 

Le point de vue est cette fois celui d’un pilote de X-Wing T-65 au service de l’Alliance Rebelle, laquelle a monté un plan assez tordu pour localiser une base secrète de l’Empire, qui produit des TIE à tour de bras.

 

 

Ce que les Rebelles ne savent pas forcément, c’est que Vador se trouve sur place, pour évaluer le travail des ingénieurs chargés de perfectionner son TIE Advanced x1…

 

 

Mais c’est en principe secondaire pour notre « héros », qui est un archétype du pilote arrogant.

 

Il a assisté à la mort de son contrebandier de père aux mains des Stormtroopers dans son enfance, et en a hérité une haine absolue de l’Empire Galactique – une haine percluse de remords, car, au moment fatidique, il n’a pas osé tirer sur les soldats impériaux, et s’est ainsi rendu responsable de la mort de son père…

 

La lutte contre l’Empire est donc pour lui une affaire personnelle. Et c’est sans doute ce qui l’a amené à intégrer les rangs de l’Alliance au premier chef, davantage que l'idéologie à proprement parler.

 

Mais voilà : typiquement, il considère que cette seule motivation suffit à en faire un pilote idéal. Quand il n’est guère qu’une tête brûlée de plus, qui se la raconte un peu trop...

 

 

Et vous vous doutez très bien de comment tout cela va finir.

 

Un épisode du coup probablement plus subtil qu’il n’en a tout d’abord l’air, oui – et ceci alors même qu’il est construit autour d’une simple anecdote. Je tends à croire qu’il y a ici un jeu délibéré sur les implications du récit court, peut-être plus spécialement en bande dessinée.

 

Il y a aussi, là encore, une dimension tragique sous-jacente, au niveau des fantasmes d’un grouillot qui s’imagine bien trop de choses quant à ses talents – ce en quoi notre pilote rebelle n’est en vérité pas si différent de l’infirmière de l’épisode précédent : l’enchaînement est donc très pertinent, avec ces deux personnages qui ne craignent pas Vador autant qu’ils le devraient.

 

Mais le ton est tout autre : pas d’humour, ici, vraiment, vraiment pas ; juste, au choix, une résignation passablement dépressive, ou un vague dégoût…

 

 

Le cinquième et dernier épisode est illustré par le Chilien Geraldo Borges, sur des bases relativement classiques tout d’abord, mais qui virent ensuite au délire halluciné – Vador est décidément propice aux fantasmes, mais, ici, ils sont pourtant d’un autre ordre… car ils résultent bel et bien d’une hallucination au sens strict, provoquée par un poison, et qui décuple le caractère terrifiant de Dark Vador.

 

 

L’affaire commence dans une sorte de cantina, ou des Rebelles plus ou moins impliqués dans la cause prennent du bon temps en compagnie de personnages davantage typés racailles et scélérats.

 

Hélas pour eux, Vador déboule bientôt dans le bar, en quête de quelque chose que les Rebelles ont dérobé à l’Empire Galactique. Vador étant Vador, la cantina est bientôt remplie de cadavres… mais un non-rebelle parvient à s’enfuir avec l’objet recherché par Vador – une impulsion stupide…

 

 

Or cette planète est dangereuse – une jungle envahie de créatures redoutables… et de plantes empoisonnées.

 

Le fuyard connaît ce monde, il y a vécu toute sa vie, il sait qu’il a été « piqué » par une plante vénéneuse produisant des hallucinations, il sait qu’il délire…

 

 

… mais il n'y peut rien. Et en même temps, c’est comme si ce délire lui permettait de survivre un peu plus longtemps ? En déclenchant des réflexes auxquels il n’aurait peut-être pas pu faire appel autrement… Mais en rendant aussi sa fuite plus terrifiante encore, un cauchemar ininterrompu.

 

 

C’est l’ambiguïté, je crois, de cet épisode : Vador est déjà terrifiant à la base. Les hallucinations en rajoutent-elles vraiment ? Ou utilement ? Peut-être – comme révélatrices d’une nature monstrueuse du personnage encore pire sous la surface… ou pas.

 

Cet épisode se lit bien, et, dans l’architecture de la série, il offre un pendant bienvenu au premier épisode. On est passé de la pure fascination à la terreur panique absolue. Pour autant, je ne suis pas parvenu à résoudre cette ambiguïté… Ce n’est pas un mauvais épisode, il a ses qualités, indéniablement, mais je le place un bon cran en dessous des quatre autres.

 

Quoi qu’il en soit, Vador : Sombres Visions s’est avéré une bonne surprise – une mini-série plus inventive et subtile que ce à quoi je m’attendais. Et dans le registre des histoires courtes des comics Marvel de Star Wars, c’est très clairement le haut du panier.

 

 

Côté X-Wing, il n’y a pas forcément grand-chose à dire, comme d’hab’, et pourtant peut-être un peu plus que d’habitude.

 

 

De fait, le vaisseau iconique de Dark Vador, son TIE Advanced x1, est très régulièrement de la partie.

 

On notera qu’il y a une constante, dans ces épisodes qui gravitent probablement tous aux environs d’Un nouvel espoir : ce châssis est strictement associé à Dark Vador, on ne lui connaît pas d’autre pilote. Dans les épisodes 1 et 4, notamment, les Rebelles identifient aussitôt leur ennemi quand ils voient la forme particulière de ce TIE – et ils succombent alors à la panique, forcément. Le caractère de prototype de ce châssis est particulièrement mis en avant dans l’épisode 4, on l’a vu, dans lequel les ingénieurs de Sienar cherchent à l’améliorer encore, sous la houlette sévère de Dark Vador en personne.

 

Le vaisseau apparaît surtout dans les épisodes 1, 3 et 4. Et, systématiquement, Dark Vador y fait la preuve de ses talents de pilote, défonçant les vaisseaux rebelles par paquet de trouze.

 

En même temps, autre point commun à ces différents épisodes, il ne s’en sort jamais indemne : il se crashe sur une planète sauvage dans l’épisode 1, doit voir un chirurgien après chaque sortie dans l’épisode 3, et fait face seul ou peu s’en faut à toute une escadrille rebelle dans l’épisode 4. C’en est presque un gag, à ce stade.

 

 

 

Bien sûr, comme le premier et le dernier épisode en font tout spécialement la démonstration, chacun à sa manière, Dark Vador au sol n’est pas moins redoutable…

 

 

Pas grand-chose à dire autrement sur les autres vaisseaux entraperçus dans la BD. Des chasseurs TIE/ln à foison, bien sûr…

 

 

… et bien sûr une Navette T-4A de classe Lambda ici ou là.

 

 

Côté rebelles, nous avons surtout une palanquée de X-Wing T-65, et nous sommes peu ou prou à bord du cockpit dans l’épisode 4.

 

 

Nous croisons aussi des Y-Wing BTL-A4 ici ou là…

 

 

… et éventuellement une Corvette coréllienne CR-90.

 

 

Le seul vaisseau qui mérite qu’on en dise davantage est clairement le U-Wing UT-60D que pilote l’espion rebelle dans l’épisode 2.

 

En fait, il s’en tire probablement beaucoup mieux avec que le meilleur des pilotes ne le ferait dans le jeu… surtout avec toute une flotte de TIE au cul et un putain de destroyer impérial aussi tant qu’à faire.

 

 

Mais c’est aussi l’occasion de le voir faire un usage particulièrement agressif de son Aile pivot !

 

Bah, tout ceci est secondaire. Ce qui compte, c’est que cette BD est une belle surprise. Elle ne sera peut-être pas du goût de tous, mais pour ma part, j’en ai beaucoup aimé l’approche. Ce n’est pas une énième BD sur Dark Vador, et c’est en même temps un hommage approprié au plus iconique de tous les vilains. Bonne pioche !

 

 

Voir les commentaires

Jedi : Fallen Order – Dark Temple, de Matthew Rosenberg et Paolo Villanelli

Publié le par Nébal

 

ROSENBERG (Matthew) et VILLANELLI (Paolo), Jedi : Fallen Order – Dark Temple, [Star Wars Jedi : Fallen Order – Dark Temple], Nice, Panini, coll. 100 % Star Wars, [2019] 2020, [n.p.]

 

ATTENTION : il peut y avoir des SPOILERS dans cette chronique, vous êtes avertis !

 

Le TPB Jedi : Fallen Order – Dark Temple compile les cinq épisodes d’une mini-série écrite par Matthew Rosenberg et illustrée par Paolo Villanelli, dont j’avais déjà pu apprécier le travail, assez classique mais joliment dynamique, sur Lando – quitte ou double.

 

 

Le titre fait bien sûr référence au jeu vidéo Jedi : Fallen Order, auquel, je dois plaider coupable, je n’ai pas joué – il faudrait peut-être que je tente, d’autant qu’il a eu sauf erreur de bons retours.

 

Pour autant, cette mini-série n’est pas une adaptation de l’histoire de ce jeu vidéo, mais en fait une préquelle aux événements qui y sont décrits, dont le degré d’indépendance variera selon les lecteurs/joueurs, je suppose.

 

Il faut noter ici que cette mini-série, en anglais, a été publiée avant la sortie du jeu vidéo – elle n’était donc pas censée en spoiler quoi que ce soit, mais bien plutôt fournir des bases aux joueurs curieux, pour qu’ils se lancent dans cette aventure avec un certain bagage. En France, nous y avons nécessairement un rapport différent, car la mini-série n’a pas été publiée au fur et à mesure avant la sortie du jeu, mais bien pour la première fois dans ce TPB assez récent, et donc bien après la sortie du jeu. Cela pose-t-il problème ? Eh bien, ne sachant que peu de choses du jeu vidéo, je ne saurais le dire – même si je n’en ai pas l’impression a priori. N’hésitez pas à réagir sur ce point (et sur d’autres).

 

 

La BD, quoi qu’il en soit, ne met pas en scène le héros de Jedi : Fallen Order, Cal Kestis, mais un personnage qu’il rencontre durant ses aventures, la Jedi Cere Junda. Elle est, avec tous ses défauts, la véritable héroïne de cette histoire, et, pour l’essentiel, la BD nous rapporte sa jeunesse, quand elle n’était encore qu’une padawan forcément impulsive et un peu couillonne, au service de son maître Eno Cordova, un vieux bonhomme très pondéré et archéologue/rat de bibliothèque dans l’âme.

 

Cette trame se déroule donc à l’époque de la prélogie, même si on n’y fait pas écho à la Guerre des Clones (directement, en tout cas – mais thématiquement, c’est autre chose), et à vue de nez je suppose que cela se passe un peu avant. C’est l’occasion de croiser quelques figures de cette époque, essentiellement des Jedi comme Yoda et Mace Windu.

 

 

Mais il faut noter que la BD oppose en fait deux trames temporelles. Si celle que je viens de décrire est prépondérante, chacun des épisodes comprend également quatre ou cinq pages qui se déroulent bien plus tard, après l’Ordre 66 – et visiblement juste avant que le jeu ne débute véritablement.

 

On y voit des Stormtroopers ayant maille à partir avec des forces conséquentes, et une intrigante et redoutable inquisitrice, la Seconde Sœur, bien décidée à révéler les secrets d’Ontotho, la planète où elle arrive tout juste au début de la BD, et, les noms sont enfin lâchés à la dernière page, elle traque aussi bien Cal Kestis que Cere Junda – laquelle n’apparaît cependant pas dans cette temporalité de la mini-série.

 

 

Je parlais de deux trames temporelles distinctes ? À proprement parler, il y en a en fait trois – car, après l’introduction de l’inquisitrice, l’épisode 1 débute en fait par une séquence antérieure de quelques années à la temporalité principale de la série, qui a pour objet de présenter les personnages de Cere Junda et Ono Cordova, en mettant en avant combien la padawan est impulsive et trop portée à croire en son intuition, en distinguant bien trop hâtivement des camps aux caractères tranchés, les gentils d’un côté, les méchants de l’autre – et en recourant à des méthodes expéditives pour assurer « la paix ».

 

 

Il s’avère que, dans cette affaire, elle a tout faux – et cela constitue comme de juste un avertissement pour la suite des opérations : c’est un thème fondamental de cette mini-série que les choses ne sont jamais aussi simples qu’on le croit, et que, quand deux factions s’affrontent, il n’est jamais si aisé de déterminer qui est dans son bon droit et qui a tort.

 

Au fond, il s’agit d’un thème classique dans les histoires mettant tout aussi classiquement en scène un duo constitué d’un maître Jedi en mode vieux sage et d’un padawan par essence immature. Dans le canon Star Wars, Obi-Wan Kenobi, Anakin Skywalker bien sûr et davantage que tout autre, mais aussi Ahsoka Tano, Luke Skywalker, Rei éventuellement, fournissent autant d’exemples de ces derniers, parmi bien d’autres sans doute – et, tout aussi classiquement, leur fougue et leur intuition peuvent exceptionnellement constituer des atouts. La BD, ici, ne brille pas par son originalité – mais elle est suffisamment bien écrite pour que ce thème classique, bien loin de lasser, fonctionne à vrai dire remarquablement bien.

 

Quoi qu’il en soit, après cette affaire, Cere Junda est vivement réprimandée par le Conseil Jedi, et tout spécialement par maître Yoda. Elle ne s’en tire véritablement que grâce à l’intervention de son maître Ono Cordova.

 

 

Des années plus tard, les personnages ont toujours les mêmes rapports – et ils sont envoyés sur la planète Ontotho pour régler une épineuse affaire et assurer la paix.

 

La planète a un statut ambigu : théoriquement, elle fait partie de la République Galactique ; cependant, une enclave de la planète, Fylar, ne veut pas en entendre parler, et entend défendre par tous les moyens son indépendance. Or il se trouve dans cette enclave un bien étrange temple qui suscite la curiosité, voire la convoitise…

 

 

Et notamment celle d’un jeune homme d’affaires/archéologue/chef de milice du nom de Dylanto Daa. Cet estimé citoyen d’Ontotho souhaiterait effectuer des repérages puis des fouilles dans ce mystérieux temple, mais les Fylari ne veulent pas en entendre parler.

 

D’où l’intervention des Jedi… dont on comprend très tôt qu’ils ne sont probablement pas aussi neutres qu’ils le prétendent dans cette affaire : Ono Cordova tout spécialement serait ravi de pouvoir jeter un œil à ce qui se trouve dans ce temple…

 

Dylanto Daa, en bon bellâtre richouze, suscite probablement la méfiance instinctive du lecteur. Mais ce dernier n’en est pas moins supposé se souvenir de l’incident s’étant produit quelques années plus tôt, et devrait donc mettre de côté ses préjugés… Cere Junda aussi, et plus que quiconque – mais vous vous doutez bien que ça ne sera pas le cas.

 

 

Et les événements se précipitent quand se produit un attentat, dans des circonstances qui demeureront longtemps floues, au cours duquel Ono Cordova et Cere Junda se retrouvent séparés – et, à vrai dire, sont tous deux convaincus que l’autre y a péri.

 

 

Cere Junda, isolée, se retrouve dans le camp des Fylari – et, interprétant les indices selon son intuition et ce qu’on lui dit, elle embrasse sans plus guère d’hésitation la cause de ces derniers.

 

Ce qui a très vite des conséquences brutalement concrètes : après l’attentat, la dispute essentiellement diplomatique se mue en guerre ouverte – et si les effectifs des braves Fylari ne leur permettent probablement pas de se livrer à un conflit conventionnel, ils peuvent néanmoins mener de redoutables opérations de guérilla, voire se livrer à des actes que l’autre camp ne manquera bien sûr pas de qualifier de « terrorisme ».

 

Et, pendant ce temps, le temple continue d’abriter ses mystères…

 

 

Alors, les gentils Fylari contre les méchants Daa ? Oui – et non. Les choses sont toujours plus complexes qu’on le croit – et l’on devrait se méfier des jugements hâtifs.

 

Car les Fylari ont leurs torts – et comptent leur lot de fanatiques prêts à tout pour défendre leur « indépendance », avec une intransigeance obtuse. Les plus radicaux d’entre eux ne sont certes pas étouffés par la morale, quand la seule chose qui compte à leurs yeux est le maintien du statu quo, contre vents et marées, et sans guère de fondements rationnels.

 

Et Daa et ses hommes ? Assurément, ils commettent des saloperies çà et là – pour autant, Dylanto Daa n’est pas le méchant caricatural que l’on pouvait croire initialement ; et, parce que ce n’est pas non plus un imbécile, et parce qu’il sait parler (ceci parce que Matthew Rosenberg sait le faire parler), il emporte plus qu’à son tour l’adhésion du lecteur, retournant ses préconçus contre lui ; le soutien d’Ono Cordova, s’il n’est pas inconditionnel, joue incontestablement sa part ici.

 

 

À vrai dire, cette BD, toute série Star Wars qu’elle soit, et avec un caractère mercantile plus affiché encore que d’usage du fait du lien avec le jeu vidéo Jedi : Fallen Order, dont elle constitue en quelque sorte un outil promotionnel, cette BD donc s’avère traiter, et assez finement au fond, de thématiques graves et complexes qui peuvent entrer en résonance avec des questionnements tout à fait contemporains, et tout à fait épineux.

 

Avec Dylanto Daa, sa corporation, sa milice, et le sénat d’Ontotho en arrière-plan, voire (et probablement) le Conseil Jedi sinon la République Galactique encore derrière, on interroge le colonialisme ou le néo-colonialisme, et aussi bien l’appât du gain qui peut pervertir les intentions affichées les plus nobles, via le risque non négligeable que l’archéologie, légitime curiosité pour le passé et pour l’Autre, se mue en pillage brutalement intrusif, au mépris des intérêts comme des convictions, politiques, philosophiques, religieuses, etc., des autochtones qui ne sont au fond jamais véritablement consultés. La loi du plus fort règne, même en termes intellectuels et culturels, et la frontière entre hard power et soft power est plus que jamais poreuse – on n’attend guère avant de sortir les gros flingues.

 

En sens inverse, les Fylari, tout spécialement via leur dirigeante Neralli, font preuve d’un fanatisme obtus, leur raisonnement dans toute cette affaire a quelque chose de circulaire et donc d’absurde, et leurs combats, leurs méthodes, illustrent sans cesse l’adage machiavélien voulant que la fin justifie les moyens – qu’importe si la fin est floue. Ils illustrent un conservatisme maniaque, celui qui consiste à dire « NON » à tout, par principe, parce que leur attachement aux « traditions », comme c’est toujours le cas, ne leur laisse pas d’autre option, ce dont ils s’accommodent avec une servilité qui peut faire frémir ; aussi, en prétendant conserver, ils s'avèrent avant tout portés... à détruire. Y compris ce qu'ils sont supposés chérir par-dessus tout.

 

Ça n’est donc pas si simple. Rien n’est jamais si simple. Et la BD se montre plutôt habile dans son traitement de tout cela. Elle constitue d’autant plus une bonne surprise, indépendamment même du jeu vidéo – elle a sa singularité, et, en tant que telle, elle se suffit à elle-même.

 

Matthew Rosenberg a écrit une histoire et des personnages plus complexes qu’il n’y paraît, donc, mais sans que ce soit jamais au détriment de l’action (c’est du Star Wars, hein, on veut des sabres laser et des pew-pew), tandis que Paolo Villanelli se montre très efficace de son côté également, avec un style dynamique qui fonctionne très bien – et si la colorisation est comme souvent dans ces comics passablement flashouille, elle s’avère ici très appropriée et satisfait amplement les yeux du lecteur.

 

 

Et côté X-Wing, que peut-on dire de cette BD ? Pas grand-chose – ne serait-ce que parce que l’essentiel de l’action se situe sur Ontotho, et que les vaisseaux spatiaux n’y ont donc guère leur place.

 

À vrai dire, la seule exception vaguement notable se trouve dans la première page de la BD, reproduite plus haut – et c’est l’arrivée de la Seconde Sœur sur Ontotho. Elle a beau être une inquisitrice, elle ne pilote ici pas un TIE Advanced v1, mais bien un Intercepteur TIE/in. Une petite bizarrerie qui ne prête guère à conséquence, je suppose – je ne m’attends pas à ce que la Seconde Sœur soit un jour intégrée au jeu en tant que pilote de TIE/in, si je serais très favorable à l’arrivée de nouveaux pilotes sur ce châssis, comme je l’avais indiqué lors de ma précédente chronique d’une BD Star Wars, en l’espèce TIE Fighter. Et je ne m’attends pas à ce qu’elle déboule en tant que pilote de TIE Advanced v1, surtout après l’arrivée du Cinquième Frère dans Pilotes hors pair. Un équipage ? Une artilleuse ? Les sorties v2 pour les factions originelles étant ce qu'elles sont, je n’y crois pas vraiment non plus.

 

 

Sinon, eh bien, nous voyons des Jedi, bien sûr. Le seul personnage que nous connaissons en tant que pilote que nous voyions ici est Mace Windu. Contrairement à ce qui concerne le TIE/in, l’Aethersprite Delta-7 est quant à lui déjà très fourni en pilotes, et je ne m’attends pas à ce que Cere Junda, ou Ono Cordova (ou même Cal Kestis), intègrent le jeu sous cette forme – là encore, équipages ou artilleurs ne sont pas totalement impossibles, mais ne me paraissent pas si probables.

 

C’est tout de même l’occasion de noter qu’il y a au moins un Jedi majeur qui ne figure pas dans le jeu sous quelque forme que ce soit, et n’y a jamais figuré en v1 non plus, et c’est bien sûr Yoda. Une absence qui m’a toujours paru un peu étrange…

 

Mais on s’éloigne clairement ici de la BD. Et qu’importe si elle ne contient guère de matériau intéressant pour X-Wing : dans son registre, elle me fait clairement l’effet d’une réussite – et, parmi les mini-séries Star Wars publiées ces derniers mois, elle représente clairement le très haut du panier.

 

Et elle me donne aussi vaguement l’envie de jeter un œil à Jedi : Fallen Order… même si je ne suis plus très jeux vidéo depuis pas mal de temps déjà et doute que ça tourne bien sur ma machine. Bon, on verra, peut-être…

 

 

Voir les commentaires

TIE Fighter, de Jody Houser et Rogê Antônio

Publié le par Nébal

 

HOUSER (Jody) et ANTÔNIO (Rogê), TIE Fighter, [Star Wars : TIE Fighter #1-5], Nice, Panini, coll. 100 % Star Wars, [2019] 2020, [n.p.]

 

Je me suis dit que je pouvais, de temps en temps, chroniquer une BD Star Wars en essayant d'établir des passerelles avec X-Wing si possible. Alors essayons, avec aujourd'hui TIE Fighter de Jody Houser et Rogê Antônio...

 

ATTENTION : il va y avoir des SPOILERS dans cette chronique, vous êtes avertis !

 

Le TPB TIE Fighter compile les cinq épisodes d’une mini-série écrite par la scénariste Jody Houser (dont le travail sur Star Wars jusqu’alors, notamment avec Thrawn et les histoires courtes de L’Ère de la République, ne m’a jamais véritablement emballé), et illustrée, dans un style relativement old school, par le dessinateur brésilien Rogê Antônio. Mais en relevant une chose : chacun des cinq épisodes se conclut en fait sur un flashback confié à un autre illustrateur – semble-t-il, dans l’ordre, Mike Dowling, Joshua Cassara, Geraldo Borges, Ig Guara et Juan Gedeon (et, globalement, je trouve ces séquences mieux dessinées, personnellement…). Notons aussi que les couvertures de Tommy Lee Edwards sont assez classes, généralement bien plus que celle qui a été retenue pour le TPB (comme souvent chez Panini ?), qui est due quant à elle à Giuseppe Camuncoli et Elia Bonetti.

 

 

C’est aussi, fait à noter et peut-être à creuser, le pendant d’une autre publication de la licence Star Wars, mais en l’espèce un roman : L’Escadron Alphabet, d’Alexander Freed – que je n’ai pas lu. Le roman et la BD ensemble décrivent une palanquée de nouveaux personnages, pour certains communs, mais ce qui les différencie, au-delà du médium, est le point de vue : si le roman se focalise sur des personnages issus de l’Alliance Rebelle, TIE Fighter met en scène leurs adversaires impériaux, l’Escadron de l’Ombre, ou le cinquième escadron de la 204e escadre (oui…).

 

 

Pour le reste, les passerelles ne manquent pas avec l’univers Star Wars canon, et cette BD multiplie les allusions aux événements de la première trilogie (au risque de la multiplication des anachronismes, ai-je l’impression, avec une temporalité très condensée : la BD s’achève clairement à la fin du Retour du Jedi, et pas de la manière la plus fine qui soit, et bien des éléments semblent logiquement en rapport avec l’épisode VI, qui semble bel et bien constituer le contexte principal de la série ; mais d’autres me paraîtraient plus cohérents avec les épisodes IV et V – le premier chapitre faisant plusieurs fois référence à la destruction de la première Étoile de la Mort, par exemple).

 

Mais les personnages sont pour l’essentiel des inconnus, si nous avons pu croiser un de ces pilotes impériaux, Lyttan Dree, dans la mini-série Han Solo : Cadet impérial, que j’avais trouvée relativement sympathique (et le personnage, du coup, contribue et pas qu’un peu au flou chronologique que je ressens, car les événements rapportés dans Han Solo : Cadet impérial sont supposés être bien, bien antérieurs au Retour du Jedi…).

 

 

En adoptant le point de vue d’impériaux lambda, la BD ne se montre pas forcément d’une originalité bouleversante, mais n’en livre pas moins un tableau assez juste : les personnages de TIE Fighter ne sont pas traités comme des « méchants », mais, à leur manière, comme des « héros », et ils suscitent plutôt la sympathie. Cela n’implique pas de gommer les crimes de l’Empire Galactique, ou de faire du révisionnisme à l’échelle de Star Wars, mais simplement de prendre conscience de ce que les grouillots dans les cockpits des TIE ne sont pas moins humains que leurs héroïques adversaires rebelles.

 

 

Un procédé graphique insiste sur ce point, je suppose, qui fait apparaître en transparence les visages des pilotes sous leurs casques. L'objectif prioritaire est sans doute de favoriser la lisibilité de la BD, mais je ne crois pas que ce soit le seul.

 

 

Ces pilotes impériaux ne sont même pas des fanatiques – au plus des témoignages éloquents des réussites de la désinformation impériale. Ici, on relèvera d’ailleurs que la naïveté d’un des protagonistes, Ganem Kahi, qui critique certes les rebelles mais admet candidement et ouvertement ne pas rejeter en bloc tout ce qu’ils sont et tout ce qu’ils incarnent, n’est tout de même pas hyper crédible, quand le BSI rôde toujours au service d’une institution impériale totalitaire…

 

 

De manière plus crédible et plus juste, ces personnages ne s’identifient pas forcément d’eux-mêmes comme des séides de ladite institution, ou disons que c’est à titre un peu secondaire :  dans leur vision des choses, et leurs paroles souvent, l’Empire n’est jamais que la continuation de la République, et Palpatine doit assurément être loué pour avoir sauvé la galaxie des complots d’une secte de magiciens… Ils entendent, comme lui, préserver la paix. Or les rebelles sont dans cette optique nécessairement des criminels sanguinaires, des terroristes, à leurs yeux – mais au fond pas si différents des séparatistes d’antan.

 

 

« Grand-Mère », la commandante derrière l’Escadron de l’Ombre, en a même fait un tic de langage, et qualifie systématiquement les rebelles de « séparatistes ». Cela fait sourire ses subalternes, elle le sait, mais elle n’en démord pas.

 

 

Ces personnages, enfin, ne sont pas non plus des brutes immorales – ils ne sont pas spécialement violents, et éprouvent des sentiments louables, de l’amour à l’altruisme ; et la loyauté est de mise, bien sûr, mais du même ordre que dans le camp d’en face, il ne s’agit pas seulement d’obéir sans y réfléchir à deux fois aux ordres les plus barbares. Oui, ils sont humains, et non caricaturaux. Rien à voir, pour le coup, avec, mettons, la Commandante Malarus dans la série Poe Dameron, qui m’avait vraiment soûlé… C’est appréciable.

 

 

Ils ne sont certes pas sans défauts : Jeela Brebtin est un glaçon, comme il se doit, et les grouillots venus en renforts directement de l’Académie, Rac Syrmo et Bansu Ro, sont incroyablement puérils. Mais ces défauts ne sont pas de nature à en faire des « méchants » pour autant – au contraire, ils appuient leur humanité.

 

 

À vrai dire, le défaut devient parfois une vertu, ici : le lieutenant-commandant Teso Broosh, à la tête de l’Escadron de l’Ombre, est porté au doute, en ses propres capacités surtout, et son sens des responsabilités à l’égard de ses pilotes est si poussé qu’il en devient perpétuellement douloureux – mais, au fond, c’est précisément ce qui en fait un bon officier : il ne considérera jamais ses pilotes comme de la chair à canon aisément remplaçable.

 

 

Et sous cet angle, même avec des failles certaines, mais heureusement pas autant de pathos qu’on pouvait le craindre (notamment lors de flashbacks ou autres scènes intimes relativement bien gérées… par d’autres dessinateurs, donc, assez souvent), le travail de Jody Houser et Rogê Antônio est plutôt correct – le dessin de ce dernier est à vrai dire bien plus convaincant quand il s’agit de camper des personnages et leurs émotions que quand c’est de batailles épiques et de vaisseaux spatiaux qu’il s’agit… ce qui pourra frustrer certains lecteurs, clairement.

 

 

Bon, ça n’a pas aussi bien marché sur moi que le volume « Icônes » chez Delcourt consacré aux Stormtroopers, dans le même ordre d’idées, qui avait été globalement une très bonne surprise – surtout dans la mesure où, pour ce que j’en ai lu, les comics Star Wars de Dark Horse étaient trop souvent au mieux médiocres… Mais cela reste un travail raisonnable.

 

 

Et, du coup, c’est ce point de vue qui est capital ici. L’intrigue en elle-même, si seulement il y en a une, est au mieux décousue, semée de trous, chronologiquement douteuse parfois, et portée aux faux départs et/ou aux conclusions expéditives.

 

 

Ça commence d’ailleurs assez mal à cet égard, avec un cliffhanger à la fin du (flashback concluant le) premier épisode qui est tellement convenu dans un récit Star Wars qu’il en est presque risible (SPOILER : une des membres de l’Escadron de l’Ombre, Zin Graw, est en fait un agent rebelle, oh oh oh !).

 

 

Et la suite immédiate n’est guère plus convaincante, avec cette histoire totalement invraisemblable d’un officier impérial qui choisit, hop, là, comme ça, de jouer au baron du crime, sans craindre un seul instant la riposte d’un Empire au meilleur de sa forme.

 

Quant à la conclusion de la série, qui fait directement référence au Retour du Jedi… On n’y croit pas vraiment, formellement en tout cas. Tout cela est passablement maladroit.

 

 

Mais, ici, il y a une bizarrerie : s’agissait-il véritablement de faux départs ? Jody Houser a-t-elle changé d’optique en cours de route, ou était-ce conçu bien à l’avance ? Vers le milieu, la BD surprend pas mal en éliminant avec une froideur étonnante deux des personnages centraux (SPOILER), et en fait ceux que nous étions vraiment portés à imaginer survivre… puisqu’il s’agit précisément de « l’espionne », d’une part… et d’autre part de Lyttan Dree, le seul de ces pilotes que nous avions pu croiser dans une autre BD. Pour le coup, ce très brusque retournement de situation ne m’a pas laissé indifférent – moi qui lisais jusqu’alors la BD d’un œil un peu morne, ça m’a fait l’effet d’une douche froide, mais ça a du coup aussi ravivé mon attention.

 

 

Pourtant, les derniers épisodes ne sont objectivement pas meilleurs que les premiers… Et on se retrouve à nouveau dans ce même train-train un peu las, pas désagréable mais guère enthousiasmant non plus.

 

Pour un résultat global en demi-teinte. L’intention était honnête et bienvenue, l’exécution correcte mais guère enthousiasmante. OK, ça se lit – mais ça ne renverse pas.

 

 

Du point de vue du jeu X-Wing, on relèvera que, même s’ils ne constituent pas son point fort à mes yeux, cette BD abonde en combats spatiaux figurant nombre de vaisseaux iconiques, aussi bien du côté des rebelles que des impériaux. Si les classiques X-Wing T-65 et Chasseurs TIE/ln sont de la partie, on y trouve aussi des A-Wing RZ-1 et des B-Wing A/SF-01 d’un côté, ou des Bombardiers TIE/sa et des Navettes T-4A de classe Lambda de l’autre. Mais tout cela est largement anonyme.

 

 

Ce qui compte le plus est ailleurs : le sobre titre de la série, TIE Fighter, amène probablement à penser au premier chef au bon vieux Chasseur TIE/ln de l’Empire Galactique (sinon à quelque jeu vidéo mythique) – soit le châssis par excellence des grouillots anonymes. Pourtant, ça n’est pas le cas ici – et sans aller nécessairement jusqu’à faire de l’Escadron de l’Ombre une unité d’élite (la BD témoigne plus qu’à son tour d’une certaine disparité quant aux talents et aux expériences des pilotes qui le composent, tout spécialement quand des vétérans sont remplacés par des cadets fraîchement promus), ils sont tout de même quelques crans au-dessus des Pilotes de l’Académie. Ils pilotent donc généralement le chasseur impérial Sienar apparu pour la première fois dans Le Retour du Jedi (même s’il est rétroactivement apparu dans des récits prenant place plus tôt par la suite) : l’Intercepteur TIE/in. Si j’en crois Wookieepedia, Palpatine à ce stade voulait remplacer tous les TIE/ln par des TIE/in, mais, au moment de la bataille d’Endor, les TIE/in ne représentaient que 20 % des chasseurs impériaux – l’Escadron de l’Ombre s’intègre parfaitement dans ce récit.

 

Et si j’osais (naïvement, peut-être) espérer un impact de cette mini-série sur le jeu de figurines, ce serait clairement l’arrivée de nouveaux pilotes sur ce châssis étrangement mal loti en v2, avec seulement deux pilotes génériques et deux nommés (dont la star Soontir Fel, soit le pilote de TIE/in qui est joué). Il mériterait mieux que ça – ou disons du moins qu’il mériterait davantage d’options, de diversité. En fait, et cette BD en témoigne, le lore le plus canon justifierait amplement que les joueurs disposent de bien davantage de choix pour ce vaisseau.

 

Alors j’apprécierais de voir arriver des pilotes comme Teso Broosh, Lyttan Dree ou Jeela Brebtin…

 

On peut rêver…

 

 

Voir les commentaires

Autour de Rogue One

Publié le par Nébal

 

Rogue One, de Gareth Edwards, sorti fin 2016, a inauguré une nouvelle approche des films Star Wars, qui pour tout dire me séduit bien, bien davantage que la nouvelle trilogie : il s’agissait de livrer des one-shots hors-numérotation, inscrits dans l’univers de la licence, mais se suffisant à eux-mêmes. Ces films « A Star Wars Story » ont peut-être été moins « événementiels » que ceux tournant autour de Kylo, Rey et compagnie, mais ils m’ont aussi incomparablement plus emballé – aussi bien, dans des registres on ne peut plus différents, Rogue One que Solo. Ce dernier, hélas, semble avoir connu un relatif échec commercial – au sens où, du moins, il a rapporté beaucoup moins que prévu (et clairement pas assez pour un film Star Wars). J’espère que ça ne pèsera pas trop sur l’avenir des films « A Star Wars Story », mais à vrai dire je n’en sais absolument rien.

 

Mais nous ne sommes pas ici pour parler de Solo – que j’avais rapidement évoqué dans un précédent article « univers », Autour de Lando. Non, cette fois, je veux m’attarder sur Rogue One – un film qui a éclairé un certain nombre de choses dans le lore de Star Wars, tout en créant en fin de compte sa propre mythologie. Le film, préquelle immédiate à Un nouvel espoir, présente toute une foule de personnages, dont certains ont par la suite connu d’autres aventures dans l’univers étendu, et je vais essayer d’en témoigner.

 

Le but de cet article, encore une fois, est avant tout d’établir des passerelles avec le jeu X-Wing, autant que possible – il ne s’agit pas d’une chronique synthétique, même si je vais bien devoir donner mon avis ici ou là.

 

En l'espèce, je vais me baser ici sur trois sources précisément (ça n’est absolument pas exhaustif, et pas seulement parce que je ne reviens pas ici sur l'univers désormais qualifié de « Légendes », non canonique), qui sont le film Rogue One, le roman de James Luceno Catalyseur, qui est une sorte de préquelle à Rogue One, et enfin l’arc de la BD Star Wars intitulé Les Cendres de Jedha, qui correspond au septième TPB de la série, scénarisé par Kieron Gillen et illustré par Salvador Larroca, cet arc constituant au contraire une sorte d'épilogue à Rogue One, en ramenant des lieux et des personnages du film tels qu’ils ont évolué après l'épisode IV. Je compléterai bien sûr le cas échéant avec les données de l’indispensable Wookieepedia.

 

 

Quand Rogue One est sorti, le jeu X-Wing, alors dans sa v1, n’a pas manqué de profiter de l’occasion pour introduire de nouveaux vaisseaux dans la gamme. Il y a même eu à cet égard une relative bizarrerie, s'il faut en croire les dates que j'ai trouvées ici ou là (prudence au cas où) : les deux (initialement) nouveaux vaisseaux associés au film auraient été semble-t-il présentés avant (?!) que celui-ci ne sorte, dès septembre 2016, dans le cadre de la vague 10 (qui comprenait aussi des vaisseaux liés au Réveil de la Force ainsi qu’à la série Star Wars Rebels). Cependant, ces extensions ne sont bel et bien sorties qu’après le film, mais moins de deux mois plus tard en fait, début février 2017.

 

 

Du côté des Rebelles, le nouveau vaisseau, qui apparaissait très souvent à l’écran, était le U-Wing, présenté essentiellement comme un transport de troupes, et qui était alors, en v1, un gros socle – il est devenu un socle moyen avec la v2, qui lui a sans doute profité (le vaisseau était assez boudé en v1 – il n’est pas exactement une star en v2, mais il a été régulièrement joué, notamment dans le format Hyperespace, à tout hasard avec Leia Organa à bord).

 

 

La figurine se distinguait de toutes les extensions précédentes (à l’exception de la Navette de classe Lambda impériale) en bénéficiant de parties mobiles – ses ailerons très étroits qui pouvaient être accolés au châssis ou largement dépliés.

 

Chose appréciable : contrairement à la plupart des figurines dotées de parties mobiles (à l’exception, mais depuis seulement, des X-Wing T-65 et T-70), la disposition desdites parties n’est pas purement esthétique, mais elle renvoie à des effets de jeu – c’était déjà le cas en v1, mais, en v2, cela correspond à la nouvelle catégorie d’améliorations dite « configurations » : en l’espèce, il s’agit de la carte Aile pivot (ce singulier m’échappe un peu).

 

 

Mais les Impériaux également avaient droit à un nouveau vaisseau : un chasseur, cette fois, du nom de TIE Striker – dans Rogue One, on ne le voit véritablement, mais assez fréquemment, que lors de la bataille de Scarif.

 

Ce vaisseau également disposait de parties mobiles, ses ailerons là encore, mais, si ces derniers avaient de manière abstraite des effets de jeu (via un titre alors, là où la v2 a pu profiter de la nouvelle mécanique des capacités génériques), ceux-ci n’avaient toutefois pas vraiment de lien avec leur disposition matérielle.

 

 

L’extension U-Wing n’est pour l’heure pas ressortie en v2, si elle demeure jouable via le kit de conversion de l’Alliance Rebelle (entre autres, comme on le verra très vite).

 

Le TIE/sk Striker, en revanche, est ressorti en v2, lors de la vague 3. Enfin… En France, nope, merci Asmodée une fois de plus… Mais certes, pour ce vaisseau, ça n’est pas bien grave, on peut se contenter de l’extension v1 et du kit de conversion de l’Empire Galactique, puisqu’il permet d’en jouer trois exemplaires sans souci. Les débutants pourront ne pas apprécier, et je les soutiens, mais ça n’est clairement pas un problème au même titre disons que pour le A-Wing RZ-2 de la Résistance ou le Chasseur ARC-170 de la République...

 

 

Les vagues suivantes se sont pour un temps éloignées de Rogue One, mais la toute dernière de la v1, la quatorzième, y est revenue une ultime fois – et de façon passablement étrange, avec deux extensions très fournies.

 

Celle de l’Alliance Rebelle n’introduisait pas de nouveaux vaisseaux à proprement parler, contrairement à celle de l'Empire Galactique ; en revanche, les deux extensions constituaient une sorte de teaser de la v2, en comprenant déjà du matériel v2 (dont des socles moyens alors inédits), avec plus de six mois d’avance ! Ce qui, au passage, fait que ces extensions sont parfaitement jouables en v2 : la vague 14 de la v1 est en même temps la « vague 0 » de la v2.

 

Côté Rebelles, l’extension en question était Les Renégats de Saw, et elle comprenait deux figurines : un U-Wing, mais aussi un X-Wing T-65. Pas de nouveaux vaisseaux, mais bel et bien de nouvelles figurines, avec une peinture noire et blanche caractéristique – en outre, ce X-Wing était le premier de la gamme à avoir des parties mobiles, ses ailerons là encore, et là encore liés à des effets de jeu via la configuration Servomoteur S-Foils.

 

Et il fallait y ajouter tout un tas d’améliorations – dont certaines, en cette fin de vie de la v1, témoignaient de ce que le jeu peinait un peu à ce stade, en improvisant des bricolages divers et variés pour booster un peu ces deux vaisseaux dans une vaine tentative de rééquilibrage…

 

 

Les Impériaux, en revanche, avaient donc droit à un nouveau vaisseau, avec l’extension TIE Reaper – que j’ai chroniquée il y a quelque temps de cela, je vous renvoie à mon article.

 

Là encore, le contenu de cette extension est donc jouable en v2 – mais il faut noter que, si les joueurs rebelles disposent de plusieurs moyens pour acquérir des U-Wing sans même parler bien sûr des X-Wing (figurines mais aussi pilotes), la boîte de base et le kit de conversion étant complémentaires des Renégats de Saw, le TIE Reaper n’est disponible quant à lui que dans cette seule extension, du coup – avec pour conséquence indirecte que le TIE Reaper en lui-même aussi bien que les améliorations contenues dans l’extension ne figurent absolument pas dans le kit de conversion pour l’Empire Galactique.

 

 

Le TIE Reaper n’est qu’à peine entrevu dans Rogue One (j’y reviendrai), mais il constituait alors un apport vraiment très intéressant à la faction impériale (qui peinait un peu en fin de v1, à vue de nez).

 

Comme son cousin plus petit le TIE Striker, le TIE Reaper est essentiellement un vaisseau atmosphérique, et il dispose lui aussi d’ailerons avancés – cependant, cette fois, la figurine en elle-même ne bénéficie pas de parties mobiles ; il faut dire que la forme particulière, très plate, de ce long vaisseau, n’autorisait probablement pas trente-six mille expérimentations en la matière.

 

Cette présentation purement x-winguesque étant achevée, nous pouvons passer à l’univers étendu en rapport.

 

Je suppose qu’il vaut mieux suivre la chronologie interne de la saga, aussi vais-je commencer par évoquer le roman Catalyseur, de James Luceno, qui constitue une préquelle au film de Gareth Edwards, et dont l’action se déroule sur plusieurs années, débutant pendant la guerre des Clones et s’achevant peu de temps avant la séquence introductive de Rogue One. Il est de toute façon semble-t-il sorti juste un peu avant le film ?

 

Bon, on ne va pas se mentir, hein : Catalyseur, ou plus exactement Catalyseur – A Rogue One Novel, en bon franglais, est un roman passablement médiocre, mais il est tout de même relativement lisible, et sans doute bien « meilleur » que l'autre roman Star Wars de Luceno que j'avais lu il y a quelques mois de cela, Tarkin, qui était vraiment pourrave (à noter cependant, il se situait grosso merdo au même moment de la timeline). Certains traits demeurent cela dit d’un roman à l’autre : c'est mal écrit, c'est mal traduit, il y a des twists complètement cons... Je vends du rêve, là, hein ?

 

Mais ça n'est pas si pire, je suppose. Au point de vue du lore, c'est à vrai dire plutôt intéressant, et parfois même très intéressant, de voir comment, en matière de technologie, l'Empire gère l'héritage de la guerre des Clones.

 

Pis, bon, on va pas en faire un roman philosophique ultra profond, hein, mais envisager la question de la responsabilité des scientifiques dans le développement d'armes de destruction massive demeure un sujet pertinent – or c’est bien là tout le propos. Hélas, il est un peu desservi par des personnages forcément caricaturaux…

 

 

Dont, en tête, Galen Erso, qui est pourrait-on supposer le héros de cette histoire ? C’est à débattre, parce que le bougre vit dans son monde – ou plus exactement aimerait bien qu’on le lui permette. C’est un scientifique de génie, mais un théoricien avant tout ; il aimerait sans doute vivre dans un monde de pures hypothèses, mais doit par la force des choses composer avec les besoins matériels de ses employeurs.

 

Or on se dispute son gros cerveau – à tel point qu’il est fait prisonnier par les Séparatistes lors de la guerre des Clones. Il en sera libéré par Orson Krennic, via Has Obitt, j’y reviendrai, mais le problème demeure en fait le même : au nom du civisme, on réclame de Galen Erso qu’il consacre ses recherches à l’effort de guerre de la République, puis de l’Empire.

 

Mais il s’y refuse toujours – et Krennic doit dès lors manigancer pour le faire travailler à son service, sans qu’il ait le moins du monde conscience que ses travaux sur les cristaux Kyber (qui étaient au départ l’apanage des seuls Jedi, lesquels s’en servaient pour leurs sabres laser – l’Ordre 66 a pour ainsi dire changé la donne…), que ses travaux donc contribuent en fait au développement de la « super arme » tueuse de planètes que la galaxie en viendra enfin à connaître sous le nom d’Étoile de la Mort…

 

Galen Erso est donc le véhicule d’un thème très intéressant du roman, mais, en tant que personnage, ce gros nerd plus ou moins aveugle au monde qui l’entoure convainc plus ou moins, tant il relève de l’archétype.

 

Il y a aussi un autre souci, que l’on retrouvera plus loin avec Krennic, et qui était déjà sensible dans le roman Tarkin : c’est dans l’ordre des choses, j’imagine, mais Luceno peine vraiment quand il met en scène des personnages censément très intelligents, et donc beaucoup plus que lui-même ou que ses lecteurs (votre serviteur inclus comme de juste) – il est visiblement désireux de témoigner de leur intelligence supérieure, mais, pour atteindre cet objectif, il a une très fâcheuse tendance à recourir à des expédients qui ne trompent personne, et qui, pris avec même pas deux secondes de recul, sonnent en fait plutôt couillons, et certainement pas aussi intelligents que l’auteur tente de le prétendre… C’est ennuyeux, tout de même.

 

Galen Erso apparaît bien sûr dans Rogue One, où il est incarné par Mads Mikkelsen, mais on le voit somme toute assez peu, lors de deux scènes seulement (trois si l’on compte son hologramme).

 

Il ne figure en revanche pas dans le jeu X-Wing – ce qui tient sans doute à son refus de s’engager dans une faction, même si Krennic le contraint à travailler pour l’Empire Galactique. Par ailleurs, l’Alliance Rebelle n’existe pas encore, ou pas véritablement, quand le roman s’achève, et le film témoigne de ce que, une quinzaine d’années plus tard, Mon Mothma et les siens envisagent Galen Erso comme un « collaborateur » à éliminer – une image que la propre fille de Galen, Jyn Erso, fera tout pour invalider, jusqu’au sacrifice ultime : c’est le cœur de Rogue One.

 

 

Je ne sais donc pas si Galen est le héros du roman. Je tends à croire, par contre, que son épouse, Lyra, aurait l’être, d’une certaine manière.

 

Or son traitement est très décevant : l'auteur semble vouloir nous la montrer badass et indépendante, active, forte tête, plus lucide que son époux par ailleurs, et elle-même une scientifique de premier plan, mais, et c’est peut-être au fond une variation sur le problème évoqué plus haut de la figuration de personnages intelligents, il y a un contraste marqué et assez désolant entre ce que l’auteur prétend à son propos et ce qu’elle est effectivement dans son roman.

 

En effet, dès qu'elle a son geek d'époux dans les pattes, Lyra redevient simplement « la femme de », et se retrouve vite cantonnée à l'assistanat matrimonial du Génie, qui met ses notes au propre, élève leur fille, et, je suppose, s'occupe de diverses tâches ménagères dégradantes tandis qu'il plane dans les plus hautes sphères de la science de pointe – bon, j’exagère un peu, Luceno ne va pas jusque-là (encore que…), mais on a quand même l'impression qu'il lui en a coûté !

 

Lyra Erso apparaît brièvement au tout début de Rogue One – elle y est incarnée par Valene Kane.

 

Et puis pew pew

 

Elle n’apparaît pas dans X-Wing.

 

 

OK, on a vu le héros censément probable qui n’en est probablement pas un, celle qui aurait dû être l’héroïne mais ne l’est franchement pas, alors troisième tentative, avec le méchant de service : Orson Krennic (incarné à l’écran par Ben Mendelsohn).

 

Mais c’est peut-être bien lui, le héros, au fond ? En tout cas, en tant que personnage, parmi ceux qui sont au premier plan dans Catalyseur, Krennic est probablement celui qui s'en sort le mieux – même si son ambition et son cynisme, mis au premier plan comme de juste, le cantonnent forcément à l'archétype.

 

Reste qu’il n’est pas bête (si Luceno peine donc à dépeindre son intelligence), et c’est un scientifique compétent si bien en dessous du niveau de son vieil ami Galen, mais surtout un habile politicien (au sens le plus « petit p ») et, quoi qu’en dise Tarkin, son rival, un administrateur plus que compétent, ou disons un « responsable des ressources humaines » madré et efficace.

 

Je vous accorde qu’il n’y a rien de pire qu’un DRH, aussi Krennic répugne-t-il plus qu’à son tour… Mais je ne crois pas qu’il soit unilatéralement « méchant » ? Bon, si, probablement. Mais du moins a-t-il ses ambiguïtés, et démêler, chez lui, ce qui relève de l’égoïsme et ce qui relève de la conviction, n’est peut-être pas aussi facile qu’il n’y paraît, si la condamnation persiste dans les deux cas.

 

 

Et, cette fois, nous avons bel et bien un personnage qui a intégré X-Wing, sous la forme d’un équipage impérial appelé Directeur Krennic (dans le roman, on le voit obsédé par son grade, lieutenant commandant, etc., mais je ne crois pas que le titre de « directeur » lui soit attribué dans la même optique).

 

Je ne vais pas revenir sur les détails concernant cette amélioration, qui était totalement fumée en v1 et se montre plus raisonnable en v2 (mais toujours intéressante en ce qui me concerne), j’y avais consacré pas mal de place dans ma chronique de l’extension TIE Reaper, qui est la seule où elle apparaît, et je vous y renvoie donc.

 

 

De même d’ailleurs, forcément, pour ce qui est de la carte d’état Prototype optimisé, qui est associée au Directeur Krennic.

 

 

Voilà pour les trois personnages principaux de Catalyseur, ceux que l'on a vu dans le film et autour desquels l’essentiel de l’intrigue du roman se constitue.

 

Mais il faut probablement y ajouter un quatrième, créé pour le roman cette fois, et qui n’apparaît véritablement que dans celui-ci, si on y fait allusion ailleurs (et notamment dans Rogue One) : il s’agit de Has Obitt, un contrebandier dresselien qui joue de malchance – employé initialement par Krennic pour des opérations très douteuses, Has se retrouve en fin de compte en plein milieu des manigances opposant celui-ci et Tarkin.

 

En même temps, il pèse bien l’impact de ses missions (notamment la destruction aveugle des « planètes patrimoines »), ce qui attise progressivement sa défiance voire sa haine à l’encontre de l’Empire Galactique.

 

Lors d’une opération cruciale dans le Secteur Corporatif, Has Obitt contribue à semer les germes de la rébellion – c’est en raison de cette affaire que Tarkin met la main sur lui et cherche à l’employer contre Krennic ; seulement, le contrebandier a ses propres objectifs.

 

Et des amis de valeur – dont les Erso, puisque, à l’instigation de Krennic, c’est lui qui les a sauvés de leur prison séparatiste durant la guerre des Clones ; mais aussi d’autres contrebandiers, dont un plus flamboyant que les autres : un certain Saw Gerrera… En fait, Has Obitt est le personnage qui fait le lien entre les Erso et Saw – c’est un rôle déterminant, qui explique le début de Rogue One, si l’univers étendu n’a guère brodé dessus après Catalyseur.

 

C’est un personnage plutôt réussi, même s’il pâtit de quelques twists crétins çà et là, une marque de fabrique chez Luceno pour ce que j'en sais.

 

Has Obitt n’apparaît pas dans X-Wing.

 

 

Saw Gerrera a été mentionné, alors quelques mots à son propos, car il joue un rôle non négligeable dans Catalyseur aussi bien que dans Rogue One (où il est incarné par l’immense Forest Whitaker, qu’on a cependant connu plus, *aheum*, inspiré, même s’il a certes un paquet de drouilles à son actif), et son influence pèse dans Les Cendres de Jedha.

 

Saw Gerrera est encore relativement jeune et en tout cas en relativement bonne santé quand il apparaît dans Catalyseur. Il est alors essentiellement un contrebandier, et pas encore véritablement un partisan, même s’il a pris part à sa manière à la guerre des Clones. Mais il est présenté comme un homme particulièrement charismatique, et doté d’un certain bagout (là encore, sans surprise, il y a un contraste assez marqué entre ce que Luceno prétend à son propos, et ce qu’il met effectivement en scène…). C’est aussi un homme agressif, voire brutal, même si pas bête. Et il n’aime pas l’Empire – et ses ingérences, au fond les mêmes que celles qu’il avait combattues durant la guerre des Clones ; dès lors, il joue un rôle déterminant dans l’affaire du Système Salient, où, avec Has Obitt, il cherche à nuire autant que possible aux intérêts impériaux dans la région – ce qui les oppose directement à Tarkin.

 

Par ailleurs, il est amené à sauver les Erso en les évacuant de Coruscant, tâche que Has Obitt n’est pas en mesure d’accomplir et qu’il a donc confiée à son ami contrebandier. Il noue ainsi des liens avec la famille, dont bien sûr la petite Jyn – ce qui, là encore, explique le début de Rogue One : quand, dans le film, Saw vient chercher Jyn cachée des Impériaux, l’âge de la fillette laisse entendre qu’il s’est passé somme toute assez peu de temps entre la fuite de Coruscant, et la capture de Galen et le meurtre de Lyra par Krennic – et donc entre la fin de Catalyseur et le début de Rogue One. C’est un Saw Gerrera relativement « jeune » qui apparaît en contre-plongée via l’écoutille : il n’est alors pas aussi amoché qu’il le sera une quinzaine ou vingtaine d’années plus tard sur Jedha, au moment du corps du récit du film de Gareth Edwards.

 

 

Saw Gerrera, bien sûr, apparaît dans X-Wing, et sous deux formes : un pilote de U-Wing UT-60D, et un équipage – les deux cartes ne se trouvent que dans l’extension Les Renégats de Saw.

 

L’illustration de la carte d’équipage représentant visiblement le Saw Gerrera « jeune », commençons par celle-ci. Elle met en place une mécanique particulièrement brutale, et en même temps un peu suicidaire, qui est assez emblématique du personnage et de son rôle, mais surtout dans le film Rogue One, davantage que dans Catalyseur.

 

 

Cependant, si l’équipage Saw Gerrera s’inflige des dégâts à lui-même pour se montrer plus agressif (ce qui, j’imagine, peut renvoyer à la condition physique désastreuse du personnage vieilli dans Rogue One), le pilote Saw Gerrera pousse les autres à prendre des risques, quitte à se tourner en kamikazes. Une capacité pour le coup assez intéressante.

 

On aura l’occasion de voir par la suite que cette approche est ce qui distingue les « extrémistes » que sont les partisans de Saw et les Rebelles qui se veulent plus subtils et regardants – encore que ? Le propos du film, initialement, sur un mode très L’Armée des ombres d’ailleurs, démontre assurément que l’Alliance Rebelle, pour faire triompher ses objectifs, peut être amenée à commettre des saloperies… Dans Les Cendres de Jedha encore, les relations entre les deux groupes seront affectées par une suspicion marquée d’hypocrisie.

 

Mais on y reviendra plus tard.

 

 

D’autres personnages majeurs de l’univers étendu apparaissent dans Catalyseur, essentiellement (voire systématiquement) du côté de l’Empire Galactique, mais l’Empereur Palpatine comme Dark Vador sont à l’arrière-plan, on les mentionne parfois mais ils ne jouent pas de rôle majeur.

 

Mas Amedda est davantage présent, le supérieur que Krennic doit convaincre de ses compétences pour monter en grade – un bonhomme exigeant, arrogant et perfide.

 

Mas Amedda n’apparaît pas dans X-Wing, et ça ne sera probablement pas demain la veille qu’il y pointera le bout de ses cornes – pas dit de toute façon que ce politicien y aurait vraiment sa place ?

 

 

Des personnages majeurs de l’univers étendu, un seul joue vraiment un rôle important dans le roman de James Luceno, et c’est Tarkin – rappelons que, deux ans plus tôt, il lui avait consacré un autre roman Star Wars, sobrement titré… Tarkin. Mais, dans les deux romans, le même travers se constate : Tarkin devrait être beaucoup plus intelligent que ça.

 

Ici, à vrai dire, sa guéguerre d’influence avec Krennic (qui se prolongera dans Rogue One) est rapidement plus ennuyeuse qu’autre chose – heureusement, il y a Has Obitt entre les deux, qui sauve les meubles, disons.

 

Mais il faut ici évoquer un point concernant Rogue One, car je n’aurai pas vraiment l’occasion d’y revenir. Dans Un nouvel espoir, bien sûr, le Grand Moff Tarkin était incarné par le non moins grand Peter Cushing – mais celui-ci est mort en 1994… La décision de faire apparaître le personnage dans Rogue One (et qui se tient, car Catalyseur confirme assurément qu’il joue un rôle de premier plan dans cette affaire) a amené l’équipe du film à oser un truc un peu dingue en reconstituant l’acteur en numérique – une chose qui avait beaucoup fait parler à l’époque.

 

Le résultat est certes convaincant, et même assez bluffant, sans être parfait.

 

 

À titre personnel, je crois avoir été beaucoup plus impressionné par l’ultime plan du film, qui rajeunit Carrie Fisher pour lui rendre l’apparence qu’elle avait dans l’épisode IV, une quarantaine d’années plus tôt. L’actrice était encore vivante lors de la sortie du film, mais elle mourrait deux semaines à peine après la première… Ce qui rend cette conclusion, très puissante dans l’idée, d’autant plus troublante.

 

Là, pour le coup, le résultat me paraissait vraiment très impressionnant.

 

 

Le Grand Moff Tarkin apparaît dans X-Wing, sous la forme d’un équipage impérial. Je dois avouer ne jamais l’avoir joué – il y a sans doute un truc à faire avec, mais… Je ne sais pas. Je suppose que c’est typique de ces officiers impériaux dont on suppose qu’ils peuvent faire des trucs complètement pétés, mais sans que l’on sache au juste comment s’y prendre…

 

Voici pour Catalyseur – passons donc maintenant à la pièce centrale, le film Rogue One de Gareth Edwards.

 

(Notez, sur cette affiche, les nouveaux vaisseaux que sont le U-Wing et le TIE/sk Striker apparaissent d'ores et déjà, en bas à droite.)

 

Et ce premier film A Star Wars Story m’a bien plu – au premier visionnage comme au revisionnage. Même si on m’a objecté que le film avait eu une genèse un peu chaotique, j’ai pourtant l’impression que l’équipe, entendue au sens large, dans le cadre de ce qui est après tout une franchise, a pris le temps de se poser un peu et de se demander comment faire un film Star Wars qui s’inscrirait bien dans la licence, tout en lui conférant quelque chose de singulier qui le distinguerait de manière pertinente, et ce à tous les niveaux. Et je crois que ça a fonctionné : je n’ai pas vraiment accroché à la bande originale de Michael Giacchino, qui devait être différente de celles de John Williams, mais elle témoigne assurément dans ses principes de ce que j’avance ici (on m’a signalé cette vidéo, elle est intéressante et pertinente, je vous y renvoie) ; mais je crois que cela vaut autant pour le scénario, le cadrage, le montage et le rythme – tout spécialement, en fait, l’association de ces derniers éléments.

 

Bien sûr, le fait que l’on sache d’emblée comment tout cela finira biaise le ton, mais, je crois, de la meilleure des manières, car sans en faire trop dans la pompe et les violons patriotiques, si communs (et pénibles pour ne pas dire insupportables) dans les films de guerre américains – c’est très sensible à la toute fin du film, conçue pour émouvoir bien sûr, mais sans en faire vraiment des caisses ; en outre, elle nous épargne l’ultime baiser, ouf, tout en jouant avec les nerfs du spectateur à cet égard…

 

Or Rogue One est bien un film de guerre, mais en même temps il louche beaucoup sur une variation qui parlera peut-être plus particulièrement au public français (?), toujours chatouilleux sur la question dans ses aspects pourtant essentiellement mythiques, en mettant en scène une forme de Résistance. Mais pas idéalisée, justement ! J’ai avancé plus haut le titre de L’Armée des ombres, et, sans parler d’une influence directe, hein, je ne le fais qu'à titre d'exemple, j’ai l’impression qu’il y a vraiment de ça – dans l’inéluctabilité du massacre final sans doute, mais aussi, chose plus particulièrement audacieuse dans un film Star Wars, dans la mise en avant du fait que, pour faire triompher sa cause, l’Alliance Rebelle est capable de se salir les mains, les censément héros, les censément gentils, sont amenés à commettre de vraies saloperies pour « le plus grand bien », au niveau du commandement comme à celui de l’exécution. Et ça, pour le coup, c’était inattendu – très inattendu ; mais d’autant plus pertinent qu’il s’agissait d’associer les Rebelles aux « extrémistes » de Saw Gerrera : ici, l’aspect moyen-oriental de Jedha n'a sans doute rien d'innocent et ne manque pas de renvoyer le spectateur à des images très contemporaines, où la frontière entre la résistance et le terrorisme est plus ténue que jamais.

 

Rogue One n’est sans doute pas parfait, on doit objectivement relever des défauts çà et là (j’aurais envie de mettre en avant quelques répliques un peu trop lourdingues, surtout des punchlines bien plates et qui sonnent particulièrement faux dans ce contexte), mais, oui, je l’aime bien voire beaucoup, ce film.

 

En fait, c’est clairement pour moi le meilleur film Star Wars depuis… L’Empire contre-attaque ?

 

Comment ça c’est pas difficile ?!

 

 

Au début du film, Krennic se rend sur Lah’mu, une planète dotée d’anneaux où les Erso se sont réfugiés. Mais il ne s’y rend pas seul : il a avec lui une escouade de Death Troopers, des Stormtroopers d’élite que, suite au film, on a eu tendance à associer au Directeur Krennic, mais à tort, car ils ont aussi pu faire office de gardes du corps pour le Grand Moff Tarkin, notamment.

 

 

Ils sont censément redoutables, mais le film n’en témoigne pas forcément tant que ça… et, hélas, dans X-Wing, les Death Troopers (issus de l’extension TIE Reaper) sont une amélioration à mon sens peu ou prou injouable, surtout du fait qu’ils requièrent deux emplacements d’équipage.

 

Leur effet serait autrement amusant, mais, même en n’occupant qu’un seul emplacement d’amélioration, je doute qu’il serait très pertinent, du fait cette fois de sa portée très limitée. La conjonction des deux…

 

Non, les Death Troopers ne sont pas très intéressants dans X-Wing ; à vue de nez, si on veut les voir au top dans un jeu FFG, on se tournera plutôt vers Légion, où ils semblent se montrer véritablement redoutables !

 

 

Les retrouvailles entre Krennic, Galen et Lyra… se passent mal. Cette dernière est abattue par les Death Troopers, sur l’ordre de Krennic, qu’elle ne parvient qu’à blesser à l’épaule – et les Impériaux embarquent le scientifique. Mais les Erso avaient mis en place un protocole pour permettre à leur fille Jyn de se cacher et d’échapper aux Impériaux.

 

À vue de nez, à ce moment du film, elle doit avoir cinq ou six ans – il ne s’est donc pas passé beaucoup de temps depuis la fin de Catalyseur. Et, comme on l’a vu plus haut, c’est Saw Gerrera qui vient à son secours, et qui l’emmène sur Jedha, où il lui donnera une instruction très particulière…

 

 

Mais cette séquence n’était qu’un prologue – le reste du film se déroule à vue de nez une quinzaine d’années plus tard.

 

Du coup, quand nous retrouvons Jyn, elle est désormais une jeune femme (incarnée à l’écran par Felicity Jones), et tout indique qu’elle a vécu une vie tumultueuse.

 

Jyn Erso est la principale héroïne de Rogue One, même si le film tente visiblement de mettre en avant le groupe. La tragédie de sa vie, et le courage dont elle fait toujours preuve, lui confèrent tout de même la première place.

 

 

Jyn Erso figure bien sûr dans X-Wing – on la trouve dans le kit de conversion de l’Alliance Rebelle.

 

Elle procure une capacité très intéressante, et relativement souple d’usage du fait de sa longue portée, qui peut s’intégrer sans peine dans des combos très amusantes.

 

Je ne suis pas certain qu'elle résonne bien avec son rôle dans la saga (?), mais bon.

 

 

Jyn fait bientôt la rencontre de Cassian Andor (Diego Luna à l’écran, qui a une « gueule » très appropriée), quand celui-ci la libère, de manière intéressée, d’un convoi de prisonniers impérial.

 

Cassian est membre de l’Alliance Rebelle – mais il est aux antipodes de ce que sera bientôt un Luke Skywalker : agent de terrain, Cassian est un espion… et un assassin. Il sait que la Rébellion doit se salir les mains pour l'emporter, et il est tout disposé à en endosser la responsabilité : il ne vit que pour ça. Au début du film, nous le voyons abattre froidement un indic trop nerveux, et il se voit plus tard confier la mission d’assassiner Galen Erso – quitte à manipuler sa fille Jyn pour y parvenir : il l’avait alors déjà manipulée pour avoir accès à Saw Gerrera… Et tout ceci sous les ordres du général Draven, le chef du renseignement rebelle (sur lequel je reviendrai en temps voulu).

 

Cassian serait un triste salaud, alors ? Eh bien, pas totalement – mais parce que l’influence de Jyn, ainsi que de ses autres camarades, l’amènera à reprendre en considération son rôle dans la Rébellion et les méthodes dont celle-ci dispose pour combattre l’Empire. En « baïonnette intelligente », il pèsera aussi bien sa responsabilité personnelle que la nécessité, parfois, d’enfreindre les ordres de ses supérieurs.

 

C’est du coup un personnage plus complexe qu’il en a l’air, et assez intéressant.

 

 

Cassian Andor apparaît dans X-Wing sous deux formes, comme décidément un certain nombre d’autres dans cet article : un équipage, et un pilote de U-Wing UT-60D. Comme Jyn Erso, il figure, et sous ses deux formes, dans le kit de conversion de l’Alliance Rebelle.

 

En tant qu’équipage, Cassian Andor fournit une aptitude passablement tordue, qui renvoie à son statut d’espion – mais c’est bien trop tordu pour ma pomme, et ça me paraît d’un intérêt très limité (voire incompréhensible ?).

 

 

En tant que pilote de U-Wing UT-60D (et de fait on le voit régulièrement aux commandes de ce vaisseau dans Rogue One, ça n’est certainement pas le cas de la plupart des autres), Cassian Andor offre une capacité totalement différente, et assez intéressante en fait, qui joue davantage sur le soutien en débarrassant ses alliés de marqueurs de stress – ce qui peut faire sens au regard de son rôle initial lors de la bataille de Scarif.

 

 

Dans le film, Cassian Andor est, comme souvent dans Star Wars, associé à un droïde, qui répond au doux nom de K-2SO (« incarné » en motion capture par Alan Tudyk).

 

Il s’agissait initialement d’un droïde de sécurité impérial, mais il a été reprogrammé et est désormais le plus fidèle camarade de Cassian – il a toujours, cela dit, l’apparence d’un droïde impérial, et il en joue parfois, mais il s’avère un Rebelle convaincu.

 

C’est un personnage assez amusant, qui remplit bien son office, en ayant pour le coup des répliques qui vont bien (et ses mouvements très particuliers rendent joliment à l’écran).

 

Il n’apparaît toutefois pas dans X-Wing.

 

 

La mission de Cassian, et par la force des choses de Jyn, est initiée par la rumeur selon laquelle un pilote impérial aurait déserté, qui disposerait d’informations sur une « super arme » secrète de l’Empire Galactique (au sein de l’Alliance Rebelle, beaucoup refusent de croire à l’existence de cette station de combat, mais le général Draven prend la menace suffisamment au sérieux pour monter des opérations afin d’en savoir plus).

 

Ce pilote impérial se serait rendu sur Jedha, une lune exploitée par l’Empire, pour y rencontrer Saw Gerrera – et Cassian et Jyn de se rendre sur place, celle-ci ayant pour objet de faciliter au premier l’accès au chef des partisans de Jedha, un vieux bonhomme pas commode et qui a rompu les ponts avec l’Alliance Rebelle, désireux qu’il était de combattre les Impériaux à sa manière, pour le moins brutale.

 

La rumeur disait vrai, et le déserteur impérial (ce qui évoque Finn, pour le coup) se nomme Bodhi Rook – il est joué par Riz Ahmed. Hélas pour lui, il découvre bientôt que le nom de Galen Erso (car c’est le savant qui a organisé la fuite du pilote, en lui confiant un hologramme révélant qu’il a affecté l’Étoile de la Mort d’une faille critique) n’est pas le sésame espéré : un Saw Gerrera paranoïaque soumet Bodhi Rook à une séance de torture assez terrible…

 

Mais le personnage s’en met relativement vite (probablement trop vite, à vrai dire), et, est-ce parce qu’il est tout spécialement désireux de se racheter après avoir servi l’Empire Galactique, il se montre très courageux aussi bien sur Eadu que sur Scarif – en fait, il joue probablement un rôle de premier plan dans la formation de l’Escadron Rogue One, puis lors de son unique mission ; c'est à vrai dire lui qui le nomme !

 

 

Bodhi Rook apparaît dans X-Wing comme un pilote de U-Wing UT-60D – et on le voit effectivement aux commandes de cet appareil à plusieurs reprises dans le film. Il se trouve dans le kit de conversion de l’Alliance Rebelle.

 

Sa capacité est assez intéressante, qui favorise considérablement l’acquisition de cibles pour ses camarades (et c'est pertinent au regard du film).

 

 

Mais voilà : Bodhi Rook découvre donc dans la douleur que Saw Gerrera comme ses partisans sont méfiants, fanatiques et brutaux – portés aussi aux attentats peu ou prou suicidaires.

 

Et Saw Gerrera, à ce stade, est un vieil homme au corps en charpie et à demi fou – voire un peu plus que ça.

 

La performance de Forest Whitaker dans le film est, euh, assez déstabilisante… Le personnage a sans doute quelque chose d’inquiétant, mais, coté charisme, c’est davantage à débattre.

 

 

Or il est supposé faire preuve de charisme, et, de fait, son mouvement est étendu, ce qui se traduit dans X-Wing par des cartes de pilotes génériques : l’Extrémiste Anges des Cavernes renvoie aux pilotes de X-Wing T-65

 

 

… tandis que le Renégat partisan représente les pilotes génériques de U-Wing UT-60D.

 

Tous deux figurent seulement dans l’extension Les Renégats de Saw.

 

 

Et, dans ce film qui comprend assurément des héros, mais met davantage l’accent sur le groupe que les autres films Star Wars, les partisans de Saw Gerrera sont peut-être aussi importants que lui, ne serait-ce qu'en termes d'impact visuel.

 

Car certains attirent plus particulièrement l’œil, et c’est notamment le cas des frères Deux-Tubes, Benthic et Edrio : ce sont des Tognaths, assez rudes, et leur surnom provient de ce que l’atmosphère de Jedha, si différente de celle de leur planète natale Yar Togna, leur impose de porter en permanence un appareil respiratoire adapté.

 

 

Les deux frères sont présents dans X-Wing (tous deux dans l’extension des Renégats de Saw), mais ils pilotent des vaisseaux différents : Benthic Deux-Tubes est un pilote de U-Wing UT-60D

 

 

… tandis qu’Edrio Deux-Tubes est un pilote de X-Wing T-65.

 

Prise en tant que telle, la capacité d’Edrio Deux-Tubes n’est pas très intéressante – si celle de Benthic Deux-Tubes peut l’être.

 

Mais ce qu’il faut voir, ici, c’est que les deux sont faits pour être joués ensemble : ça produit alors une combo très, très rigolote, d’une efficacité peut-être à débattre, mais qui, entre les mains d’un bon joueur, peut sans doute se montrer pertinente.

 

En tout cas, dans l’absolu, l’idée que les deux frères combotent ainsi est assurément très bienvenue.

 

 

Si l’allure des frères Deux-Tubes fait qu’ils attirent l’œil avant tous les autres, certains de leurs collègues ne sont pas en reste – ainsi Magva Yarro, avec son maquillage de commando black-métalleuse dépressive. Mais le film ne la met pas autrement en avant.

 

 

Elle n’en figure pas moins dans X-Wing, là encore sous une forme dédoublée (les deux améliorations se trouvant dans Les Renégats de Saw).

 

En tant qu’équipage, Magva Yarro permet de verrouiller l’attaquant quand elle défend – ce qui me paraît assez bof.

 

 

Magva Yarro est plus intéressante en tant que pilote de U-Wing UT-60D : là encore, son approche est défensive, mais cette option anti-relances peut se montrer très utile, même si plus ou moins je suppose, fonction de ce que l'adversaire y oppose. Mais j’ai eu l’occasion de l’affronter, et elle était sacrément chiante…

 

 

Parmi les autres renégats, on compte notamment le très mystérieux Kullbee Sperado, un Meftien dont le film, là encore, ne dit à peu près rien, mais joue assurément sur son apparence.

 

 

Or Kullbee Sperado figure dans X-Wing (toujours dans Les Renégats de Saw), en tant que pilote de X-Wing T-65 cette fois.

 

Sa capacité spéciale joue avec sa configuration Servomoteur S-Foils – j’avoue ne pas assez maîtriser ce châssis pour juger de la pertinence de cette aptitude.

 

 

Citons un dernier partisan de Saw Gerrera et membre de l’escadron des Anges des Cavernes, avec Leevan Tenza. Là encore, le film est pour le moins mutique concernant le passé de ce Sabat, tout en jouant sans vergogne de son impact visuel.

 

D’autres sources cependant nous apprennent qu’il a été membre de l’Alliance Rebelle, et que ça s’est mal passé : accusé d’avoir lancé une attaque contre des Impériaux en faisant fi de ses ordres explicites, il avait été mis aux arrêts et risquait la cour martiale – mais il s’est évadé, et a rejoint les partisans de Saw Gerrera, dont les méthodes lui convenaient davantage ; à vrai dire, c’est à cet égard un personnage assez emblématique.

 

 

Comme Edrio Deux-Tubes et Kullbee Sperado, Leevan Tenza apparaît dans X-Wing (dans l’extension Les Renégats de Saw) en tant qu’Ange des Cavernes et pilote de X-Wing T-65.

 

Sa capacité spéciale lui offre une option d’évasion liée, sachant que ce châssis ne bénéficie normalement pas de cette action. C’est assez intéressant, même s’il faut prendre en compte son initiative assez basse.

 

Ici, opérons un petit saut dans le temps et changeons de support.

 

Dans Rogue One, nous quittons Jedha dans la précipitation, alors que le tir test de l’Étoile de la Mort ravage Jedha City – si les héros qui composeront bientôt l’Escadron Rogue One parviennent à fuir, nous sommes amenés à supposer que tous les autres personnages que nous y avons croisés meurent dans la catastrophe…

 

Et pourtant non, ainsi que nous le montre le septième TPB de la série Marvel Star Wars, tout récemment sorti en français, qui correspond à un arc titré Les Cendres de Jedha (regroupant les épisodes 38 à 43 de la série). Et cet arc a une certaine importance, car c’est alors Kieron Gillen qui devient le scénariste de la série, ce qui lui permet de retrouver le dessinateur Salvador Larroca ; or le duo, en son temps, avait convaincu sur la série Dark Vador.

 

La série Star Wars se déroule entre Un nouvel espoir et L’Empire contre-attaque (somme toute assez peu de temps après Rogue One, donc), et met en scène les héros des films : Luke Skywalker, auréolé de la gloire de la bataille de Yavin mais obsédé par l’idée de trouver quelqu’un ou quelque chose en mesure d’en faire un vrai chevalier Jedi, or sa naïveté en la matière le met perpétuellement en danger ; Leia Organa, toujours aussi active, meneuse idéale, aussi efficace en tant que diplomate qu’avec un blaster entre les mains ; Han Solo et Chewbacca, un peu indécis quant à leur rôle au sein de l’Alliance Rebelle, mais leur bon fond leur fait sans cesse retarder leur départ pour porter une fois de plus assistance à leurs amis…

 

Bon, ça, d’accord. Mais Jedha a bien été détruite dans Rogue One, donc peu de temps avant Un nouvel espoir, non ?

 

 

Eh bien, pas tout à fait – car les auteurs jouent de la carte surréaliste, ici (on peut, c’est Star Wars, pas du Greg Egan) : Jedha a été largement détruite par l’Étoile de la Mort, mais pas totalement non plus. La sphère est méchamment entaillée, et de la roche s’en extrait sans cesse qui frappe la planète NaJedha en pluies de météorites, mais il y a toujours quelque chose qui flotte dans l’espace, un astre malade et infernal…

 

Et pas totalement inaccessible : les conditions y sont atroces, mais on peut toujours poser le pied sur Jedha – jusqu’à se tenir au bord de l’abîme, l’endroit le plus terrifiant de la galaxie, qui pue la menace fasciste de l’Empire et la domination sarcastique du Côté Obscur…

 

 

Or Jedha, même ainsi, n’est pas dénuée de ressources. L’Empire n’en a pas fini avec la lune à demi morte : déjà au moment de Rogue One, il y menait des opérations d’extraction pour extorquer à la lune ses précieux cristaux Kyber – et il entend bien continuer, en faisant appel aux machines titanesques de la reine Trios de Shu-Torun.

 

Ce qui inquiète les Rebelles – une entreprise aussi ample génère aussitôt la suspicion : l’Empire construirait-il une nouvelle super arme tueuse de planètes ? Il faut tout faire pour l’en empêcher : notre petit groupe de héros, emmené par Leia, entend faire la lumière sur les intentions de l’Empire et les contrarier autant que possible – et Luke est d’autant plus partant que le temple de Jedha, s’il en reste quelque chose, pourrait lui en apprendre beaucoup sur les chevaliers Jedi.

 

Maintenant, il leur faudra négocier…

 

 

… car tous les partisans de Saw Gerrera ne sont pas morts lors du tir test de l’Étoile de la Mort : beaucoup d’entre eux ont péri, dont Saw lui-même, mais d’autres (et la plupart de ceux que je viens d’évoquer) ont pu, comme les membres de l’Escadron Rogue One, emprunter un vaisseau en catastrophe pour fuir Jedha en proie à la destruction.

 

Et ils ont un nouveau chef, qui n’est autre que Benthic Deux-Tubes. Le Tognath, écœuré par la destruction de Jedha et par la mort de son frère de couvée Edrio, est devenu un leader au moins aussi dur que Saw Gerrera, et peut-être davantage encore.

 

Négocier avec lui s’annonce compliqué – comme son prédécesseur, il ne fait absolument pas confiance aux Rebelles, et ses méthodes brutales et violentes (on le voit abattre froidement bien des figurants, et menacer d’en faire autant avec Leia et compagnie) contrastent avec l’approche héroïque et « gentille » personnifiée par les héros de la saga ; mais ces derniers sont-ils des hypocrites ? Ou des faibles, condamnés d’avance ?

 

 

Le surréalisme et la démesure de cet arc, conjointement avec le questionnement moral qu’implique forcément la rencontre des héros de Star Wars avec Benthic et les reliquats fanatisés des partisans de Saw Gerrera, en font globalement une réussite – même les préoccupations mystico-truc de Luke Skywalker, qui généralement ne me passionnent pas, voire m’irritent, fonctionnent plutôt bien ici, du fait de la naïveté un peu infantile de Luke, mais aussi et probablement surtout de l’ambiance soignée de ces épisodes, qui ressort aussi bien du scénario que du dessin.

 

Et là il y a un problème à adresser : globalement, Salvador Larroca accomplit un très beau travail, bénéficiant d’une coloration soignée de Guru e-FX. Le cadre apocalyptique de Jedha, battu par des tempêtes permanentes qui font s’effriter l’astre morbide toujours un peu plus, produit des planches superbes, et qui, étrangement, s’accommodent très bien de l’action, toujours limpide, et qui joue régulièrement sur les ombres et les silhouettes.

 

 

Par ailleurs, la démesure des machines de Shu-Torun produit un effet typique du « sense of wonder » versant « big dumb object », à propos dans une saga tournant autour de super armes de la taille d’une planète.

 

 

Enfin, le versant « mystique » de l’histoire bénéficie des visions surréalistes de l’abîme comme d’un character design soigné, qui, étrangement ou pas, ont pu me faire penser à des choses plutôt franco-belges en fait, du Mœbius, du Caza, du Druillet peut-être.

 

 

Le problème, c’est les personnages – pas tous hein : les héros de la saga, ceux qui ont des visages humains clairement identifiables, sont les premiers visés, même si ce défaut affecte aussi, mais dans une moindre mesure, la reine Trios et le cruel commandant Kanchar (au look par ailleurs très improbable).

 

Le truc, c’est que Larroca, pour représenter les personnages emblématiques de la saga, a recours a une technique visant à une sorte de photo-réalisme, et reposant bel et bien sur des clichés célèbres des films, qui produit un résultat parfaitement dégueulasse, le mot n'est pas trop fort, tranchant sur la qualité remarquable d’absolument tout le reste.

 

Je ne sais pas si c’est un choix personnel ou une directive de Marvel, mais le résultat est franchement abominable : les traits sont moches, les poses figées, l’émotion absente, la pertinence à peu près jamais de mise. Je vous renvoie à cet article, si jamais, qui pose bien le problème et l’illustre avec acuité.

 

C’est vraiment dommage, parce que le reste est bon voire très bon… Et pourtant je comprendrais que des lecteurs fuient cet arc ou la suite des opérations à cause de cette très, très mauvaise idée.

 

Zou, retour en arrière, à Rogue One.

 

Cassian Andor, Jyn Erso et K-2SO ne rencontrent pas seulement, sur Jedha, Bodhi Rook et les renégats de Saw Gerrera. Pris dans la panique d’un attentat, ils sont sauvés par deux curieux personnages, sans autre affiliation – même si l’on a appris par la suite qu’ils avaient un temps collaboré avec Saw Gerrera, avant de se séparer en mauvais termes. Ils joueront cependant un grand rôle dans cette histoire, sauvant Cassian Andor et Jyn Erso plus d’une fois, sur Jedha, puis sur Eadu et enfin sur Scarif, où leur dévotion absolue les pousse au sacrifice pour une cause qu’ils n’avaient jamais explicitement embrassé.

 

Et ces deux personnages sont incarnés par deux acteurs chinois (ce qui a fait jaser, forcément : quotas-politiquement-correct-marketing-truc, vous connaissez les trolls de Star Wars) : Donnie Yen est Chirrut Îmwe, et Jiang Wen joue son bro, Baze Malbus.

 

Tous deux sont des « Gardiens des Whills », soit des sortes de moines associés au temple du Kyber à Jedha, qui révèrent la Force, sans y être toutefois sensibles eux-mêmes en principe.

 

Chirrut Îmwe, pourtant, pourrait laisser croire le contraire : ce moine aveugle (un trait du personnage choisi par son acteur, et qui évoque beaucoup de références, même si pour le coup je serais amené à chercher du côté du Japon avec Zatoichi) est un expert en arts martiaux, très habile avec son bâton mais aussi avec l’impressionnante arbalète traditionnelle de Jedha. C’est un homme dévot, bien plus que son bro, et il répète sans cesse son mantra : « Je fais corps avec la Force. La Force est avec moi. » Et il semblerait bien qu’elle le soit, oui – jusqu’à un certain point. Cela dit, il est présenté en même temps comme un homme plutôt simple et blagueur (hélas pas toujours à bon escient : il a quelques-unes des punchlines les plus ineptes du film), un peu filou aussi…

 

Il est indéniablement charismatique – pourtant, il n’a jamais intégré X-Wing.

 

 

Alors que son bro, si : Baze Malbus, lui aussi un des Gardiens, mais qui fait de suite beaucoup moins penser à un moine que Chirrut Îmwe… Il a aussi été un assassin, semble-t-il, et a peut-être davantage le physique de cet emploi ? Dans l’absolu, Baze n’est pas forcément « colossal », mais il est disons épais, impression renforcée quand il se tient au côté de son ami Chirrut, davantage format crevette (ce qui ne l'empêchera en rien de vous coller une branlée).

 

Il a assez clairement quelque chose d’un Chewbacca dans sa relation à son BFF, son Han Solo à lui : la brute bougonne mais à très bon fond, et qui tape lourd pour la cause, avec son putain de gros flingue emblématique.

 

Est-ce qu’il a perdu la foi (pour mieux la retrouver à la fin, comme de juste) ? Lui ne fait initialement pas dans le mantra, et sermonne plus qu’à son tour Chirrut pour sa dévotion… aveugle (*aheum*), qui le met perpétuellement en danger – heureusement, il est toujours là pour lui…

 

 

Et Baze Malbus, donc, figure dans X-Wing, à la différence de son copain : il est un équipage rebelle, et on le trouve dans le kit de conversion de la faction.

 

Sa capacité ne fonctionne qu’à très courte portée, mais lui permet de faire de la double concentration, ce qui est toujours sympathique. Il est beaucoup moins cher à ce jour qu’un Copilote perspicace, mais tout de même moins intéressant (à cause du stress) et fiable (à cause de la portée)… Je n’y crois pas trop, personnellement.

 

 

Alors que Jedha meurt (ou presque) sous le tir test de l’Étoile de la Mort, nos héros parviennent à s’enfuir : à ce stade, le groupe comprend Jyn Erso, Cassian Andor, K-2SO, mais aussi Bodhi Rook, encore secoué par son interrogatoire, et enfin, un peu des pièces rapportées dans cette affaire, Chirrut Îmwe et Baze Malbus, donc. Ensemble, ils formeront le cœur de l’Escadron Rogue One.

 

Mais, avant cela, ils ont une autre mission à remplir : ils se rendent sur la base secrète d’Eadu, aux conditions atmosphériques infernales, où travaille Galen Erso… mais Cassian s’est vu confier une mission qu’il doit tenir secrète : si lui se rend là-bas, c’est pour assassiner le scientifique « collaborateur » !

 

Il fléchira, pourtant – tout son groupe, et pas seulement la courageuse Jyn, même sans dire les choses ouvertement, pèse dans sa décision finale, qui l’amène à méditer sur ce que signifie au juste son adhésion à l’Alliance Rebelle – et notamment son obéissance inconditionnelle aux ordres de son supérieur, le général Draven.

 

Le cruel Krennic et les Death Troopers sont également de la partie, mais il n’y a pas forcément grand-chose à en dire de plus.

 

La seule autre carte véritablement en rapport avec Eadu dans X-Wing est un pilote de TIE Reaper, le Capitaine Feroph – dont nous ne savons à vrai dire rien, mais l’illustration de sa carte le situe sans l’ombre d’un doute sur Eadu. À vrai dire, je ne crois pas que l’on voie de TIE Reaper dans le film lors de cette séquence, mais je peux me tromper.

 

La capacité de Feroph est la variante défensive de la capacité offensive du Major Vermeil, et je préfère pour ma part cette dernière – et c’est à peu près tout.

 

 

De retour sur Yavin IV, il nous faut parler un peu plus du général Davits Draven, que j’ai mentionné à plusieurs reprises (et qui est joué dans le film par Alistair Petrie).

 

C’est donc le chef du renseignement rebelle, et en tant que tel le supérieur de Cassian Andor. Ce vétéran de la guerre des Clones est un homme dur, très agressif verbalement, et parfois cynique – pas exactement le portrait que l’on se fait traditionnellement du Gentil Combattant De La Liberté. Draven sait que l’Alliance Rebelle doit se salir les mains, parfois, pas seulement pour vaincre, d’ailleurs – pour simplement survivre. Ses agents, dès lors, accomplissent les missions qui puent un peu, et sans se pincer le nez : sabotage, assassinats ciblés ou moins ciblés, etc.

 

Mais Cassian Andor est amené à lui désobéir, présageant de la sorte la formation de l’Escadron Rogue One, qui, refusant de suivre les ordres du commandement paniqué (ce qui inclut sauf erreur Draven ; non qu’il panique, lui, mais c’est un homme avant tout pragmatique), qui décide donc de s’attaquer à Scarif pour y récupérer les plans de l’Étoile de la Mort, incluant la faille conçue par Galen Erso.

 

La carrière de Draven se poursuivra après Rogue One puis la bataille de Yavin, jusqu’à ce qu’il périsse des mains mêmes de Dark Vador, se sacrifiant pour permettre à Leia de fuir (ainsi qu’on le verra dans la BD Star Wars). Peut-être s’agit-il d’une forme de rédemption – ou pas.

 

En tout cas, il incarne d’ici-là une figure alternative de l’officier rebelle, compétent sans doute, mais beaucoup, beaucoup, beaucoup moins « héroïque », surtout au sens moral, que les Luke, Leia, Han, Chewie et compagnie.

 

Le général Draven n’apparaît pas dans X-Wing – il y aurait sans doute moyen d’en tirer quelque chose.

 

 

Ceci dit, le haut commandement rebelle tel qu’il est décrit dans Rogue One n’est pas exactement tip-top, dans l’ensemble. La plupart de ses représentants paniquent donc quand ils apprennent que l’Étoile de la Mort n’a rien d’un mythe (et on peut supposer que beaucoup d’entre eux étaient justement disposés à n’y voir qu’une rumeur sans aucun fondement), et ils ne pensent plus guère qu’à fuir.

 

Jyn Erso, pourtant très fraîchement rebelle, et abattue par le décès de son père qu’elle n’avait plus vu depuis tant d’années, plaide pour un assaut sur Scarif – là où se trouvent les archives impériales qui permettront de planifier la destruction de la station de combat impériale, conformément aux instructions de Galen. Mais on ne l’écoute pas : bien rares sont ceux qui, comme Raddus, le très agressif amiral mon calamari (il n’y a pas qu’Ackbar dans ce cas), jugent que le plan de Jyn doit être tenté, même s’il est franchement désespéré, parce que c’est le seul moyen pour l’Alliance Rebelle de survivre (la panique équivaut peu ou prou à sa dissolution effective).

 

Raddus non plus ne figure pas dans X-Wing – pas plus qu’Ackbar, en fait ; tous deux seraient bien à leur place dans les vaisseaux immenses que FFG nous a promis, parallèlement au mode de jeu épique.

 

 

Mais le discours de Jyn n’est pas un flop complet : dans l’anarchie du quartier général, si les grands noms ont fait la sourde oreille, d’autres rebelles de rang inférieur se sont montrés plus réceptifs. Parmi eux, ceux qui sont devenus ses amis sur Jedha et Eadu, mais aussi d’autres – des gens avec qui elle n’avait jamais été en rapport.

 

L’assaut sur Scarif a été prohibé, en définitive, par le haut commandement frileux – mais tous ces Rebelles, eh bien, vont se montrer rebelles, et refuser de se plier aux ordres. Ensemble, ils formeront l’Escadron Rogue One (un nom improvisé par Bodhi Rook, mais semble-t-il très référentiel dans l'univers « Légendes »), et partiront pour Scarif, dans une mission dont ils savent bien qu’elle est probablement suicidaire.

 

On pourrait être tenté de dire que ce sont précisément Jyn Erso et Rogue One qui introduisent effectivement l’héroïsme dans l’Alliance Rebelle – là où le tableau qui en était dressé jusqu’alors dans le film n’était pas aussi engageant. Ensemble, ils pavent le terrain pour les héros à venir, les Luke Skywalker, les Han Solo, tandis que la princesse Leia, en fait déjà de la partie, mais encore dans l'ombre, figurera jusqu’à l’extrême l’Alliance Rebelle dans ce qu’elle a de plus… noble.

 

Dans la série Marvel Star Wars tout spécialement, Luke est obsédé par le précédent de Jyn Erso, et y rend sans cesse hommage : Jedi mis à part, elle est le modèle à suivre.

 

Ces (doublement) Rebelles incarnent en fin de compte l’Altruisme – dans le vocabulaire de X-Wing, le talent (qui devrait être normalement) « adjectif » (mais ne l'est bizarrement pas en français) associé à la Rébellion. Hélas, cette carte n’est pas hyper séduisante – outre que son illustration est en ce qui me concerne une des plus moches du jeu, ce qui est ballot tout de même.

 

 

L’Escadron Rogue One, outre les héros que nous suivons depuis Jedha, comprend beaucoup d’anonymes. Cependant, un peu à la manière de ce qui s’était passé avec les partisans de Saw Gerrera, le film joue de l’impact visuel pour faire ressortir des personnages dont on ne sait rien par ailleurs.

 

Mais, ici, cela profite surtout à un personnage : un Iakaru du nom de Bistan, qui officie en tant qu’artilleur sur un U-Wing UT-60D, mais qui prendra part ensuite, comme les autres, aux combats au sol.

 

 

Et Bistan figure bien dans X-Wing, justement en tant qu’artilleur – et assez intéressant, d’ailleurs, puisqu’il fournit une option de double attaque à son vaisseau s’il est doté d’une tourelle.

 

(Au passage, il figure également dans Légion, en tant que commando !),

 

Maintenant, s’il faut bien se rendre sur Scarif, sur place, la mission de Rogue One consistera essentiellement en infiltration et en combats au sol.

 

Ce qui ne signifie pas que Jyn Erso et ses amis doivent se passer de soutien aérien. En fait, un second escadron, d’une certaine manière, rassemble des pilotes qui choisissent eux aussi d’enfreindre les ordres pour venir en aide à Rogue One.

 

Certains, anonymes, pilotent le vaisseau emblématique du film pour ce qui est de l’Alliance Rebelle, à savoir le U-Wing UT-60D – par exemple le générique Éclaireur de l’Escadron Bleu.

 

 

Mais, là encore, quelques-uns se singularisent un peu dans la masse – et notamment Heff Tobber, qui pilote un X-Wing T-65 (plusieurs de ces vaisseaux emblématiques de l'Alliance Rebelle participent à l’opération).

 

 

Étrangement, le jeu X-Wing choisit pourtant de faire de Heff Tobber un pilote de U-Wing UT-60D lui aussi.

 

Sa capacité est un peu tordue mais potentiellement intéressante – le camarade Albu a un peu expérimenté autour du bonhomme…

 

 

Mais il y a d’autres pilotes dans cette opération qui parlent sans doute davantage aux joueurs de X-Wing – ne serait-ce que parce qu’ils existaient avant Rogue One, parce qu'ils sont intéressants en jeu, et parce que leurs cartes, pour le coup, évoquent leur participation à la bataille de Scarif.

 

Le plus célèbre du lot est probablement Jon « Dutch » Vander, un pilote de Y-Wing BTL-A4, et le chef de l’Escadron Or – ledit escadron le suivant dans la bataille, comme il le fera encore, plus tard, lors de la bataille de Yavin… où « Dutch » périra, abattu par Dark Vador himself.

 

 

Le jeu X-Wing offre à cet égard la possibilité de jouer en générique le Vétéran de l’Escadron Or

 

 

… mais aussi « Dutch » Vander lui-même, un bon chef d’escadron avec une bonne capacité de soutien.

 

 

Or Rogue One a besoin de tous ces pilotes – et du soutien en termes de vaisseaux capitaux que fournit finalement Raddus : on ne pouvait pas retenir en arrière le bouillant amiral...

 

En effet, si, grâce à Bodhi Rook, Jyn Erso et compagnie ont pu franchir le bouclier planétaire doté d’un unique portail qui garde l’accès à Scarif, ils ont bien besoin sur place d’un soutien aérien – quelques vaisseaux parviennent à s’infiltrer avant que le portail ne se referme, interdisant l’accès aux autres…

 

Mais la bataille se joue aussi dans l’espace, et le portail doit être neutralisé pour que les plans de l’Étoile de la Mort puissent être communiqués aux Rebelles.

 

J’aime beaucoup cette idée du portail – à une époque, je me disais que ce genre de gros machin pourrait donner des trucs rigolos dans des parties scénarisées en épique… Bon, ça passe sans doute après les GROS VAISSEAUX, hein !

 

 

Ceci étant, dans l’espace comme sur Scarif, les vaisseaux rebelles et impériaux s’affrontent. Et le film choisit là aussi de mettre en avant deux nouveaux vaisseaux pour les Impériaux, essentiellement conçus pour le vol atmosphérique : le chasseur TIE/sk Striker, et le transport de troupes TIE Reaper.

 

On voit beaucoup de Strikers dans le film – reconnaissables à leurs longs ailerons mobiles. Le Reaper, par contre, se fait plus discret : la présente photo, où il est accompagné par des Strikers, est peut-être sa seule apparition clairement identifiable dans Rogue One (même s’il me semble que l’on en voit un aussi vers le tout début du film, juste avant que Cassian Andor n’abatte l’indic trop nerveux, mais je ne suis pas sûr de moi).

 

 

Dans X-Wing, pourtant, même avec un temps de retard, le TIE Reaper est devenu un vaisseau jouable – il était à mon sens bien plus intéressant en v1 qu’en v2, mais qu’importe.

 

L’importance « ludique » de ce vaisseau sur Scarif est appuyée, là encore, par des cartes qui font directement référence à son rôle pendant la bataille.

 

Cela vaut tout d’abord pour le générique Pilote de la Base de Scarif (eh)…

 

 

… mais aussi, côté nommés, pour le Major Vermeil – le plus agressif des pilotes de Reapers.

 

 

Le jeu ne se montre pas aussi explicite concernant le rôle des bien plus présents TIE/sk Strikers – mais les illustrations, pour la plupart, renvoient probablement à la bataille de Scarif, ce que confirme le plus souvent le lore en dehors du seul jeu.

 

Cela vaut pour des pilotes génétiques, comme la Sentinelle planétaire

 

 

… ou encore l’Éclaireur de l’Escadron Noir

 

 

… mais aussi pour des pilotes nommés, au premier chef « Countdown »

 

 

… mais aussi « Duchess », deux chouettes pilotes, par ailleurs, si le Striker demeure hélas souvent un second choix dans les listes impériales, même en Hyperespace.

 

 

La situation est un peu plus ambiguë pour les pilotes restants de ces deux châssis : Vizier pour ce qui est du TIE Reaper (encore que l'illustration, hein, bon)…

 

 

… et le méchant « Pure Sabacc » pour ce qui est du TIE/sk Striker (ce cadre enneigé, cette fois, semble bien différent de Scarif).

 

Quoi qu’il en soit, il y a beaucoup de monde qui se fritte sur Scarif…

 

 

Bon, vous savez comment ça se termine, hein… Par du fan service, disent les mauvaises langues – mais ça tombe bien, je suis fan, j’aime qu’on me serve, et après une scène pareille j’ai putain d’envie de jouer à Légion là putain de tout de suite.

 

Parce qu’il n’y a pas que X-Wing dans la vie. Presque, mais pas que.

 

 

E​t puisque cette séquence est « calibrée pour YouTube », eh bien, en voici la vidéo sur YouTube :

Ce qui fait une bonne fin.

 

Parce qu’il faut bien s’arrêter quelque part (ouah, ç’a été plus long que prévu…).

 

Je crois avoir dit l’essentiel de ce qui me paraissait intéressant dans cette exploration de l’univers Star Wars passé au prisme de Rogue One. Les références abondent par ailleurs, dans des romans ou des BD moins ciblés, mais, outre le film lui-même, Catalyseur et Les Cendres de Jedha, avec leurs défauts parfois marqués, m’ont semblé offrir le plus de développements à même de parler aux amateurs, qui ont certainement vu le film, mais pas forcément lu ce roman ou cette BD (n’hésitez pas à me détromper, hein).

 

Et ça me paraissait pertinent que d’honorer sur ce blog Jyn Erso comme LA CANAILLE SÉDITIEUSE ET ANARCHISTE QU’ELLE EST !

 

 

Ben, on se refait pas, hein.

 

#PalpForever #VaderTakeTheWheel

Voir les commentaires

Autour de Poe Dameron

Publié le par Nébal

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit message de service : j’adresse tous mes remerciements aux personnes qui ont récemment fait la promotion de ce blog et de la chaîne YouTube qui va avec – l’Escadron Blada dans un article qu’un lecteur m’a mentionné il y a peu, et Pierre Oh qui, dans son dernier live, a eu des mots très aimables pour ce que je tente de faire ici (même s’il me faut sans doute préciser que je ne suis pas le « très bon joueur » qu’il croit !), ce qui a débouché sur un certain accroissement de mon audience – j’espère la satisfaire ! Mille mercis en tout cas !

 

And now, this.

 

Le sixième et dernier tome de la série Poe Dameron est sorti tout récemment en français, et je me suis dit que ça pouvait bien justifier un nouvel article « univers », dans la lignée de ceux que j’avais déjà consacrés à la Capitaine Phasma et à Lando Calrissian.

 

Comme pour la première, le fait que cette série porte sur la nouvelle trilogie justifie peut-être un peu plus cet article, car nous en savons somme toute fort peu quant aux personnages apparus avec Le Réveil de la Force – et pourtant, les BD, délibérément, évitent de trop en dire : Disney réserve les évolutions majeures des principaux personnages de la nouvelle trilogie aux seuls films pour l’heure, et c’est pourquoi, en dehors du Réveil de la Force et des Derniers Jedi, très peu d’informations importantes ont fuité concernant Rey ou Kylo Ren, ou Finn voire Rose Tico dans une moindre mesure.

 

Cependant, si Poe Dameron, incarné à l’écran par Oscar Isaac, pourrait à bon droit être compté parmi ces « personnages principaux », Disney semble avoir considéré que les auteurs de l’univers étendu avaient un peu plus de marge le concernant – mais à une condition : la série (la seule « vraie » série Marvel associée à la nouvelle trilogie, puisque Capitaine Phasma est une très brève mini-série) se consacrerait principalement à des événements survenus avant les films, ce qui éviterait des spoilers malvenus ou des évolutions non souhaitées.

 

C’est bien ce qui se produit durant les cinq premiers tomes de Poe Dameron – le sixième et dernier, pourtant, opère un saut dans le temps, en se situant après Les Derniers Jedi ; mais, comme on le verra, il s’agit pour partie de « boucher les trous » (nombreux…) des épisodes VII et VIII, en préparant la venue de l’épisode IX, prévu pour décembre prochain sauf erreur.

 

 

La série Poe Dameron est scénarisée par Charles Soule, que j’avais déjà évoqué par ici pour la mini-série Lando : le casse du siècle, et qui, là maintenant, s’occupe de la deuxième série Darth Vader, en français Dark Vador, le Seigneur Noir des Sith.

 

D’autres lectures qui confirment une chose sensible dans Poe Dameron : Soule est un scénariste très inégal, très inconstant. Il lui arrive de signer des choses très chouettes (j’avais beaucoup aimé sa mini-série Lando, donc), mais il se montre parfois davantage fainéant, et a une prédilection regrettable pour les twists absolument pas crédibles : Poe Dameron en compte hélas un certain nombre – et il apparaît clairement que son Dark Vador n’arrive pas à la cheville de celui de Gillen et Larocca, que j’avais il est vrai trouvé très, très bon (probablement la meilleure série Star Wars à ce jour).

 

Cela dit, on avouera volontiers que Charles Soule sait donner du rythme à ses histoires, et qu’il peut, quand il le veut bien, fignoler des dialogues nerveux, badass certes, mais parfaitement dans le ton – et, à l’occasion, la série connaît de brusques poussées qualitatives : le sixième tome, tout spécialement, m’a pas mal séduit, j’ai trouvé que c’était une bonne surprise.

 

 

Au dessin se succèdent deux illustrateurs aux styles très différents, qui s’occupent en gros chacun d’une moitié de la série.

 

Le premier est Phil Noto, dont j’avais déjà pu apprécier le travail sur la mini-série Chewbacca (autrement plutôt médiocre hélas), et qui use d’un style très sobre, en opposition marquée avec la plupart de ses collègues officiant sur les séries Star Wars de Marvel : la mise en page est simple, l’action efficace mais sans débordements excessifs. Si Noto ne me paraît pas toujours au point concernant les vaisseaux spatiaux et les batailles qui les impliquent, j’apprécie vraiment comment il caractérise ses personnages, avec de petites touches subtiles et pourtant très expressives – ici, Poe lui-même et la générale Organa en sont probablement la meilleure illustration ; c’est l’antithèse d’un fâcheux travers récurrent dans ces BD Marvel dès l’instant qu’elles figurent des personnages apparus dans les films, et qui consiste à tenter le coup d’un photo-réalisme absolument dégueulasse…

 

Mais le talent de Noto, ici, ressort peut-être surtout dans ses très belles couvertures – il a signé toutes celles de la série Poe Dameron, hors annuals, et c’est un très beau travail (même si, bizarrement, comme pour Lando : le casse du siècle, j’ai le sentiment que Panini n’a pas retenu les meilleures pour orner ses TPB…).

 

 

Le second dessinateur est l’Espagnol Angel Unzueta, et c’est le jour et la nuit par rapport à Phil Noto : le dessin est beaucoup plus chargé et flashy, la mise en page plus acrobatique ; les batailles spatiales y gagnent, elles sont incroyablement épiques, les vaisseaux spatiaux superbement mis en scène… Hélas, c’est cette fois du côté des personnages, et surtout de leurs visages, que ça coince.

 

À tous ces égards, Unzueta s’inscrit bien plus frontalement dans une sorte de charte des BD Star Wars de Marvel, et son dessin a beaucoup, beaucoup moins de personnalité que celui de Noto – mais on lui reconnaîtra d’être efficace, et de bien imprimer l’action dans ses planches.

 

Outre les 31 épisodes de la série Poe Dameron, ces six TPB rassemblent également deux annuals, un épisode spécial consacré à C-3PO, et une histoire courte en forme de gag tournant autour de BB-8 ; toutes ces histoires sont conçues par d’autres auteurs, et j’y reviendrai en temps utile.

 

 

Mais il me faut d’ailleurs commencer cet article par une autre BD que Poe Dameron – parce qu’elle la fonde, d’une certaine manière. Dès 2015, alors que les séries Marvel étaient lancées, pour l’essentiel situées entre les épisodes IV et V, la mini-série Les Ruines de l’Empire, en quatre épisodes seulement, constituait une sorte de teaser pour la nouvelle trilogie, et pourtant sans opérer le saut générationnel attendu : en effet, il s’agissait ici de raconter ce qui s’était passé durant les quelques mois ayant suivi la destruction de l’Étoile de la Mort lors de la bataille d’Endor – plus précisément, d’en donner un aperçu désormais canonique, là où l’univers « Légendes » avait pu avancer pas mal de choses qu’on a jugé préférable de glisser sous le tapis.

 

La mini-série était scénarisée par Greg Rucka et illustrée par l’Italien Marco Checchetto, qui avaient déjà travaillé ensemble sur le Punisher. Ici, il me paraît nécessaire de mettre en avant le dessinateur, dont j’avais déjà parlé pour Capitaine Phasma, et qui me paraît figurer clairement dans le très haut du panier : s’il est volontiers flashouille (mais ça, c’est souvent le résultat du travail du coloriste), il a un don admirable pour figurer les batailles, spatiales comme planétaires, et c’est à vrai dire probablement l’atout majeur des Ruines de l’Empire, dont les quatre épisodes, liés par les personnages, sont autrement relativement indépendants, et sans doute un peu trop expéditifs au plan narratif (le plus marquant est probablement le troisième, qui voit Shara Bey, j’y arrive, Leia Organa et la reine de Naboo, Sosha Soruna, affronter l’Empire déliquescent mais pas moins cruel à bord de Chasseurs Royaux Naboo N-1, reliquats de la guerre des Clones qui intégreront le jeu X-Wing dans la vague 4).

 

Nous sommes donc une trentaine d’années avant Poe Dameron – et pourtant les liens ne manquent pas, car, au cœur de cette brève mais épique aventure, on trouve les parents de Poe Dameron, lequel vient alors tout juste de naître.

 

 

À vrai dire, il n’y a pas grand-chose à relever concernant son père, Kes Dameron – même s’il se singularise probablement, dans la liste des héros de Star Wars, en n’étant pas un pilote, mais un fantassin, en fait un membre des Pathfinders commandés par Han Solo sur Endor, et, donc, dans les mois qui suivent, pour des opérations du même ordre (dont notamment la prise d’une base du BSI). Mais il n’apparaît qu’assez peu dans ces pages.

 

 

La vraie héroïne, c’est son épouse, la mère de Poe Dameron : Shara Bey. Elle est le personnage central des Ruines de l’Empire, volant éventuellement la vedette à Leia Organa voire Luke Skywalker, qu’elle est amenée à côtoyer dans ces quatre épisodes ; le dernier, d’ailleurs, explique quel est cet « arbre » à l’ombre duquel Poe Dameron a grandi, et qu’il évoque hâtivement dans le tome 6 de la série qui lui est consacrée, quand il est questionné sur son enfance ; mais il n’en dit pas davantage.

 

Shara Bey est un personnage assez charismatique, et peut-être plus subtil qu’il n’y paraît. Le principe même de son personnage est sans doute relativement convenu : elle est tiraillée entre son engagement dans la cause de l’Alliance Rebelle, et l’envie pas vraiment avouée mais tout de même présente de se retirer pour vivre enfin un peu auprès de son mari (qui a sans doute le même souci mais en fait encore moins état) et élever ensemble leur fils. Mais Rucka et Checchetto se montrent relativement habiles dans leur figuration du personnage, qui en sort finalement assez complexe et, dès lors, humain.

 

 

Dans la BD, Shara Bey est clairement une pilote de A-Wing RZ-1 – des vaisseaux qui ont joué un rôle crucial lors de la bataille d’Endor –, et elle est sous les ordres de L’ulo L’ampar, sur lequel je reviendrai.

 

Mais on l’y voit piloter également, outre les Chasseurs Naboo mentionnés plus haut, une sorte de transport rebelle… et une Navette T-4A de classe Lambda.

 

Dans le jeu X-Wing, cependant, Shara Bey est une pilote de Chasseur ARC-170 – et plutôt une bonne pilote, d’ailleurs. Je ne sais pas si quoi que ce soit vient justifier cet écart entre les récits et le jeu...

 

L’A-Wing rebelle est un peu à la peine à l’heure actuelle – une rumeur faisait état de la possibilité de faire des extensions comprenant essentiellement des cartes, dont de nouveaux pilotes, et je suppose qu’elle pourrait être un choix intéressant à cet égard… Mais il serait malvenu de spéculer outre-mesure, nous verrons bien.

 

 

Mais les liens des Ruines de l’Empire avec Poe Dameron ne s’arrêtent pas à ses seuls parents : L’ulo L’ampar est un personnage important des deux séries.

 

Ce Duros est un fameux pilote, qui dirige donc un escadron d’A-Wing RZ-1 lors de la bataille d’Endor : il est alors le supérieur, et à certains égards le mentor, de Shara Bey.

 

Mais, une trentaine d’années plus tard, ce vétéran légendaire sera toujours là – aux commandes cette fois d’un A-Wing RZ-2, et… sous les ordres du fils de Shara Bey. Aussi aurons-nous l’occasion d’y revenir.

 

Bon, passons à la série Poe Dameron à proprement parler – et avec un avertissement, d’emblée : je risque de SPOILER pas mal… Alors à vous de voir, hein !

 

L’essentiel de la série se déroule donc avant Le Réveil de la Force ; elle est constituée d’arcs généralement plutôt brefs (trois épisodes, souvent), mais qui sont tous liés entre eux par une même quête au long cours directement en rapport avec le film.

 

 

En effet, la générale Leia Organa, fondatrice et dirigeante de la Résistance (Phil Noto la représente superbement bien, rendant au mieux les traits de Carrie Fisher d’une manière doucement expressive), vient tout juste de débaucher Poe Dameron de la flotte de la Nouvelle République, et lui confie une mission qu’elle juge d’une importance vitale.

 

 

Il s’agit de retrouver Lor San Tekka (incarné par l’immortel Max von Sydow dans Le Réveil de la Force), un érudit vagabond fasciné par la Force, s’il n’y est pas sensible lui-même, et qui pourrait être la meilleure piste pour déterminer où a bien pu filer Luke Skywalker. Leia est convaincue que son Jedi de frère jouera un rôle crucial dans l’affrontement inévitable avec le Premier Ordre (qui aimerait bien, lui aussi, mettre la main sur le personnage incarné par Mark Hamill).

 

Or cette guerre ouverte n’a pas commencé au moment de la BD : le Premier Ordre comme la Résistance sont des factions qui se regardent en chiens de faïence, tandis que la Nouvelle République, faible et vite corrompue, peine à satisfaire qui que ce soit. C’est une dimension fondamentale de cette histoire, et qui ne me paraissait pas assez clairement exposée dans les films (il est vrai qu’ils ne m’ont pas exactement passionné) ; mais la série Poe Dameron illustre avec bien davantage de pertinence le rôle des deux factions dans cette affaire – et la Résistance, décidément, me fait penser… disons à un groupe Antifa ? extrêmement restreint, qui sait que le Premier Ordre est une colossale menace, mais manque de champ pour agir, étant bien conscient que tout comportement un peu trop proactif lui vaudrait des accusations de sédition, voire de terrorisme (Leia elle-même emploie le terme).

 

 

Pourquoi Poe Dameron ? Parce que c’est « le meilleur pilote de la galaxie », une définition qui revient très souvent dans la BD, même si elle est généralement employée sur le ton du running gag, car il s’agit souvent de présenter le personnage comme un casse-cou particulièrement doué pour se jeter en plein dans les ennuis, et, de fait, l’excellent pilote s’est crashé plus qu’à son tour. Mais il avait toujours des « circonstances atténuantes »…

 

Et l’ironie des comparses de Poe, voire de Poe lui-même (qui est en même temps, bien sûr, d’une extrême arrogance, et pose au vaurien – Leia, comme de juste, multiplie les allusions qui assimilent son subordonné à son ex-mari Han Solo), cette ironie donc n’enlève rien au fait que Poe Dameron est bel et bien le meilleur pilote de la galaxie (il a de qui tenir, après tout !). Les films, sans doute, en ont fait la démonstration, mais la BD en rajoute.

 

Et, dans X-Wing, ben… oui, Poe Dameron, à bord de son X-Wing T-70, ayant hérité de ce qui se rapproche le plus du talent honni de la v1 Repousser les limites, est très probablement le meilleur pilote du jeu…

 

 

Mais il ne peut pas accomplir cette quête vitale seul. Heureusement, il a des amis sur qui compter.

 

Et bien sûr au premier chef son astromech, BB-8, qui entretient avec lui la même relation qui unissait Luke Skywalker et R2-D2 du temps de la guerre civile galactique.

 

Dans X-Wing, le droïde sphérique confère à qui l’embarque de nouvelles options de repositionnement – Poe en particulier n’en est dès lors que plus redoutable.

 

Mais BB-8 brille plus qu’à son tour même sans être embarqué dans un chasseur – il aime beaucoup faire usage de ses décharges électriques !

 

 

Mais il faut un escadron à Poe Dameron – et ce sera l’Escadron Black (dont il est comme de juste Black Leader). Sur l’injonction de Leia, Poe sélectionne donc dans les rangs serrés de la Résistance quatre pilotes hors-normes, et un ingénieur.

 

Le premier de ces pilotes, nous l’avons déjà croisé, puisqu’il s’agit de L’ulo L’ampar, cette fois aux commandes d’un A-Wing RZ-2. Le vétéran d’Endor est toujours bon pied bon œil, et s’accommode très bien d’avoir le fils de Shara Bey pour chef. Même s'il est d'un naturel grincheux, il est par essence une légende qui inspire le respect.

 

Sa carte dans X-Wing, tout en appuyant sur son statut de « mentor éclairé », traduit bien la tendance du personnage à jouer au casse-cou et à se mettre en danger pour accomplir sa mission – le BD fera plus qu’en témoigner…

 

 

L’ulo est le seul de ces pilotes à se trouver aux commandes d’un A-Wing RZ-2. Tous les autres pilotent des X-Wing T-70.

 

En mettant L’ulo de côté, celui qui est le plus souvent amené à « remplacer » Poe à la tête de l’Escadron Black est Temmin « Snap » Wexley (Greg Grunberg à l’écran), initialement apparu dans un roman. Il faut dire que, de même que L’ulo, « Snap » est un vétéran – il a notamment participé à la bataille de Jakku alors qu’il était encore un adolescent.

 

Plus âgé donc que tous ses collègues à l’exception du Duros, Temmin Wexley a une allure qui tranche un peu sur le héros de Star Wars lambda – il a quelque chose de plus ou moins nounours et a pris du ventre… Idéal pour que le fan geek se projette ?

 

 

Ça n’en est pas moins un excellent pilote de X-Wing T-70 : dans le jeu, il s’illustre par sa capacité d’accélération particulière, qui incite à le jeter en plein dans la bataille tout en négociant au mieux les arcs ennemis.

 

 

Il faut dire que, comme Poe Dameron, il a de qui tenir : sa mère, Norra Wexley, était une excellente pilote de l’Alliance Rebelle puis de la Nouvelle République.

 

 

Et Norra Wexley figure d’ailleurs elle aussi dans X-Wing, dans les rangs de la Rébellion donc – et sur deux vaisseaux : nous la trouvons ainsi aussi bien aux commandes d’un Chasseur ARC-170, comme Shara Bey…

 

 

… que d’un Y-Wing BTL-A4.

 

Dans les deux cas, elle figure dans le haut du panier, et dispose de la même capacité spéciale, qui accroît sa défense quand elle se trouve en plein milieu de l’affrontement – oui, « Snap » a bien de qui tenir…

 

 

Et il est intimement lié au pilote suivant de l’Escadron Black : Karé Kun. Les deux personnages forment un couple, même si leur engagement dans la Résistance les met dans une situation compliquée – notamment parce que Karé s’inquiète de ce que cette liaison pourrait avoir des conséquences fâcheuses au regard des périlleuses missions que se voit confier l’Escadron Black. Ce en quoi elle peut rappeler Shara Bey, encore que sur un mode plus sec, Karé ayant tendance à ne pas mâcher ses mots.

 

Mais je trouve que ce personnage manque un peu de caractère, à vrai dire : c’est un modèle relativement convenu de « femme forte », dont la romance imposée a quelque chose d’un peu artificiel. Des pilotes de l’Escadron Black, honnêtement, c’est celui qui m’inspire le moins.

 

 

Karé Kun est bien sûr elle aussi une pilote de X-Wing T-70 dans le jeu X-Wing. Sa capacité spéciale en matière d’accélération est assez étrange, et je ne suis pas bien certain de l’impact qu’elle peut avoir – n’hésitez pas à m’éclairer à ce propos.

 

 

Reste une dernière pilote – et si Karé Kun est le personnage qui me botte le moins dans cette petite compagnie d’élite, Jessika Pava (qui est quant à elle apparue à l’écran dans Le Réveil de la Force, incarnée par Jessica Henwick) est sans doute celui qui me parle le plus.

 

C’est un personnage assez mystérieux, même si quelques flashbacks plus ou moins hermétiques nous laissent entendre que son enfance n’a pas été de tout repos, et qu’elle a probablement été esclave à un moment ou à un autre. L’expérience l’a profondément marquée, et elle a en retiré une véritable obsession pour le contrôle, qui peut la rendre distante.

 

De manière intéressante, cela se traduit notamment par sa propension à personnaliser les vaisseaux qu’elle pilote avec des gadgets de sa création. Bien qu’étant pilote et non ingénieure (ce rôle étant assuré par Oddy Muva dans l’Escadron Black), elle fait preuve d’une connaissance exhaustive d’à peu près tout ce qui vole, et aime bidouiller son appareil, pour le faire sien, en le rendant plus rapide, notamment.

 

 

Et c’est d’ailleurs elle qui invente « l’augmentateur de poussée expérimental » que Poe Dameron utilise au début des Derniers Jedi, sans test préalable...

 

En jeu, cela renvoie au titre Black One, qui permet de faire une action de MASL exceptionnelle.

 

 

Jess Pava est brillante à tous points de vue – mais elle a la poisse. Les astromechs de la Résistance ont remarqué une anomalie statistique : les droïdes embarqués par Jessika ont bien plus de chances de périr en mission qu’avec tout autre pilote de la Résistance.

 

Ils en viennent à la surnommer « La Grande Destructrice », et tout le monde sur D’Qar se demande si c’est là une superstition ou une plaisanterie, les deux hypothèses étant aussi troublantes l’une que l’autre, car les droïdes ne sont pas censés pouvoir faire preuve de superstition comme d’humour…

 

Mais c’en est au point que les astromechs refusent de voler avec Jess Pava – jusqu’à ce qu’une droïde du nom d’Ivé change la donne (une astromech qui entretient une sorte de romance avec BB-8, d’ailleurs…).

 

 

Jessika Pava pilote elle aussi un X-Wing T-70 dans le jeu de figurines – et son titre est « La Grande Faucheuse ». De fait, de manière très intéressante, sa capacité spéciale joue éventuellement avec ses astromechs, ce qui est très bien vu.

 

Comme pour Karé Kun, je ne suis pas vraiment en mesure d’apprécier son impact en jeu, même s’il faut relever que Jess a une initiative de 3 seulement, qui la place à la traîne par rapport à ses collègues de l’Escadron Black.

 

Mais c’est à coup sûr un personnage intéressant – oui, mon chouchou dans cette petite bande de séditieux…

 

 

Reste un dernier membre de l’Escadron Black, mais qui n’est cette fois pas un pilote – même s’il en crève d’envie : il s’agit d’Oddy Muva, un Abednedo qui officie en tant qu’ingénieur ; et il est très compétent dans sa partie, même Jess Pava le reconnaît volontiers.

 

Oddy Muva joue un rôle central dans la série Poe Dameron – hélas au fil d’une intrigue tellement convenue qu’on est en droit de la qualifier de téléphonée, et dont la résolution ne satisfera absolument personne…

 

 

Même si elle participe d’une certaine manière à la caractéristique essentielle de l’Escadron Black : l’héroïsme.

 

Et le plus jusqu’au-boutiste : tout au long de la BD, nous voyons l’Escadron Black affronter des forces considérables – généralement quelque chose comme dix fois plus nombreuses ! Il ne s’en tire pas toujours sans casse, certes, mais mieux vaut vous prévenir : si vous êtes allergiques à ce gimmick ultra badass, la série n’est probablement pas pour vous… Oui, ça fait partie du truc, clairement.

 

Et cela éclaire sans peine le talent « adjectif » spécifique à la Résistance : Héroïque. Lequel est assez intéressant – de même que Fanatique pour le Premier Ordre : à cet égard, les deux factions de la nouvelle trilogie ont été bien plus gâtées que toutes les autres dans X-Wing.

 

 

Bon, il m’aura fallu du temps, mais vous en savez désormais un peu plus sur les héros de cette histoire.

 

Maintenant, il leur faut un méchant à la hauteur… et ce sera l’Agent Terex, du Bureau de Sécurité du Premier Ordre. Terex est véritablement la Némésis de Poe Dameron tout au long de cette série, tous deux envisageant leur affrontement récurrent comme étant de nature personnelle ; même si Terex, au bout d’un certain temps, doit partager l’affiche avec un autre « méchant de service », hélas beaucoup moins intéressant, la Commandante Malarus – j’y reviendrai le moment venu.

 

Mais Terex, lui, est un personnage très intéressant, et qui est sans cesse approfondi tout au long de la série.

 

Dans les deux premiers tomes, nous ne savons pas forcément grand-chose de lui : il est arrogant et bavard, sans aucun doute, et en cela il est typique de ces officiers du Premier Ordre (comme de l’Empire Galactique, d’ailleurs) qui prennent leurs adversaires factieux un peu trop à la légère, mais, en l’espèce, même si Poe et ses copains s’en tirent à chaque fois ou presque, c’est pour le coup un antagoniste compétent et redoutable – ce qui se traduit notamment par le fait qu’il a presque toujours un mouvement d’avance sur la Résistance.

 

À partir du tome 3, le personnage gagne en caractère, à mesure que l’on en apprend davantage sur son passé : nous découvrons que Terex, en son temps, avait été TK-603, un Stormtrooper présent lors de la bataille de Jakku. Sur l’injonction d’un camarade, plus lucide quant à ce que la débâcle signifiait pour l’Empire Galactique, il a pour un temps remisé son armure, mais jamais vraiment ses idéaux : soldat fanatique, Terex n’avait qu’un objectif en tête, ressusciter l’Empire. Ce qui le rendait aisément manipulable – or Terex n’était déjà pas sans compétences utiles, et, avec son « compagnon » cynique, il a mis en place une organisation criminelle redoutablement efficace, dont il prend enfin la tête, une fois qu’il a compris que ses associés se moquent de la résurrection de l’Empire comme de leur premier blaster.

 

Ce n’est qu’ensuite qu’il entend parler du Premier Ordre, et il décide de rejoindre ses rangs. Il n’y est pas forcément très bien accueilli : on apprécie ses talents multiples, qui en font notamment un espion de premier rang, mais son passé criminel suscite la méfiance, et on questionne ses idéaux – pourtant toujours aussi catégoriques. Reste que l’Agent Terex, comme il tient à ce qu’on l’appelle dès lors, est un outil de choix pour le Premier Ordre – qui ne le récompense cependant pas très bien, comme on le verra…

 

 

Et, de fait, l’évolution du personnage sera intimement liée à celle de ses idéaux.

 

S’il a indubitablement la foi, ses supérieurs du Premier Ordre ne se trompent peut-être pas tout à fait quand ils se méfient de lui : c’est que le personnage, qui ne cesse de clamer sa conviction que le concept même de liberté est essentiellement une menace pour l’ordre galactique, est lui-même farouchement attaché à sa propre liberté – la bascule le concernant illustrera d’ailleurs cette thématique de manière particulièrement cruelle (oui, c’est le méchant de l’histoire, mais on en vient à le plaindre…).

 

Et, graphiquement, cela se traduit par une certaine tendance à personnaliser ses armures – d’abord celle de TK-603, qu’il a récupérée dans les sables de Jakku, et dont il a accentué l’aspect « samouraï » (une inspiration notoire de George Lucas pour le design de Dark Vador, mais Terex va en fait bien plus loin)…

 

 

… mais aussi, plus tard, avec une armure du Premier Ordre – ce qui est l’équivalent terexien d’une procédure de divorce.

 

Oui, l’Agent Terex est un méchant très réussi – à vrai dire probablement le personnage le plus intéressant de cette histoire, avec Jess Pava, en ce qui me concerne.

 

Il ne figure pas dans X-Wing à ce jour, mais je suis persuadé que ce serait une option très pertinente à l’avenir (dans le Premier Ordre à vue de nez, mais il pourrait aussi avoir son versant Scum).

 

 

À noter, d’ailleurs, Terex dispose de son propre vaisseau – et pas le moindre : Le Pic de la Charogne, qui appartenait en son temps au Grand Moff Tarkin ! Lequel l’avait baptisé ainsi pour des raisons exposées dans le roman Tarkin de James Luceno (hélas très mauvais).

 

Le Pic de la Charogne a une allure caractéristique de lance (et, dans le tome 2, il transperce littéralement une station orbitale !), et bien des options intéressantes – pas des moindres, une capacité de furtivité qui, en termes de jeu, renverrait à la mécanique d’occultation.

 

Bien sûr, ce vaisseau n’existe pas à ce jour dans X-Wing, mais je tends à croire qu’il pourrait constituer un vaisseau épique intéressant, aussi bien pour l’Empire Galactique que pour le Premier Ordre, d’ailleurs.

 

 

Au fil de la série, bien d’autres figures notables du Premier Ordre sont évoquées ici ou là : on parle (forcément) du Suprême Leader Snoke, ainsi que du Général Hux, on entrevoit çà et là Kylo Ren, mais le seul de ces personnages à jouer véritablement un rôle dans cette histoire est la Capitaine Phasma – même si, la plupart du temps, nous ne l’apercevons qu’à distance, sous forme d’hologramme sermonnant Terex pour ses échecs et sa propension à la désobéissance ; plus tard cependant elle apparaît en personne, et a son mot à dire sur certains développements majeurs de l’intrigue.

 

Il n’y a toutefois pas grand-chose de plus à en dire ici – et je vous renvoie le cas échéant à mon premier article « Univers », Autour de Phasma.

 

 

Le premier volume de Poe Dameron se conclut sur un épisode spécial, dans lequel l’Escadron Black et Poe lui-même n’ont absolument aucun rôle – pourtant, c’est à bon droit qu’il figure ici, car il peut expliquer certains aspects de la suite des opérations.

 

Or il porte sur un héros assez inattendu : C-3PO…

 

Ce Star Wars Special : C-3PO date de 2016. Il est scénarisé par James Robinson, et illustré par Tony Harris, un dessinateur que j’avais plutôt apprécié, en son temps, pour son travail sur l’intéressante série Ex Machina, scénarisée par Brian K. Vaughan. Il use ici d’un style… très particulier, un peu agressif avec ses gros traits noirs, mais qui a indéniablement de la personnalité, et même, je suppose, de la gueule – dans un registre très différent de toutes les BD Star Wars que j’ai pu lire.

 

Cette BD, très prosaïquement, explique comment C-3PO a récupéré son bras rouge, qui, comme chacun le sait, empêche de le reconnaître. Ce qui en tant que tel serait relativement anecdotique si cela n’aiguillait pas sur une autre conséquence potentielle de cette histoire 100 % droïde : un certain changement de personnalité qui affecte considérablement le droïde de protocole que nous avions toujours connu froussard depuis l’épisode IV.

 

En effet, C-3PO, s’il conserve de par son côté guindé et à côté de la plaque quelque chose d’un ressort comique, s’avère pourtant bien plus compétent au service de la Résistance qu’il ne l’était du temps de la guerre des Clones ou de la guerre civile galactique : le C-3PO de la Résistance est devenu un maître espion, à la tête d’un réseau de droïdes très étendu et très fructueux (oui, il préfère les qualifier d’agents, pas d’espions…).

 

Et, à cet égard, il joue un rôle conséquent dans le reste de la série Poe Dameron : à vrai dire, si Terex et le meilleur pilote de la galaxie sont portés à envisager leur affrontement comme étant de nature personnelle, à maints égards, cette lutte oppose également Terex à C-3PO, et l’agent du Bureau de Sécurité du Premier Ordre qualifie lui-même, de manière révélatrice, le droïde de protocole comme étant son « homologue » de la Résistance.

 

Je ne sais pas que penser de cette évolution de C-3PO – en termes de crédibilité, disons. Mais l’idée de ce réseau de droïdes esp… agents est assurément bonne.

 

Et elle éclaire le fonctionnement de l’équipage C-3PO de la Résistance, dont le propos est de coordonner… et qui fait ça d’autant mieux quand ce sont des droïdes qu’il coordonne.

 

Sauf erreur, la Résistance manque encore d’options pour tirer pleinement parti de cet équipage hors-normes, mais j’ai cru comprendre que la vague 4 pourrait commencer à y remédier ? Nous verrons bien…

 

 

Le volume se conclut sur une histoire brève en forme de gag signée Chris Eliopoulos et Jordie Bellaire, dans laquelle BB-8 joue le médiateur amoureux entre un pilote et une ingénieure – ça n’a pas vraiment d’intérêt en ce qui me concerne, même si j’ai lu une autre histoire de ce type tournant autour de Dark Vador qui étranglait tout le monde, et celle-ci était rigolote, oui.

 

Le tome 2 comprend les épisodes 4 à 7 de la série. Charles Soule les scénarise tous, mais Phil Noto, même s’il n’y finit pas son run, ne dessine que les trois premiers – le dernier, c’est Angel Unzueta qui s’y colle, qui fait ainsi ses premières armes sur Poe Dameron.

 

À l’instar du premier volume, L’Escadron Black, celui-ci, titré Sous les verrous, se montre assez efficace, dans son registre pulp relativement léger. L’Escadron Black se rend sur une planète pénitentiaire pour y dénicher des informations sur Lor San Tekka – mais, une fois de plus, Terex les a pris de vitesse… et nos héros sont confrontés à un fâcheux dilemme, ce qui représente un peu leur quotidien, au fond.

 

 

Leur informateur est un personnage assez haut en couleurs, Grakkus le Hutt, apparu initialement dans le deuxième volume de la série régulière Star Wars, intitulé Épreuve de force sur Nar Shadaa.

 

Forcément un baron du crime, ce mafieux adipeux se caractérise, outre ses membres cybernétiques qui lui permettent de se déplacer, par une véritable passion de collectionneur pour tout ce qui concerne les Jedi. Dans Star Wars, c’était précisément pour cette raison que Luke Skywalker lui rendait visite… ce qui s’était très vite avéré une mauvaise idée, le Hutt ayant fait prisonnier le naïf fermier.

 

Trente ans plus tard, Grakkus est toujours aussi passionné par les artefacts liés à la Force, et c’est bien pourquoi il pourrait mener l’Escadron Black à Lor San Tekka… et donc à Luke Skywalker – décidément ! Mais TANSTAAFL, hein ?

 

Grakkus jouera indirectement un petit rôle plus tard dans la série – ce qui est en soi anecdotique, sans doute, mais révèle que le personnage entretient finalement avec Poe Dameron une relation peut-être vaguement ambiguë ?

 

 

Mais le dernier épisode de ce volume, un one-shot, introduit un personnage autrement déterminant pour la suite des opérations : Suralinda Javos, une journaliste squamatienne (une espèce qui a beaucoup souffert de la cruauté de l’Empire), et une connaissance de Poe Dameron.

 

Elle essaye d’en jouer pour obtenir un scoop, car elle est volontiers manipulatrice… mais ce à quoi elle assistera, en guise de conséquences de ses mesquines magouilles, l’amènera à ouvrir les yeux sur les natures respectives de la Résistance et du Premier Ordre, et à intégrer les rangs de l’organisation de la générale Organa – en définitive, elle intégrera à son tour l’Escadron Black, aux commandes d’un A-Wing RZ-2 (mais elle n’apparaît pas dans le jeu X-Wing).

 

Je ne suis pas bien certain de ce que je pense de ce personnage. Je crois, en fait, que cette première apparition m’a incité à me montrer sceptique pour une raison en vérité secondaire : le style graphique d’Angel Unzueta me parlait beaucoup moins que celui de Phil Noto, et le personnage faisait un peu trop « bonnasse mais en bleu » à mon goût. Le côté un-peu-cynique-mais-pas-totalement-non-plus du personnage devrait jouer en sa faveur, mais… mouais…

 

 

Le tome 3, La Tempête approche, dans lequel tout est à nouveau dessiné par Phil Noto, qui conclut ainsi son run sur la série, commence à adopter un ton plus grave que les précédents – pour partie du fait, exposé plus haut, que c’est ici que nous en apprenons davantage sur le passé de l’Agent Terex, et ces passages sont très réussis.

 

Mais, au présent, les drames s’enchaînent – la pénible trahison d’Oddy Muva, avec sa pénible justification, ne plaide pas vraiment en faveur de cet arc, mais, après quelques malhonnêtetés dont Soule se montre parfois coutumier (ici, un twist absolument pas crédible pour un sou même s’il débouche sur une scène amusante), ce troisième volume comprend bel et bien un retournement inattendu : la mort de L’ulo L’ampar ! Et ça, je dois avouer que ça m’a pris totalement par surprise…

 

 

Côté antagonistes, ce troisième tome se conclut sur la première apparition du méchant « alternatif » de la série : la Commandante Malarus. À ce stade, nous n’en savons encore rien, mais, dans les tomes suivants, elle s’avérera bien vite être un méchant très caricatural, beaucoup moins riche et complexe que l’Agent Terex : c’est une sadique assumée, obsédée par l’idée de perfectionnement pour elle-même, qu’elle travaille en usant de diverses drogues – et tous les autres lui sont naturellement inférieurs, bons seulement à être torturés…

 

 

À la différence du pourtant bien plus intéressant Terex, le Commandant Malarus a intégré le jeu X-Wing, étrangement en tant que pilote de Chasseur TIE/fo – plutôt efficace, d’ailleurs, à vue de nez, de par sa capacité spéciale potentiellement intéressante et son initiative de 5.

 

Mais en tant que personnage de BD…

 

 

Le quatrième tome de Poe Dameron, Disparition d’une légende, marque une rupture à plus d’un titre – mais d’abord et surtout parce que Phil Noto est remplacé définitivement par Angel Unzueta au dessin. Comme je l’avais dit plus haut, j’ai trouvé ça plutôt regrettable, tout en reconnaissant que le dessinateur espagnol sait mettre en scène les batailles spatiales, qui deviennent toujours plus épiques à mesure que la série progresse et que l’affrontement avec le Premier Ordre devient toujours plus ouvert.

 

À noter, ce quatrième volume comprend également en son milieu le premier annual de Poe Dameron, scénarisé par Robbie Thompson et dessiné par Nik Virella. Il n’y a hélas pas grand-chose à en dire, c’est au mieux médiocre, et je n’en retiens guère que l’amusant gimmick sur le faciès renfrogné de Leia…

 

 

Laquelle joue un rôle particulier dans cette histoire, mais par la force des choses : en effet, à en croire l’éditorial de ce volume, l’ouverture du premier épisode, qui porte sur les funérailles de L’ulo L’ampar, aurait été écrite par Charles Soule le jour même de la mort de Carrie Fisher. Je ne sais pas quel crédit on peut accorder à cette histoire, un peu « trop belle pour être vraie », mais il est certain que l’auteur développe dans ces planches un double discours qui ne laisse pas indifférent. À ceci près, mais je suppose que c’était difficile à éviter, qu’il succombe forcément à un certain lacrymalisme motivationnel et violoneux typique des récits mettant en scène l’hommage rendu par les frères d'armes aux héros tombés au combat…

 

Le reste de l’arc est plus classiquement – et efficacement – orienté vers l’action, même s’il repose sur une idée assez saugrenue : en gros, faire un remake de Speed à la sauce Star Wars… Cela fonctionne plutôt honnêtement, pourtant, en dépit là encore de quelques « malhonnêtetés » de Charles Soule (des explosions « mal attribuées »…), et du fait que la commandante Malarus est un antagoniste beaucoup moins intéressant que l’Agent Terex.

 

 

Cela dit, celui-ci n’a pas disparu de la série, loin de là. Seulement, son équivalent Premier Ordre du discours motivationnel des funérailles de L’ulo L’ampar, assez lourdement monté en parallèle, n’a pas convaincu la Capitaine Phasma, et Terex se voit châtier de la pire des manières : on lui attribue des implants qui brident sa personnalité (et, notamment, on y insiste, sa capacité à mentir, outre celle à désobéir), en faisant un simple ordinateur humain en proie aux cruautés puériles de Malarus.

 

Et là je ne peux m’empêcher de me demander si Charles Soule n’a pas quelque chose avec les implants : après tout, dans Lando : le casse du siècle, il avait accordé un rôle de premier plan à Lobot, en racontant justement comment le personnage s’était retrouvé à jamais soumis à ses propres implants…

 

Mais Terex n’est pas Lobot – sa force de volonté est tout autre ; et, dans la suite de la série, nous le verrons circonvenir ses implants… d’une manière assez terrible et qui, en ce qui me concerne, ne fait que renforcer une fois encore l’intérêt de ce personnage décidément très réussi.

 

 

De manière plus anecdotique, je relève que cette BD, comme beaucoup d’autres, met en scène de nombreux vaisseaux, dont certains sont bien connus (abondance, ici, de Chasseurs TIE/fo et TIE/sf), mais dont d’autres ne figurent pas (encore ?) dans X-Wing.

 

Dans bien des cas, je n’en vois pas assez et n'en sais pas assez pour ne serait-ce que les identifier, mais, ici, un vaisseau du Premier Ordre est assez récurrent, piloté par Malarus et Terex, d’ailleurs, qui est la Navette légère de classe Xi – une sorte de Lambda inversée.

 

Pas dit qu'en jeu la faction du Premier Ordre en bénéficierait vraiment, elle qui dispose déjà de la chouette (et plus agressive) Navette de commandement de classe Upsilon, mais je le note pour mémoire.

 

Le cinquième volume, La Légende retrouvée, conclut à maints égards l’intrigue au long cours de la série Poe Dameron : en effet, Poe et ses camarades y parviennent enfin à mettre la main sur Lor San Tekka – ce qui prépare la scène introductive du Réveil de la Force, sur Jakku.

 

Mais cette première rencontre a lieu dans un tout autre contexte : sur Cato Neimodia, la planète des Neimodiens, comme le vice-roi Nute Gunray, que la prélogie nous a amenés à associer, d’abord avec la Fédération du Commerce, puis avec la Confédération des Systèmes Indépendants.

 

Dès lors, cet arc établit comme une passerelle, et non sans pertinence, entre la prélogie et la nouvelle trilogie : les Neimodiens n’y suffisent pas à eux seuls, mais ils s’entourent de droïdes, fantassins comme chasseurs, qui renvoient bel et bien à la guerre des Clones – et Leia, qui joue un rôle central dans cette histoire, en montant un cambriolage audacieux (et, une fois de plus, absolument pas crédible… mais distrayant, OK, sur un mode un peu Ocean’s Eleven), Leia donc en rajoute à cet égard, en usant en guise de leurre des robes de sa mère – sa vraie mère, Padmé Amidala de Naboo (à noter, dans Les Ruines de l’Empire, il y avait donc déjà quelque chose de cet ordre, qui contribue encore à renforcer les liens de l’ensemble).

 

 

Quoi qu’il en soit, ce choix narratif produit des séquences assez improbables, mais plutôt enthousiasmantes, qui opposent l’Escadron Black à une nuée de dizaines voire de centaines de Chasseurs droïdes de classe Vulture.

 

Or, à un moment, leur propriétaire neimodien se targue de ce qu’il a fait trafiquer le « programme d’auto-préservation » des chasseurs droïdes – et là, ça m’a immédiatement fait penser à une carte pas encore existante mais qui intégrera X-Wing dans la vague 4 et qui a déjà été spoilée : DBS-404 le bien nommé, « Preservation Protocol Not Found », un bombardier de classe Hyena qui a l’air très, très amusant…

 

 

Comme l’est cet arc, dans l’ensemble – même avec des lourdeurs non négligeables, dont le sacrifice d’Ivé, qui, après ceux de L’ulo L’ampar et d’Oddy Muva, a quelque chose d’un expédient assez lourdingue… et de même sans doute que le mariage entre Temmin Wexley et Karé Kun, en contrepoint des funérailles de L’ulo. Bon…

 

 

Et nous en arrivons au sixième et dernier volume de la série, Le Réveil. Qui est totalement différent des précédents.

 

En effet, si le tome 5 se concluait juste avant Le Réveil de la Force, ce tome 6 se situe presque intégralement après Les Derniers Jedi – en adoptant au passage une structure narrative plus complexe, avec de nombreux récits enchâssés, dont un nombre non négligeable de flashbacks.

 

Un exercice plus casse-gueule que les récits plus francs du collier qui constituaient jusqu’alors l’essentiel de la série, mais dont Charles Soule, ça lui arrive, se tire très bien : à vrai dire, ce dernier volume a constitué à cet égard une très bonne surprise, en ce qui me concerne.

 

Et il a aussi confirmé une chose dont j’avais vaguement l’intuition depuis quelque temps. Si je n’ai pas vraiment envie, ici, de me lancer dans les polémiques concernant Le Réveil de la Force et Les Derniers Jedi (mon avis n’est certes pas très favorable, surtout concernant l’épisode VII à vrai dire, dont l’indigence scénaristique a quelque chose de la mauvaise blague, mais je suis relativement bon public en même temps et ne crois pas faire partie des rageux), je crois qu’on peut assez objectivement constater combien l’univers décrit dans ces films, et leurs intrigues à proprement parler, souffraient de très nombreux, très voyants et parfois très embarrassants trous. Au point où des choses essentielles étaient passées sous silence ou peu s’en faut, qui rendaient l’ensemble un peu incohérent, difficile à appréhender, et clairement pas satisfaisant, car clairement pas à la hauteur.

 

Ici, l’univers étendu, je crois, s’avère d’une aide précieuse, et, à l’occasion, pas systématiquement mais à l’occasion, en comblant plus ou moins ces trous, il révèle que cet univers… eh bien, pourrait être très intéressant en tant que tel. Ce qu’il n’est pas à s’en tenir aux seuls films, je le crains…

 

Et ce tome 6 de Poe Dameron me paraît en faire la démonstration – même quand il s’attache à raconter quelque chose d’aussi prosaïque et anodin à vue de nez que, dans le premier épisode, la manière dont Poe a survécu à son crash sur Jakku, après avoir fait s’éjecter Finn.

 

Soule s’applique, Unzueta aussi d’ailleurs, et le résultat m’a paru tout à fait convaincant.

 

 

Mais il y a donc une grosse rupture temporelle par rapport au tome 5.

 

Ici, l’aventure débute à bord du Faucon Millenium, en train de fuir avec les principaux héros des films à son bord, après la bataille de Crait.

 

Et c’est l’occasion d’introduire en dernier recours dans la série Poe Dameron les héros des films qui n’y avaient pas encore eu droit, pour les raisons évoquées plus haut (avec hélas cette conséquence fâcheuse qu’Angel Unzueta doit y batailler avec les visages des acteurs, pour un résultat pas toujours très probant).

 

 

Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais le volume s’ouvre donc sur une discussion entre Poe Dameron et deux camarades inédits.

 

 

Rey, tout d’abord, forcément très perturbée par les événements récents, et emplie de doutes quant à son rapport à la Force…

 

 

… Mais aussi Finn, bien sûr, qui a vécu des aventures avec Poe lui-même, et que sa toute récente épopée, plus ambiguë initialement, au côté de Rose Tico, a confirmé quoi qu’il en pense dans son statut de héros.

 

 

Rose Tico elle-même récupère de ladite épopée, et n’est entrevue que dans une seule case, veillée par Finn comme de juste.

 

 

Mais on croise aussi quelques vétérans dans le Faucon Millenium, et notamment Nien Nunb, qui retrouve son siège dans le YT-1300, même si, dans les rangs de la Résistance dans X-Wing, il est lui aussi un pilote de X-Wing T-70...

 

 

Mais il y a aussi son bro poilu le puissant Chewbacca.

 

Cependant, ils ne font guère qu’apparaître brièvement dans cette histoire.

 

 

C’est probablement l’occasion de noter, en revanche, que Chewie a un rôle plus important dans le second annual de Poe Dameron, qui conclut anachroniquement ce recueil (il est situé avant Le Réveil de la Force), et qui est scénarisé plutôt honnêtement par Jody Houser (laquelle a également signé l’adaptation de Thrawn, assez bof, même si incomparablement plus satisfaisante que l’horrible et pourtant célèbre « Cycle de Thrawn » de l’univers Légendes, lu depuis et que j’ai absolument détesté…), et dessiné par Andrea Broccardo, hélas dans un style un peu cartoonesque qui ne m’a vraiment pas convaincu.

 

 

Il n’y a pas grand-chose à en dire, si ce n’est que, dans tout Poe Dameron, c’est le seul moment où Han Solo intervient véritablement…

 

 

… Lui qui n’est autrement cité que de temps à autre, essentiellement ici dans les flashbacks portant sur Le Réveil de la Force, et systématiquement comme « le vieux fou ».

 

Bien sûr, le rapport de Leia Organa à tout cela est un peu différent – oui, elle est elle aussi à bord du Faucon Millenium.

 

 

Autrement, les joueurs de X-Wing apprécieront peut-être le passage très fan service où l’Escadron Black est contraint à voler sur des « antiquités » : Poe Dameron pilote un Chasseur de têtes Z-95-AF4 (doté d’un Canon ionique, ce qui est impossible dans X-Wing), Karé Kun un Chasseur Torrent V-19, Jess Pava un Chasseur ARC-170 et Temmin Wexley un ETA-2 Actis Intercepteur, vaisseau absent du jeu et que je ne connais pas du tout.

 

 

Mais l’Escadron Black joue bien sûr un grand rôle dans ce tome-ci, et en deux temps : d’abord au travers de flashbacks, là encore, portant sur les événements du Réveil de la Force ou l’ayant immédiatement précédé.

 

Il y a notamment cette scène assez improbable où Karé Kun et Temmin Wexley font un repérage de la Base Starkiller, « Snap » étant monté dans une sorte de « planeur spatial » conçu par Jess Pava (qui, rappelons-le, invente également dans ce volume le dispositif de MASL du Black One). Pour quitter les lieux, Karé Kun est amenée à utiliser ses S-Foils intégrés de manière fort peu conventionnelle (et à vrai dire un peu ridicule)…

 

 

Mais l’ultime flashback du Réveil de la Force a lieu au début du troisième épisode, qui revisite la bataille finale dudit épisode VII ayant débouché sur la destruction de la Base Starkiller (le deuxième épisode était déjà revenu, mais un peu plus lapidairement, sur la bataille de Takodana).

 

 

Le récit qui nous en est fait consiste en un dialogue entre deux personnages alors non identifiés – mais dont l’un a clairement participé à la bataille.

 

Cette narration a entre autres ceci d’intéressant, tout spécialement pour un joueur de X-Wing, qu’elle évoque plusieurs pilotes résistants parmi ceux qui sont tombés lors de la bataille (ils étaient douze au départ, et sept sont rentrés).

 

Et nous avons les noms de certains de ces pilotes – la plupart sont absents d’X-Wing : Furillo, Pallaris Ven, Sar Bel-Sun… Peut-être les verra-t-on un jour en jeu ? Je ne le garantirais vraiment pas, mais, sait-on jamais…

 

Car un des pilotes de X-Wing T-70 mentionnés ici figure bel et bien dans le jeu, et c’est Ello Asty – un pilote relativement capé et intéressant, d’ailleurs.

 

 

Mais malchanceux ? Un de nos conteurs anonymes relève qu’il répondait à l’identifiant Red 6, soit le même que celui de feu Jek Porkins, pilote de X-Wing T-65 tombé lors de la bataille de Yavin…

 

 

Une allusion qui peut nous mettre la puce à l’oreille – moins cependant que le fait, pour nos narrateurs, de systématiquement mentionner, outre les pilotes qui sont morts durant l’assaut de Starkiller, les astromechs qui volaient avec eux et qui ont péri eux aussi (en fait, cela vaut également pour Jek Porkins).

 

 

C’est que nos narrateurs n’étaient autres que BB-8 et R2-D2… que C-3PO sermonne : leur discours dépressif est hors de propos, et ils ont à faire !

 

 

Oui, il y a à faire : les derniers épisodes de la série montrent l’Escadron Black, sous les ordres de « Snap », chercher partout de l’aide contre le Premier Ordre, et souvent en vain – ils sont inconscients par ailleurs du sort de D’Qar comme de Crait, tandis que Poe Dameron ronge son frein dans le Faucon Millenium.

 

Et cela nous vaut des batailles plus épiques et désespérées que jamais (où Suralinda Javos remplace feu L’ulo L’ampar dans un A-Wing RZ-2), bien en accord avec le sentiment de désastre absolu mais d’autant plus héroïque qui imprègne Les Derniers Jedi (comme L’Empire contre-attaque en son temps, de toute évidence, même si avec beaucoup moins de rigueur).

 

Pourtant, la conclusion, bien sûr, se doit d’être plus… lumineuse.

 

Et la suite ? Eh bien, a priori, ce sera dans l’épisode IX, la série Poe Dameron s’achevant ici. Mais peut-être le « voyage vers l’épisode IX », comme pour les VII et VIII, permettra-t-il d’en savoir un peu plus avant ?

 

Et ça serait peut-être bien – parce que, au sortir de cette série, par ailleurs très inégale, la conviction demeure de ce que l’univers étendu apporte bel et bien quelque chose à l’édifice de la nouvelle trilogie… et parfois avec plus de pertinence et d’impact que les films.

 

Restez tunés…

Voir les commentaires

May the 4th be disco !

Publié le par Nébal

May the 4th be disco !

May the 4th be with you, hein ? Allez, ça méritait bien un petit article, sur un blog tel que celui-ci…

 

 

Et en relevant d’emblée que, cette année, La Date a quelque chose d’un peu triste, du fait du décès, il y a moins d’une semaine, de Peter Mayhew, l’acteur derrière l’épaisse fourrure de Chewbacca…

 

 

Nous supposerons qu’il a rejoint Carrie Fisher dans une lointaine galaxie toute de délires capillaires et de héros badass en même temps que gentils.

 

 

Mais, dans ce bref article, je veux surtout vous causer de musique. Je ne vous apprends rien : les mythiques compositions de John Williams pour les films Star Wars ont eu un impact considérable, comme un sommet de la bande originale épique.

 

Et elles ont de fait été beaucoup plagiées… et adaptées, de manière parfois très improbable. Ce qui a donné le pire (surtout) comme le meilleur.

 

Je n’ai pas l’intention, ici, de faire un relevé exhaustif ou même ne serait-ce qu’un tout petit peu ample de la matière – l’excellent Erwann Perchoc y a consacré un très bon article sur le blog de Bifrost, auquel je vous renvoie. Je veux essentiellement vous parler du meilleur – qui est forcément du disco.

 

Mais avoir un point de comparaison peut s’avérer utile, pour apprécier le talent de Meco, le héros de ce bref article. Bien évidemment, dans ce contexte, et dans notre beau pays d'en-France, il est difficile de faire l’impasse sur la célébrissime et catastrophique performance télévisée de René Joly, sur des paroles d’Étienne Roda-Gil…

Par chance, dans ce même beau pays d'en-France, on a pu faire mieux (si, si) – et je clame une nouvelle fois à la face du monde combien j’aime d’amour le mashup de DJ Zebra, délicieusement improbable et scandaleusement pertinent, qui plaque sur le thème de la « Marche Impériale » les éructations du « J’arrive » de Joey Starr (Et donc « Joey Starr Wars », voilà, c’est parfait), avec tant qu’à faire le beat légendaire autant que monstrueux du « Da Funk » de Daft Punk pour rendre l’ensemble plus menaçant et dansant encore. Par-fait !

Mais ce que je veux mettre en avant, ici, c’est le travail de Meco, de son vrai nom Domenico Monardo, un musicien de session et producteur américain amateur de SF, qui, dès 1977, dans la foulée de l’épisode IV et de son incroyable succès commercial, qui s’était également reporté sur les enregistrements de la bande originale de John Williams, s'est dit qu'il pouvait bien en livrer sa propre version, surplombée par une boule à paillettes.

 

 

Meco a ainsi, en très peu de temps (trois semaines, dit-on), arrangé avec quelques camarades une relecture disco des thèmes les plus fameux d’Un nouvel espoir, en une longue face A d'un album intitulé Star Wars and Other Galactic Funk. Et ça s'est très bien vendu, et à bon droit, parce que c’est absolument génial. Oui, je suis parfaitement premier degré, là : c’est gé-nial.

 

 

Et un rappel bienvenu de ce que, en cette époque bénie (oui, bénie : comme disait je ne sais plus qui, James Murphy peut-être ? à la fin des années 1970, il y avait le punk et le disco ; et pourquoi choisir entre les deux quand on pouvait avoir les deux ?), en cette époque bénie, donc, le disco, via éventuellement son sous-registre le space disco largement associé à l’italo disco, cette musique qui collait la fièvre tous les samedis soirs entretenait des liens incongrus avec la science-fiction, même si essentiellement son registre le plus populaire et souvent kitsch (la couverture de l’album de Meco en témoigne assurément, qui n’a certes pas grand-chose à voir avec Star Wars). Elle en dérivait des pistes assez incroyables, parfois, œuvres de producteurs discrets mais qui savaient combiner l’impact commercial le plus brouzoufeux qui motivait au premier chef leur travail, on ne va pas se mentir, et une certaine audace, une inventivité enthousiaste, un goût improbable pour l’expérimentation parfois, qui débouchaient sur des enregistrements certes parfaitement archétypaux de cette époque, et souvent oubliés depuis, mais qui, quand on les ressuscite, conservent régulièrement une efficacité probablement kitsch mais pas moins délicieuse, et font toujours autant trémousser le popotin une quarantaine d’années plus tard ; bien plus à vrai dire, en ce qui me concerne, que la plupart de nos avatars contemporains de la musique à danser. Que celui qui n’a pas songé à s’acheter une boule disco en écoutant en boucle le « Cybernetic Love » de Casco me jette le premier astéroïde ! En pattes d’eph, bien sûr. Et avec l'intégralité de la discographie de Daft Punk (on y revient), qui puise/pompe à l'évidence à peu près tout là-dedans.

 

Alors voilà : Meco, enjoy !

Et, pour les plus courageux seulement, voyez tant qu’on y est ce que la télévision française, une fois de plus, a osé/tenté d’en faire…

À noter, le Star Wars and Other Galactic Funk de Meco, sorti juste après le film, en 1977, ne porte bien sûr que sur la musique de l’épisode IV. Mais Meco a pu revenir sur ce projet ultérieurement, de manière sans doute un peu moins inspirée globalement – ceci dit, dans un registre agréablement cheesy, sa relecture de la fameuse « Marche Impériale » (qui n’apparaît qu’avec L’Empire contre-attaque) vaut le détour, même si on est assurément aux antipodes de « Joey Starr Wars »…

Quoi qu’il en soit, maintenant et à jamais, may the 4th be disco !

Voir les commentaires

Luke Skywalker : légendes, de Ken Liu

Publié le par Nébal

 

LIU (Ken), Luke Skywalker : légendes, [The Legends of Luke Skywalker], traduit de l’anglais par Tristan Nivert, Paris, Pocket, coll. Star Wars, [2017] 2018, 287 p.

 

Alors, ça n’arrivera pas tous les jours, hein, mais j’ai fait une chronique de ce roman de Ken Liu attaché à la licence Star Wars, qui a été publiée dans le Bifrost n° 94, dans le cahier critique, pp. 103-104.

 

Je suppose qu’elle est tout aussi bien à sa place sur ce blog que sur mon Welcome to Nebalia, alors…

 

Le moment venu, cette chronique figurera sur le blog de la revue, et j’en donnerai alors le lien ici, en même temps que j’en ferai une vidéo.

 

EDIT 31/07/2019 : la chronique a été mise en ligne, et vous la trouverez ici.

 

Mais, d’ores et déjà, vos commentaires, critiques, etc., sont les bienvenus, comme d’hab’.

Voir les commentaires

Autour de Lando

Publié le par Nébal

Autour de Lando

LANDO, DEUX ÉPOQUES

 

Après avoir évoqué, il y a quelques temps de cela, la mystérieuse Capitaine Phasma, j’ai eu envie, aujourd’hui, de passer à un personnage autrement plus ancien, et, dès lors, autrement mieux connu : le légendaire Lando Calrissian. Dès lors, cet article aura forcément une approche différente, car je ne saurais vous en apprendre beaucoup quant à ce personnage aux nombreuses aventures. Si j’ai choisi d’en traiter aujourd’hui, c’est parce que l’actualité BD (française) m’y incite : en effet, est parue tout récemment, chez Panini, Lando : Quitte ou double, qui est la deuxième mini-série Marvel consacrée au personnage de Lando (un cas pour l’heure unique) – et j’ai supposé que cela valait bien le coup d’en parler, et tant qu’à faire de remonter également à la première mini-série, en français Lando : Le Casse du siècle.

 

D’autant que, sans vraie surprise pour le coup, ces deux mini-séries mettent en scène le personnage à deux moments bien différents de sa vie : en fait, là où Le Casse du siècle se situe quelque part entre Un nouvel espoir et L’Empire contre-attaque, Quitte ou double se situe immédiatement avant Solo.

 

 

Et ce sont deux Lando passablement différents. Le premier, bien sûr, l’original, était incarné à l’écran par Billy Dee Williams – apparu dans L’Empire contre-attaque, il était toujours de la partie dans Le Retour du Jedi, même si, dans les deux cas, il ne prenait pas forcément beaucoup de temps de présence à l’écran ; ceci dit, son rôle était tout de même déterminant à chaque fois.

 

 

À noter, on avance que Billy Dee Williams reprendra le rôle de Lando Calrissian dans l’épisode IX, annoncé pour décembre 2019. Cela ferait de Lando, dont le sort après Le Retour du Jedi était du coup un peu mystérieux, un de ces personnages de la licence que l’on suit sur trois générations, et les autres lui sont liés, puisqu’il s’agit de Han Solo et de Chewbacca – avec trois états différents du Faucon Millenium, qui est bien initialement le « Faucon de Lando »…

 

 

Mais, pour l’heure, nous n’en sommes pas là, et seule la génération antérieure du personnage nous est accessible, depuis le film Solo, dans lequel Lando est incarné, avec un certain magnétisme, par Donald Glover, aka Childish Gambino.

 

Et les deux mini-séries traitent donc chacune d’une génération différente.

 

 

Lando apparaît à plusieurs reprises dans les cartes de X-Wing.

 

Tout d’abord, on le trouve trois fois en tant que pilote. Initialement, il était un des pilotes nommés du Cargo léger YT-1300 modifié, soit l’avatar rebelle du Faucon Millenium.

 

 

Depuis, et forcément, nous l’avons également découvert comme pilote du Cargo léger YT-1300 personnalisé, soit l’avatar racaille du Faucon Millenium, antérieur au précédent, et directement issu du film Solo.

 

 

Mais, le concernant, il faut aussi mentionner que Lando Calrissian peut être également le pilote d’un Vaisseau de secours, la différence matérielle essentielle entre les trois états du Faucon Millenium

 

 

… opportunité qui lui est conférée par le titre Faucon Millenium de Lando.

 

Plus exactement, on peut jouer le Vaisseau de secours sans, c'est seulement la possibilité de l'arrimage qui est ici prise en compte.

 

Je ne vais pas rentrer dans les détails : j’avais comparé les différentes versions du YT-1300 dans mon article sur le kit de conversion de la Résistance – même si je suppose que mes idées sur la question ont pu pas mal changer depuis… même si c'est assez récent. Mais justement : j’envisage de revenir plus en détail sur tout cela au travers d’une chronique de l’extension Faucon Millenium de Lando, même si, en tant que joueur impérial, je risque de passer à côté de pas mal de choses… Bon, on verra bien.

 

 

Nous n’en avons de toute façon pas fini avec Lando Calrissian dans les cartes de X-Wing, puisqu’il faut prendre en compte qu’il est également disponible en tant qu’équipage pour les factions de l’Alliance Rebelle et des Racailles et Scélérats – là encore fonction de deux générations différentes.

 

Ce qui me paraît intéressant, ici, c’est que ces deux cartes expriment toutes deux l’idée d’un Lando joueur – plus précisément, un champion du sabacc, le jeu de cartes le plus populaire de l’univers Star Wars. En fait, le concept même du jeu de sabacc a été initialement développé dans un roman de l’univers « Légendes » justement consacré à Lando Calrissian, et l’association du personnage et de ce jeu n’a fait que progresser depuis, ce dont le film Solo témoigne plus que jamais.

 

 

Ceci étant, le jeu X-Wing peut faire allusion au sabacc en dehors du seul personnage de Lando Calrissian – que l’on pense notamment au pilote de TIE/sk Striker connu sous le pseudonyme de « Pure Sabacc » (soit la main ultime de ce jeu).

 

 

Seulement, avec Lando, cet attrait pour le sabacc se traduit en jeu par des effets assez... eh bien, ludiques, misant sur le pari et la chance.

 

L’équipage rebelle reprend ici pour partie son ancêtre en v1, mais tout de même en le rendant un peu moins aléatoire, et donc un peu moins risqué (ou, pris en sens inverse, les probabilités que cette action s’avère profitable sont désormais bien plus élevées) : c’est que Lando est un maître dans sa partie (et donc un tricheur expert)… même si, lors d’une mémorable partie, il a bel et bien perdu le Faucon Millenium au profit d’un certain Han Solo.

 

 

L’équipage Lando dans la faction des Racailles et Scélérats joue plus classiquement sur le principe de la relance : la dimension « joueuse » demeure, mais sur un mode plus orthodoxe.

 

À noter, Lando pilote racaille, aussi bien du YT-1300 que du Vaisseau de secours, dispose d’une autre option de relance, proche dans l’esprit mais reposant sur une mécanique différente.

 

 

Et, là, une question se pose, j’imagine : si Billy Dee Williams revient bien dans l’épisode IX, cela se traduira-t-il dans X-Wing par un Lando de la Résistance, pilote, équipage, ou peut-être artilleur ? Mais quelle est la marge de manœuvre de FFG en l’espèce ? Si Lando est d’une manière ou d’une autre toujours associé au Faucon Millenium, cela peut s’avérer problématique, l’idée étant, en principe, de ne pas intégrer dans les extensions à venir reprenant le contenu v1 des cartes absentes des kits de conversion – en l’espèce celui de la Résistance, dans lequel figure déjà le YT-1300 récupéré… Je suppose que des biais sont envisageables, mais… Honnêtement, je ne me sens pas de spéculer davantage – mais je crois que la question devait être posée.

 

LE CASSE DU SIÈCLE

 

 

Voyons maintenant ce que les deux mini-séries ont à nous apprendre concernant Lando, en ayant toujours en tête, aussi souvent que possible du moins, d’établir des passerelles avec le jeu X-Wing.

 

Je vais commencer par examiner Le Casse du siècle, en privilégiant l’ordre de parution plutôt que la chronologie interne de la saga.

 

Lando : Le Casse du siècle est donc une des premières mini-séries de la licence canonique Star Wars chez Marvel. En 2015, l’éditeur avait en effet choisi, outre les séries régulières Star Wars et Dark Vador, de consacrer des mini-séries, généralement constituées de cinq épisodes, autour de personnages majeurs de la saga (ce qui n’excluait pas, à la même époque, d’autres mini-séries avec une approche différente, comme Les Ruines de l’Empire). La qualité de ces mini-séries était à vrai dire très variable… Je n’ai pas lu Obi-Wan et Anakin, mais le reste s’étageait entre le plutôt bon (Princesse Leia), le correct (Chewbacca), le plutôt mauvais (Han Solo – surtout en raison d’un scénario affligeant, le dessin était cependant irréprochable) et le très mauvais (Mace Windu – mini-série bavarde et moche, ambitieuse mais vraiment pas du tout à la hauteur, et finalement plus agaçante qu’autre chose).

 

Et Lando, alors ? Eh bien, très franchement, je crois que c’est la meilleure de ces mini-séries – et probablement d’assez loin. Déjà parce que le dessin d’Alex Maleev a une vraie personnalité, qui fait trop souvent défaut au travail de ses collègues sur la licence Star Wars (même s’il y a bien sûr quelques exceptions) – le dessinateur a d’ailleurs réalisé lui-même les couvertures de la mini-série, ce qui n’est plus si commun, et le résultat est de toute beauté… avec une exception, hélas celle qui a été retenue pour orner ce volume français ! Oui, c’est clairement et de loin la moins belle… Et la seule très « BD », les autres évoquent plutôt des peintures.

 

Mais si le dessin d’Alex Maleev brille, le scénario de Charles Soule se montre aussi plutôt convaincant – il tente des trucs, soigne l’ambiance… et trompe peut-être un peu les attentes du lecteur, avec habileté et pertinence, quand son récit de « casse du siècle », évoquant tant de films à la Ocean’s Eleven, se mue en un huis-clos horrifique empruntant pas mal à Alien voire à The Thing – non sans un certain humour pince-sans-rire qui s’intègre étonnamment bien dans tout ça, de même qu’une dose de mélodrame plutôt bien géré.

 

Enfin, la mini-série Lando regorge d’informations sur l’univers Star Wars, et les enjeux de cette aventure s’avèrent bien vite autrement conséquents que ce que l’on est supposé croire initialement…

 

Et, euh, du coup, oui : les gens, à partir de maintenant, je vais pas mal SPOILER les deux mini-séries, alors, attention, hein…

 

 

Si cette BD approfondit bien la psychologie de Lando (son goût du bluff, notamment – illustré ici par son rapport aux blasters, qui sont à l’en croire réservés « aux minables, aux gens sans imagination » !), elle met en scène d’autres personnages tout à fait intéressants. Si certains ne réapparaîtront probablement plus jamais dans des BD, des romans, etc., de l’univers Star Wars, il y a tout de même quelques exceptions ; deux, sur lesquelles je reviendrai plus loin, portent sur des personnages créés initialement pour cette mini-série, mais Le Casse du siècle accorde aussi une grande importance à un mystérieux personnage que nous avons occasionnellement croisé depuis fort longtemps, à savoir Lobot – en fait, la BD explique, pour le coup, un des éléments les plus mystérieux du personnage : pourquoi il ne parle pas.

 

Lobot, donc. Nous le voyons à peine dans les films – seulement dans L’Empire contre-attaque, en fait, et encore, à la toute fin du métrage, où il est intimement associé à Lando Calrissian, alors que ce dernier officie en tant qu’administrateur de la Cité des Nuages, sur Bespin (au passage, l’acteur John Hollis, qui l’incarne, est mort en 2005). Et, donc, le personnage ne parle jamais. Il attire pourtant l’attention, avec son apparence étrange – ces implants qui lui sont soudés au crâne comme une sorte de casque audio...

 

Depuis L’Empire contre-attaque, Lobot est occasionnellement réapparu dans des romans, des BD, etc. Mais, sauf erreur, la mini-série Lando est à cet égard sa seule apparition dans l’univers canonique décrété par Disney acquérant la licence Star Wars en 2012. Certains points antérieurement définis semblent toutefois demeurer valides – par exemple, Lobot serait en fait natif de Bespin, et, surtout, ce serait l’Empire qui lui aurait conféré ses implants, ceci à fin d’en faire un « ordinateur humain », une sorte de Mentat dans Dune au fond, tout spécialement compétent pour effectuer des calculs de probabilités à une vitesse inouïe (encore que la saga Star Wars nous montre régulièrement le pourtant très timoré C-3PO faire ce genre de choses), et, pour le coup, dans une optique militaire : Lobot n’a rien d’un guerrier, mais définit des stratégies et coordonne les troupes, outre qu’il peut se connecter à des réseaux informatiques complexes à distance, etc.

 

Mais nous savons aussi, sans forcément être bien certains des circonstances, que Lobot a fini par lâcher l’Empire, en s’associant au contrebandier Lando Calrissian. La BD, qui se situe donc entre Un nouvel espoir et L’Empire contre-attaque (mais elle est probablement plus proche du premier que du second, dans la mesure où Lando n’est pas encore l’administrateur de la Cité des Nuages, ce qu'il semble être depuis quelque temps quand il apparaît dans l'épisode V), la BD donc nous présente en tout cas les deux personnages comme étant de vieux amis – même si Lobot est un peu aigri, ou peut-être surtout mélancolique ; sceptique au regard des ambitions démesurées de Lando, convaincu de ce que le contrebandier joue pour perdre, mais certainement pas du genre à laisser tomber un ami – et, oui, Lobot parle, c’est ainsi que nous savons tout cela.

 

Seulement voilà : les implants de Lobot sont à la fois sa force et sa malédiction – car ils ont une fâcheuse tendance à vouloir prendre le contrôle… Lobot doit se surveiller constamment pour que cela ne se produise pas. Hélas, dans Le Casse du siècle, il est bientôt salement blessé – un état qui ne lui permet pas de conserver le contrôle. Les soins d’urgence dans une cuve à bacta auraient pu le sauver, mais la nécessité de quitter le vaisseau volé, sur le point de s’auto-détruire, les interrompt précocement, et Lobot fait le choix de laisser les implants prendre le contrôle, car c'est alors le seul moyen de sauver ses amis – tout spécialement Lando, donc, mais aussi Chanath Cha, j’y reviendrai : il sacrifie donc sa conscience – son humanité, d’une certaine manière… Et c’est pourquoi le Lobot de L’Empire contre-attaque n’a plus grand-chose d’humain, l’ordinateur a déjà emporté la partie – Lando ne reste pas moins attaché à son vieil ami, et honore son ultime sacrifice.

 

En fait, il l’honore d’autant plus que Lobot, au moment de laisser ses implants prendre définitivement le contrôle, a un dernier message pour Lando : il vaut mieux que ça… Un personnage doté d’un tel charisme, si malin, si compétent, devrait mettre ses aptitudes au service d’une cause, plutôt que de lui-même ! Et, à terme, c’est bien ce qui se produira, Lando rejoignant l’Alliance Rebelle… sous le coup du remords d’avoir trahi Han Solo. Lobot, l’ordinateur humain, est au fond, même si paradoxalement de prime abord, celui qui a enseigné au « meilleur contrebandier de la galaxie » la valeur de l’amitié, et celle de l’idéal.

 

Et là, je ne peux m’empêcher de remarquer que Lobot n’apparaît nulle part dans le jeu X-Wing. Cette BD m’incite pourtant plus que jamais à penser que le personnage a du potentiel, y compris ludique…

 

 

Quoi qu’il en soit, au début de la BD, Lando, qui joue un jeu dangereux avec la Moff Ssaria, est perclus de dettes, et contraint (plus ou moins…) d’accepter une mission qui devrait permettre d’en effacer la plupart. Il s’agit simplement de s’emparer d’un yacht spatial appartenant à un riche impérial anonyme – le vaisseau de plaisance est en cours de réparations sur un chantier orbital proche… Lando monte sa petite équipe, et s’empare sans coup férir du luxueux vaisseau.

 

Une mauvaise idée ? Il faut croire : il est aussitôt assailli par trois destroyers stellaires, rien que ça !

 

 

Lesquels emploient des armes particulières, et notamment des « mines à gravité » ; on peut douter cependant que ces mines inédites intègrent un jour le jeu X-Wing, car leur objet est avant tout d’empêcher les vaisseaux affectés de passer dans l’hyperespace, ce qui n’aurait pas vraiment d’impact ludique.

 

 

En revanche, les destroyers font usage de Rayons tracteurs… et Lando y échappe en recourant à une manœuvre particulièrement rocambolesque : le pilote habile fait en sorte que les rayons tracteurs de deux destroyers se verrouillent l’un l’autre !

 

Après quoi Lando, n’ayant plus à craindre les mines à gravité, peut passer dans l’hyperespace...

 

 

Bon, vous vous en doutez, hein : le « riche impérial » propriétaire de ce yacht répondant au nom d’Imperialis… n’est autre que l'Empereur Palpatine lui-même ! Qui n’apprécie pas vraiment que l’on s’empare de ses biens… ceci d’autant plus, à vrai dire, que l’Imperialis abrite son impressionnante collection d’artefacts Sith : Lando et ses compagnons sont ainsi amenés à entrevoir la véritable nature de l’Empereur… Mais, de manière plus pressante, ils ont surtout à composer avec la corruption suintant de ces reliques maléfiques – qui les retourne les uns contre les autres !

 

Bref : ils comprennent bien vite, mais, aheum, un peu tard, qu’ils ont fait une putain de boulette et qu’ils sont dans la merde de bantha jusqu’au cou.

 

 

Et c’est ici qu’intervient un nouveau personnage de premier plan, cette fois créé spécialement par Charles Soule et Alex Maleev pour cette mini-série – mais réapparu depuis plusieurs fois dans d’autres séries, en lien avec Dark Vador et de manière moins marquée avec le Docteur Aphra.

 

Le personnage est pour l’heure absent d’X-Wing, mais sait-on jamais ? En même temps, la situation du Docteur Aphra, justement, témoigne probablement de ce que le développement d’un personnage dans la licence Star Wars n’est en rien une garantie qu’il apparaisse un jour ou l’autre dans X-Wing… Et, dans le cas de l’archéologue, je le regrette tout particulièrement – d’autant qu’elle pourrait faire un entre-deux appréciable, mi-racaille, mi-impériale, dans la lignée des droïdes psychopathes 0-0-0 et BT-1 qui lui sont intimement associés !

 

Mais revenons au Casse du siècle. Le personnage dont je parlais s’appelle Chanath Cha, et il s’agit d’une chasseuse de primes impitoyable, ce dont témoignent ses premières apparitions dans la BD (pas dépourvues d’une sorte d’humour à froid, en même temps).

 

Et elle accomplit régulièrement des missions pour Palpatine en personne. En fait, dans l’affaire très sensible du vol de l’Imperialis, l’Empereur préfère recourir à ses services plutôt qu’à ceux de sa flotte impériale – parce qu’il est crucial que l’on ne découvre pas son goût pour les choses Sith ! Chanath Cha a donc pour tâche de reprendre le vaisseau aux voleurs… mais les instructions de Palpatine stipulent que, si l’affaire traîne trop, elle ne devra pas hésiter à détruire l'Imperialis plutôt que de courir le risque de le voir tomber entre les mains d’individus plus dangereux pour l'Empire que les crétins de voyous qui s’en sont emparés sans savoir dans quoi ils s’engageaient…

 

Nous ne voyons tout d’abord Chanath Cha qu’en armure, et elle a une dégaine assez mandalorienne – à vrai dire, elle fait beaucoup penser au légendaire Boba Fett, dont elle aurait remplacé le jetpack par des bottes à répulsion. Dans les premières planches qui lui sont consacrées, cela lui confère quelque chose d’un super-héros un peu kitsch, délibérément je suppose – mais ceci seulement pour ce qui est du visuel : la chasseuse de primes n’est pas exactement étouffée par la morale !

 

Pourtant, elle se montrera dans la suite de la BD sous un autre jour – retirant alors son casque, et révélant une femme noire musculeuse. C’est que Chanath Cha, si elle n’a initialement aucune idée de l’identité des voleurs de l’Imperialis, se retrouve confrontée à un dilemme quand elle découvre qu’il s’agit de Lando et Lobot : les personnages se connaissaient avant cela, et plusieurs éléments laissent entendre une liaison passée, et encore un peu douloureuse, entre la chasseuse de primes et l’ordinateur humain…

 

Elle fera finalement le choix de sauver ses amis – contrevenant ainsi aux instructions de Palpatine himself ! Il lui faudra sans doute le payer un jour…

 

 

Mais revenons un peu en arrière, car un certain nombre d’autres éléments associés à Chanath Cha figurent cette fois dans le jeu X-Wing – ou, plus exactement, le feront très bientôt, avec la vague 3…

 

En effet, afin de lui permettre d’accomplir au mieux sa mission, Palpatine confie à Chanath Cha un vaisseau spatial sortant de l’ordinaire, un de ses propres appareils : il s’agit du Cimeterre – et c’est clairement un Infiltrateur Sith.

 

 

En fait, un article tout récent de FFG a révélé pas mal de choses concernant le contenu de cette future extension associée à la nouvelle faction des Séparatistes, parmi lesquelles un séduisant titre Cimeterre (jouant sur l’occultation et le brouillage).

 

 

Mais cela va au-delà : si ce vaisseau avait pu être associé à d’autres personnages longtemps auparavant (en tête, Maul), la mini-série Lando : Le Casse du siècle en introduit un nouveau, spécialement créé pour l’occasion, le droïde O-66 – qui est en quelque sorte l’intendant du Cimeterre.

 

Chanath Cha et O-66, très vite, se cherchent des poux, un peu gratuitement à vrai dire, mais cela produit des scènes assez drôles en même temps que la psychologie des deux personnages (oui, celle du droïde aussi) s’en retrouve approfondie. O-66 est futé, et, en fin de compte, c’est d’une certaine manière lui qui l’emporte dans cette rivalité de collégiens ! En tout cas, à la fin de la BD, il se barre avec le Cimeterre, laissant Chanath Cha pour morte dans l’Imperialis sur le point de s’autodétruire…

 

 

Or l’article mentionné plus haut en a déjà fait état : O-66 sera un des pilotes nommés de l’Infiltrateur Sith – le seul à être un droïde.

 

En fait, je suppose que la carte illustre précisément O-66 s’éloignant de l’Imperialis en train d’exploser…

 

 

Rapidement, j’aimerais faire une dernière remarque – peut-être un peu plus problématique ? En effet, le choix du Cimeterre pour effectuer cette mission n’a rien d’innocent de la part de Palpatine : ce vaisseau est à même de traquer l’Imperialis à travers l’hyperespace, car il peut identifier la « signature » du yacht spatial.

 

Et je me demande si c’est bien cohérent – dans la mesure où, dans Les Derniers Jedi, on semble mettre l’accent sur le fait qu’il est théoriquement impossible de pister ainsi un vaisseau : pour le coup, que le Premier Ordre en soit capable semble témoigner d’une avancée technologique capitale, qui se traduit dans le jeu par la technologie spécifique au Premier Ordre appelée Données de pistage hyperspatial – or l’action du Casse du siècle prend place bien vingt ou trente ans avant Les Derniers Jedi

 

Mais c’est peut-être moi qui interprète mal tout cela, et pinaille quand cela n’en vaut vraiment pas la peine.

QUITTE OU DOUBLE

 

 

Mais Lando, depuis, a donc fait l’objet d’une deuxième mini-série – cas sauf erreur unique pour l’heure, mais peut-être pas si surprenant : c’est une conséquence somme toute logique de la sortie du film Solo, dans lequel le personnage incarné par Donald Glover vole plus qu’à son tour la vedette a celui incarné par Alden Ehrenreich (une question de charisme…). Le personnage de Lando est à vrai dire un des principaux atouts de ce film que j’ai trouvé bien plus sympathique qu’on ne me le disait : ce jeune homme arrogant, narcissique, horriblement imbu de lui-même, s’avère délicieusement horripilant…

 

Quoi qu’il en soit, la deuxième mini-série consacrée à Lando s’intitule Quitte ou double (Double or Nothing en VO) ; ses cinq épisodes sont parus aux États-Unis en 2018, et la BD a été presque aussitôt traduite, pour une parution française en volume en ce mois de février 2019. L’équipe aux manettes est différente de la première mini-série : le scénario est cette fois le fait de Rodney Barnes, et le dessin de l’Italien Paolo Villanelli.

 

C’est une mini-série plutôt honnête, je suppose – voire un peu plus que cela : elle bénéficie d’un rythme enlevé, et de reparties savoureuses, tout spécialement bien sûr quand il s’agit de montrer Lando et la droïde L3-37 se crêper le chignon.

 

Comme dans le film, quoi. En fait, c’est le souci de cette mini-série, en ce qui me concerne : elle est un peu redondante avec Solo… Il lui manque donc la personnalité plus affirmée du Casse du siècle.

 

En outre, l’histoire à proprement parler est un peu plate – nous sommes immédiatement avant Solo, et nous y voyons Lando faire son office de contrebandier pour des « rebelles », ceci sur une planète du nom de Kullgroon, où la population a été réduite en esclavage par les Impériaux, et dont une des principales activités est la mise au rebut de droïdes défectueux, ce qui, forcément, affecte directement la militante L3-37.

 

Lando, comme de juste, s’y montre un tout petit peu moins égoïste qu’il ne le prétend (un tout petit peu), cette mission, quoi qu'il prétende, anticipant sur sa future adhésion à l'Alliance Rebelle (une bonne vingtaine d'années plus tard, tout de même), et on trouve çà et là quelques autres allusions à son avenir – ainsi quand il balance (un peu gratuitement ?) qu’il n’a certainement pas l’ambition de devenir un jour le chef d’une colonie…

 

Ça fonctionne plutôt bien, oui – mais, voilà, c’est un peu redondant. Et, du coup, la lecture de cette mini-série nous en apprend beaucoup moins sur l’univers Star Wars que Le Casse du siècle, elle manque de véritables apports originels. Aussi n’ai-je pas forcément grand-chose à en dire dans le cadre de cet article – beaucoup moins en tout cas que pour Le Casse du siècle.

 

 

Lando mis à part, un seul personnage a vraiment de la présence, et c’est donc la droïde L3-37. Comme dans le film, la relation (ambiguë ?) entre les deux personnages passe par quantité d’échanges savoureux, chacun rivalisant d’esprit et de sarcasmes acérés.

 

Le personnage est chouette, mais le problème est donc qu’à cet égard la mini-série n’apporte finalement rien au film…

 

 

Bien sûr, depuis la sortie de l’extension Faucon Millenium de Lando, L3-37 a intégré le jeu X-Wing.

 

Comme le Lando racaille, la droïde peut aussi bien piloter le Cargo léger YT-1300 personnalisé

 

 

… que son Vaisseau de secours.

 

Et, de même que pour Lando, sa capacité de pilote demeure la même quel que soit le vaisseau qu’elle pilote.

 

 

L3-37 apparaît également en tant qu’équipage, mais avec un fonctionnement particulier – c’est une carte duale unique en son genre, car elle change de catégorie d’amélioration quand on la retourne.

 

 

En effet, l’équipage L3-37, une fois retourné, devient (définitivement) une configuration intitulée Programmation par L3-37 – un mécanisme qui, pour le coup, renvoie directement au film Solo, et c’est plutôt bien pensé.

 

L’effet de la programmation, sans être identique, est dans le même esprit que la capacité de L3-37 en tant que pilote.

 

Mais, là encore, je ne vais pas m’étendre davantage ici – je laisse tout cela pour une future chronique de l’extension Faucon Millenium de Lando.

 

 

Je n’ai pas grand-chose de plus à dire, mais il y a tout de même un point qui me paraît important – on croise en effet régulièrement dans la BD un vaisseau lui aussi apparu dans le film Solo, mais qui n’a pas (encore ?) intégré le jeu X-Wing : il s’agit du TIE Brute, ou Chasseur lourd TIE/rb.

 

Ce vaisseau a assurément la dégaine d’un TIE conçu par Sienar, mais il se distingue de ses camarades plus connus par une sorte de petite nacelle (mais rien à voir avec celles d’un Bombardier TIE/sa ou d’un TIE/ca Punisher) qui est équipée de puissants canons laser – et j’ai l’impression qu’il s’agit en fait d’une tourelle ?

 

Est-on en droit d’espérer que ce vaisseau intègre un de ces jours la faction de l’Empire Galactique dans X-Wing ? Je suppose que c’est relativement probable, ou en tout cas possible : après tout, après Rogue One, aussi bien le TIE/sk Striker que le TIE Reaper ont été développés pour X-Wing… Rien de certain, cela dit.

 

Mais j’apprécierais : pour l’heure, des trois factions originelles du jeu, seuls les Racailles et Scélérats ont bénéficié de vaisseaux inédits en v2 (trois, en fait : le YT-1300 personnalisé, le Vaisseau de secours qui va avec, et le TIE de la Guilde minière) ; apporter un peu de sang neuf (enfin, de tôle neuve…) aux factions de l’Alliance Rebelle ou, ici, de l’Empire Galactique, serait tout de même très bienvenu, oui…

 

 

Un autre vaisseau figurant dans Lando : Quitte ou double m’intrigue un peu, mais je suis pour le coup beaucoup moins sûr de moi. En effet, apparaît dans la BD une navette impériale qui, vue de loin, ressemble énormément à la Navette T4-A de classe Lambda, mais j’ai l’impression que l’habitacle est beaucoup plus gros que ce que l’on voit d’habitude (y compris sur la figurine, comme de juste).

 

Pourrait-il alors s’agir d’une autre navette impériale, par exemple une Navette de classe Sentinel ? Je n’en suis vraiment pas certain – en fait, je tends plutôt à croire qu’il s’agit bel et bien d’une Lambda, et qu’il ne faut pas accorder trop d’importance à la taille conséquente de l’habitacle dans le dessin de Paolo Villanelli ; je n’évoque donc cette hypothèse que pour mémoire – en fait parce que ce serait alors un autre exemple de vaisseau impérial ne figurant pas dans le jeu X-Wing, et pouvant pourtant s’accommoder de son format tactique.

 

SIMPLEMENT LE MEILLEUR

 

 

Et voilà pour aujourd’hui.

 

Les développements qui précèdent sortent largement de ma « zone de confort », Lando et ses camarades étant associés aux factions de l’Alliance Rebelle et des Racailles et Scélérats (en attendant – ou pas – la Résistance ?), quand je suis essentiellement un joueur impérial ; une chronique future du Faucon Millenium de Lando pourrait permettre de peser davantage ce que tout cela vaut en jeu, mais j’ai bien conscience de ne pas être le mieux à même de me livrer à ce genre d’analyse… J’ai envie de tenter le coup, cela dit – bon, on verra bien.

 

En attendant, Lando demeure un personnage que j’apprécie dans l’univers Star Wars – et j’ai notamment apprécié sa redéfinition dans le film Solo. Mais si Quitte ou double n’y apporte pas forcément grand-chose de plus, Le Casse du siècle regorge d’idées et d’informations sur l’univers Star Wars, et j’ai tout particulièrement apprécié la place qu’y occupe Lobot (ensuite seulement viennent Chanath Cha et O-66).

 

Et je vais guetter les prochaines publications chez Panini, voir si cela justifie d’autres articles de ce type…

Voir les commentaires

Autour de Phasma

Publié le par Nébal

Autour de Phasma

POURQUOI CETTE RUBRIQUE

 

En créant ce blog, j’avais émis une idée lors de mon « message de service » sur Welcome to Nebalia : je songeais à livrer de temps en temps quelques articles consacrés à l’univers Star Wars, mais seulement dans la mesure où il entrerait directement en résonance avec le matériel du jeu X-Wing – il s’agirait de parler de BD, de romans, de séries, au-delà des seuls films, mais pas pour en faire des chroniques à proprement parler (et je ne pense a priori pas en faire davantage sur Welcome to Nebalia), plutôt pour relever ce que fait tel personnage et pourquoi en jeu il a telle capacité, ou ce que les récits ou illustrations de batailles spatiales peuvent nous enseigner par rapport à tel ou tel vaisseau, son pilotage, ses spécificités, etc.

 

Dans l’idéal – et tout ne s’y prête pas, certes… Outre que je n’ai pas grand-chose à vous apprendre concernant certains personnages particulièrement iconiques : un article consacré à Han Solo ou Dark Vador ne serait d’aucune utilité, tant la matière est abondante sur le ouèbe. Peut-être cependant est-il possible de se centrer sur des personnages, mettons, moins connus ? Les adeptes du lore starwarsien connaissent sans doute déjà Wookiepedia, ce genre de choses, et je ne prétends pas du tout jouer dans la même catégorie.

 

Maintenant, on trouve dans le jeu des personnages autrement obscurs – et ce même s’ils ont rencontré un certain écho médiatique, comme on va le voir dans cet article tournant principalement autour de la Capitaine Phasma. À vrai dire, je tends à croire que la nouvelle trilogie, et plus particulièrement les romans et BD tournant autour, depuis la décision de Disney de bâtir un « canon » officiel de Star Wars (renvoyant les anciennes créations hors-films dans un univers « Légendes » non officiel), sont plus propices à ce genre d’articles – on verra bien… Voici en tout cas une première tentative.

 

LA GENÈSE DE PHASMA

 

 

Le personnage de Phasma est un cas assez intéressant, en bien comme en mal, dans le contexte de la nouvelle trilogie, de sa conception et de sa réception. La production avait semble-t-il teasé sur le personnage avant que ne sorte Le Réveil de la Force, et son visuel, celui d’un Stormtrooper massif à l’armure chromée et arborant une cape, a séduit, ou du moins intrigué, pas mal de monde dès lors. Le film une fois sorti en salles, il s’est avéré pourtant que le personnage n’apparaissait en fait que très peu à l’écran – là où le merchandising autour du personnage était déjà autrement conséquent (en fait, il semblerait que ce soit le personnage de la nouvelle trilogie dont les déclinaisons en goodies divers se sont le mieux vendues).

 

Son sort à la fin du film était un peu ambigu, mais la relative popularité du personnage a conduit la production à le faire réapparaître dans Les Derniers Jedi, ce qui n'était pas forcément prévu à la base, dit-on. Là encore, cependant, avec un temps de présence à l’écran plus que limité... Par ailleurs, le personnage est laissé pour mort à la fin du film, soit comme dans Le Réveil de la Force. Reviendra-t-elle dans l’épisode IX ? Cela n’est donc pas impossible, au regard de ce qui s’est passé précédemment, mais pas certain non plus ; nous ne pouvons que spéculer et, honnêtement, je vais laisser ça à d’autres.

 

L’écho rencontré malgré tout par le personnage est d’autant plus singulier que sa genèse a été un peu compliquée – et relevait pour partie de l’improvisation. Initialement, le design du personnage, cette armure très particulière, avait été conçu pour Kylo Ren – idée finalement rejetée car ne correspondant pas vraiment au fiston Solo-Skywalker/Organa et à son rôle dans tout ça. Quoi qu’il en soit, le concept derrière cette armure était semble-t-il initialement masculin. La décision de faire du personnage une femme n’aurait été prise que très peu de temps avant le tournage, en réaction peut-être à des critiques quant à la place ténue des femmes dans ce qui apparaissait d’ores et déjà de la nouvelle trilogie – critiques suscitant à leur tour l’indignation de fans atteints dans leur virilité dès qu’une femme apparaît dans leur série fétiche… Je ne vous refais pas le film, si j’ose dire. L’amure, cela dit, est un sujet à noter – car les « débats », un bien grand mot, ont notamment porté sur le fait qu’elle n’était pas « sexualisée » ; et là certains souvenirs de bikinis de mailles à la Red Sonja s’imposent tout naturellement… Non, c’était clairement le bon choix.

 

Et qui convenait très bien à l’actrice derrière le masque – car il y en a bien une, de la stature adéquate (1,91 m nous dit Wikipédia, merci Wikipédia), et que nous avions déjà vue briller en armure lourde dans une autre saga en parallèle, puisqu’il s’agit de Gwendoline Christie, qui joue Brienne de Torth dans Game of Thrones.

 

 

Gwendoline Christie avait sa place dans le « débat », bien sûr – et elle était ravie que l’univers Star Wars développe un antagoniste féminin de poids, même si, dans les faits, le peu de présence à l’écran de Phasma tranche donc sur son succès en termes de merchandising ou autres produits dérivés, comme le roman et la BD sur lesquels je vais principalement me baser ici.

 

Or il y a un dernier point à envisager : nous savons, nous autres spectateurs, à quoi ressemble (en principe…) Phasma, parce que nous savons que Gwendoline Christie est derrière le masque. Cependant, une bonne partie de l’attrait du personnage tient à son caractère mystérieux – et tout spécialement au fait qu’elle n’apparaît jamais sans son masque. Elle n’est certes pas la première dans les films Star Wars – mais la production a surtout évoqué le précédent de Boba Fett : les deux personnages sont (initialement du moins) des antagonistes dont on ne sait pas grand-chose, et qu’on voit peu à l’écran, mais qui représentent cependant une adversité de taille, plus qu’inquiétante, et peuvent à l’occasion avoir un rôle déterminant.

 

 

Dès lors, montrer le visage de Phasma risquait probablement d’affadir le personnage – l’hypothèse a été envisagée quand il s’est agi de la ramener dans Les Derniers Jedi, tout spécialement lors de sa scène de combat avec Finn (son ancien « protégé », mais elle en est devenue la Némésis). Finalement, c’est une autre solution qui a été retenue, plus pertinente : révéler seulement ses yeux.

 

Quoi qu’il en soit, dans le roman et la BD dont je vais vous causer aujourd’hui, cette idée qu’il ne faut pas voir le visage derrière le masque est fondamentale – ce qui ressort forcément davantage de la BD, dont la composante graphique lui permet de se montrer joueuse à cet égard, mais il y a de cela aussi dans le roman : on est parfois supposé y « voir » le visage de Phasma, derrière les mots – mais on retient probablement davantage les divers moyens dont elle use tout du long pour le dissimuler (ça sent le trouble psychologique, ça).

 

 

Ceci étant posé, avant d’explorer le personnage dans le roman et la BD qui lui sont consacrés, revenons à X-Wing. La Capitaine Phasma est une carte d’équipage spécifique au Premier Ordre, et apparue dans la vague 2, soit dans le kit de conversion du Premier Ordre.

 

Son propos est de jouer avec le stress, et reprend grosso merdo l’effet de Mara Jade en v1 – qui était un équipage impérial ; cependant, Mara Jade relève aujourd’hui de l’univers « Légendes », et il est assez peu probable qu’elle revienne dans le camp impérial. Encore que… Une des questions que je me pose, avec ce genre d’articles, c’est l’inscription exacte du jeu X-Wing dans le canon générique de Star Wars ; car on aura dès le présent article l’occasion de constater que « tout ne colle pas parfaitement », même si probablement pas à ce niveau tout de même.

 

 

Capitaine Phasma est une carte plutôt intéressante, sans être bouleversante – j’ai eu l’occasion de la jouer avec un certain succès. Elle peut s’associer, éventuellement, au Sergent Thanisson (l’équipage, pas le pilote, attention !), pour augmenter son effet. Cependant, une autre chose est à noter : pour l’heure, un seul vaisseau est en mesure d’emporter la Capitaine Phasma, et c’est la Navette de commandement de classe Upsilon.

 

Que la mécanique de Phasma joue avec le stress paraît dans l’ordre des choses : outre les films, le roman Phasma et la BD Capitaine Phasma : La Survivante montrent assurément qu’elle a de quoi stresser ses adversaires… Et à plus d’un titre : comme icone de la propagande du Premier Ordre, comme soldat impitoyable… et comme personnage fondamentalement arriviste et machiavélique, et porté à éliminer tous ceux qu’elle considère comme des témoins gênants ! Cependant, sous sa façade toute de froideur chromée, elle n’est peut-être pas aussi imperméable au stress qu’elle le prétend ? Mais elle n'entend pas laisser en vie quiconque pourrait prétendre l'avoir vue fragilisée... Alors restons prudents !

 

LE ROMAN PHASMA

 

 

Bien ! Passons au roman Phasma – et attention, les gens, je ne vais pas me gêner pour SPOILER comme un bantha (même chose pour la BD plus loin) !

 

Phasma est un roman (assez médiocre, mais ça n’est pas le propos) de Delilah S. Dawson, paru initialement en 2017 aux États-Unis, et en 2018 chez nous, dans la collection « Star Wars » de Pocket, avec une traduction de Julien Bétan. Il fait partie d’une sous-collection baptisée « Voyage vers Star Wars épisode VIII : Les Derniers Jedi » : il s’agit de préparer le film, en brodant sur les personnages, mais, attention, pas nécessairement de rapporter des événements qui se seraient produits entre l’épisode VII et l’épisode VIII – ce roman, de même que le plus récent (et plus réussi à mon goût) Luke Skywalker : légendes de Ken Liu (oui, celui-là même), se situent en fait avant Le Réveil de la Force – et c’est une raison supplémentaire, dans l’idéal, de le lire avant la BD Capitaine Phasma : La Survivante (comme de juste, j’ai fait exactement le contraire…) ; ça n’est pas indispensable, mais certains aspects de la BD se comprennent un peu mieux si on a le roman en tête.

 

La Capitaine Phasma est bien sûr au cœur du roman portant son nom, mais elle y est très longtemps envisagée de manière essentiellement indirecte – au travers de récits de seconde main.

 

 

Vi Moradi est une contrebandière et une espionne qui flirte (voire un peu plus que ça) avec la Résistance (et elle pourrait faire un personnage intéressant, de cette faction ou de celle des Racailles et Scélérats, ou entre les deux, d'ailleurs). Elle a été chargée par la générale Leia Organa d’enquêter sur le passé de la Capitaine Phasma – une redoutable Stormtrooper d’élite, qui a pris en charge la formation des soldats du Premier Ordre, lequel l’emploie aussi et peut-être même surtout comme une icône destinée à la propagande, l'incarnation même de la dignité et de la force des Stormtroopers. Or on ne sait absolument rien d’elle, en dehors de ses fonctions… En fait, son passé, de manière globale, semble avoir été effacé des registres. Mais Vi Moradi est parvenue à identifier sa planète natale, Parnassos… Elle s'y est rendue, et, quand le roman débute, la contrebandière/résistante se prépare à livrer les fruits de son enquête à la générale Organa. Mais elle tombe sur un os…

 

 

C’est qu’un autre personnage menait sa petite enquête sur le passé de Phasma – mais il s’agit d’une figure éminente du Premier Ordre ! Le Capitaine Cardinal… Ce Stormtrooper à l’armure rouge a longtemps été l’acolyte, voire le garde du corps, du général Brendol Hux – qui n’est pas le « général Hux » des films (ou de X-Wing, à cet égard) : celui que nous connaissions est en fait Armitage Hux, le fils du précédent. Cardinal, ex CD-0922, a été le premier capitaine « nommé » du Premier Ordre – c’est Brendol Hux lui-même qui lui a attribué le nom de Cardinal en remplacement de son matricule (et de son « vrai » nom, Archex, quand il était un orphelin de Jakku ; tout le monde est un orphelin de Jakku...). Surtout, Cardinal, sous la supervision de Brendol Hux, a développé le système de formation des Stormtroopers, au travers d’un programme mêlant simulations de combat et endoctrinement forcené.

 

Cardinal est un loyal soldat du Premier Ordre – tout dévoué à sa cause… qu’il idéalise totalement : pour lui, au-delà de la notion toujours polysémique du bien commun, ou de l’obsession plus connotée pour « l’ordre », le Premier Ordre (eh), c’est avant tout l’égalité, des chances et de traitement – avec aussi un côté « provincial » ou « périphérique » (en fait d’armure rouge, nous avons un gilet jaune, quoi) (pardon).

 

Seulement voilà : l’arrivée de Phasma a tout changé… La jeune femme, ramenée par Brendol Hux de Parnassos, où sa navette de sauvetage s’était écrasée, l’a bientôt remplacé aux côtés du général, a d’emblée pu porter le nom de Phasma sans passer par un matricule, a vu son armure chromée (conçue en chipant des pièces remontant à Palpatine !) presque aussitôt officialisée, cape privilégiée de capitaine incluse, et a pris toujours plus d’importance dans la hiérarchie du Premier Ordre : celui-ci en a certes fait d’abord et avant tout un outil de propagande, mais il lui a aussi confié la tâche de prendre le relais de la formation conçue par Cardinal – car seule l’expérience véritable du combat permettra de trier les bons éléments, les simulations du Stormtrooper rouge sont vides de sens ! Seulement, là où Cardinal a le sentiment de former de bons soldats et de bons citoyens dévoués à la juste cause du Premier Ordre, Phasma, elle, forme des tueurs impitoyables…

 

Cardinal est-il si naïf ? Il faut le croire… Toujours est-il que, depuis l’arrivée de Phasma au sein du Premier Ordre, il a vu ses prérogatives toujours plus rognées, jour après jour. Tout dévoué au Premier Ordre qu’il soit, il en a dérivé une jalousie et même une haine farouche pour la mystérieuse capitaine qui le pousse toujours un peu plus vers la retraite… Aussi fait-il feu de tout bois : il est convaincu que le passé mystérieux de Phasma renferme de vilains secrets qui pourraient la griller à jamais aux yeux du Premier Ordre – et lui permettre de retrouver son rang.

 

Présent lors de l’arrivée de Phasma aux côtés de Brendol Hux, Cardinal fait partie de ceux qui savent que sa planète natale était Parnassos – il ne pouvait pas s’y rendre l’air de rien, mais il surveillait la planète ; et, quand Vi Moradi en est repartie, Cardinal s’est aussitôt emparé de la résistante… Illégalement et dans le plus grand secret : il l’a emmenée dans une pièce discrète de son vaisseau, où il entend bien lui extorquer les informations à même de faire tomber Phasma ! Quitte à employer la torture – une pratique inédite pour lui… et il n'est pas très doué.

 

Mais le récit de Vi Moradi, long et contourné, forcément manipulateur, l’amènera en définitive à comprendre qu’il s’est leurré toutes ces années – il n’avait guère de doute quant au fait que Phasma cachait quelque chose, mais ce qu’il découvre est d’une tout autre envergure, et implique dans une égale mesure Armitage Hux… En fait, c’est l’image qu’il s’était faite du Premier Ordre qui est bientôt anéantie. La haine très personnelle, et fondée sur la jalousie, qu’il éprouvait à l’encontre de Phasma, lui ouvre enfin les yeux sur la réalité de sa faction adorée.

 

À la toute fin du roman, après qu’il a échoué à vaincre sa rivale au combat, il est sauvé par Vi Moradi (syndrome de Stockholm FTW), qui fuit le destroyer stellaire avec lui – le personnage pourrait bien réapparaître dans une autre faction ? Sait-on jamais…

 

(Non, je n'y crois pas vraiment.)

 

 

Or le Capitaine Cardinal figure dans X-Wing – même si de manière un peu problématique. En effet, il y est un pilote de Navette de commandement de classe Upsilon… ce qu’il n’est certainement pas dans le roman : Cardinal, comme Phasma, et c’est bien le souci, est un Stormtrooper – d’élite, certes, mais un fantassin, pas un pilote. À cet égard, le plus cohérent aurait été d’en faire un équipage, de même que sa rivale. Mais bon, un pilote, admettons – au moins, ça n’est pas un as… Cependant, avec son initiative de 4, il se retrouve au même niveau que le Major Stridan : c’est en fait un des meilleurs pilotes de cette navette… et c’est même le plus coûteux !

 

Il faut toutefois relever son sous-titre sur cette carte : « Instructeur avec des principes ». Et ça, oui, pour le coup, c’est très clairement notre Cardinal.

 

La capacité spéciale de ce pilote lui confère une fonction de soutien qui va également dans ce sens, et je suppose que l’on pourrait y voir une conséquence de son programme d’entraînement à base de simulations – mais, encore une fois, ce sont des Stormtroopers qu’il est censé former, pas des pilotes. Bon, OK…

 

Image extraite de la BD – et, non, aucun de ces personnages n’est Phasma ! En bas à gauche, nous avons Siv, la petite fille est Frey, l’homme musclé Torben

 

 

Je ne vais pas rentrer dans les détails du récit que fait Vi Moradi au Capitaine Cardinal – et qui est en fait un récit de seconde main, reprenant ce qu’a raconté à la résistante une autochtone de Parnassos du nom de Siv, qui a bien connu Phasma avant qu’elle n’intègre le Premier Ordre. Mais les grandes lignes sont importantes, qui auront des conséquences notamment sur la BD Capitaine Phasma.

 

Tout d’abord, Parnassos, douze ans avant l’interrogatoire de Vi Moradi par Cardinal, est un monde à bout de souffle : un cataclysme écologique (dont nous apprendrons plus tard qu’il est dû à l’emploi d’armes nucléaires) rend la planète toujours plus inhabitable. Le Scyre est une toute petite tribu, qui se réfugie tant que c’est encore possible dans une caverne sacrée appelée Nautilus (mouais…) ; à la tête du Scyre se trouvent un frère et une sœur, Keldo et, donc, Phasma – le premier est handicapé, ce qui lui prohibe nombre d’activités physiques, là où sa sœur, d’une taille bien supérieure à la moyenne (comme Gwendoline Christie, donc, ça tombe bien), est une guerrière redoutable. Ce qui ne suffira pas à sauver le Scyre, condamné à brève échéance, comme l’est Parnassos de manière générale.

 

Un jour, cependant, un vaisseau s’écrase sur Parnassos, non loin du Nautilus. Phasma, contre l’avis de Keldo, s’est précipitée sur le site du crash pour piller ce qui s’y trouverait, quitte à éliminer les membres de la tribu rivale des Claws, que Keldo cherchait à apaiser au travers d’une politique plus conciliante ; mais, sur place, elle tombe sur le général Brendol Hux et trois Stormtroopers du Premier Ordre ! Dont elle n’a jamais entendu parler, bien sûr : le Scyre est retourné à un stade « primitif » et Parnassos n'a plus aucun contact avec le reste de la galaxie – à vrai dire, le Scyre ne sait rien de ce qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres seulement du Nautilus ! Mais le général promet monts et merveilles à qui lui permettra de regagner son vaisseau – en fait, il offre de quitter le monde mourant de Parnassos, pour intégrer le glorieux Premier Ordre, bénéficier de sa technologie, de sa médecine, se battre pour une juste cause, etc. Et Phasma, contre Keldo là encore, choisit de partir avec le général.

 

Dès lors, sans rentrer dans les détails, car cette odyssée très post-apo est assez longue, nous verrons toujours plus Phasma, non seulement trahir tout ce qui lui est censément cher, mais aussi faire en sorte d’éliminer tous les témoins gênants – dont son frère au premier chef, mais aussi tous ceux du Scyre qui ont pourtant choisi de l’accompagner, et tout spécialement Siv, jeune femme confite de dévotion pour la guerrière, et qui a pour tâche, avec ses détraxeurs, d’extraire des cadavres les substances qui permettent au Scyre de vivre ne serait-ce qu’un jour de plus… Siv constate jour après jour la froideur impitoyable de celle qui était son amie – et elle est la seule à y survivre, par miracle, ce qui lui permettra d’en faire le récit à Vi Moradi.

 

 

Ce récit ne satisfait pas vraiment Cardinal : il ne se fait pas d’illusions quant à la moralité de Phasma, qu’il exècre. Mais ce dont il a besoin, c’est une infraction franche et incontestable aux règles du Premier Ordre ! Or la narration habile de Vi Moradi nous amène en vérité, même si par des détours, à ce qui intéresse vraiment Cardinal – et dont il se doutait depuis le départ : Phasma a tué Brendol Hux ! Son protecteur et celui de Cardinal !

 

Seulement, quand il entend la dénoncer au propre fils du général assassiné, le nouveau général Hux, Armitage de son prénom, une sévère déconvenue l’attend : Armitage Hux, non seulement savait très bien ce qu’il en était… mais il était probablement le complice de la guerrière dans l’assassinat de son propre père ! Le naïf Cardinal en prend pour son grade, si l’on ose dire… et est plus ou moins condamné à ce stade : il perdra son poste au sommet du Premier Ordre, Phasma prendra possession de tout son système de formation, et, un jour, il disparaîtra, discrètement… Sauf qu’il a son mot à dire – et, pour le coup, Vi Moradi aussi. Bye bye le Premier Ordre !

 

Notons une chose – qui vaudra pour la BD Capitaine Phasma également : si Armitage Hux est aussi détestable dans le roman que dans les films (on insiste notamment, outre son immoralité teintée de cruauté, sur son caractère d’enfant gâté-pourri – il est la parfaite antithèse, en tant qu’ « héritier », des principes égalitaristes qui fondent le Premier Ordre dans la conception on ne peut plus naïve que s’en fait Cardinal), si le jeune Hux est dégueulasse à baffer, donc, il est beaucoup moins stupide et ridicule que le personnage laborieusement incarné à l’écran par Domhnall Gleeson…

 

 

Le Général Hux du jeu est bien sûr Armitage Hux – et cet équipage spécifique au Premier Ordre (là encore, issu de la vague 2, et du kit de conversion de la faction) offre une option de soutien/commandement assez impressionnante : oui, il est décidément moins stupide et ridicule que dans les films…

 

 

Le roman évoque bien sûr d’autres personnages, dont forcément Kylo Ren et le Suprême Leader Snoke – mais il n’y a pas grand-chose de plus à en dire.

 

Une référence (multiple) m’intéresse cependant bien davantage, et elle concerne l’Amiral Sloane. Le roman se déroule une vingtaine d’années après la chute de l’Empire Galactique, période au cours de laquelle Sloane a joué un rôle de premier plan – mais on ne savait pas très bien ce qui s’était passé ensuite, la concernant. Le roman ne se montre pas très explicite, mais laisse entendre, si on le confronte à d’autres sources, que Sloane a été une des fondatrices du Premier Ordre – et quelqu’un qui inspire toujours le respect après tout ce temps (bien plus que Brendol Hux, qui, tout charismatique qu’il soit de prime abord, est assez rapidement démasqué pour le couard manipulateur et cynique qu’il est vraiment). Cependant, le roman, en évoquant son « absence », ne permet pas pour l’heure de déterminer s’il faut entendre par-là que l’amirale est morte ou… autre chose.

 

 

Il me fallait en parler – parce que j’aime beaucoup l’Amiral Sloane dans X-Wing : c’est un excellent officier de soutien/commandement typiquement impérial, et j’ai eu l’occasion de jouer cet équipage à plusieurs reprises (voyez surtout ici et ). Et il s’agit donc d’un équipage impérial, comme de juste.

 

Y aura-t-il un jour une version de Sloane dans le Premier Ordre ? Je n’y crois pas vraiment, mais on a vu, dans le camp d’en face, d’autres personnages se perpétuer de génération en génération…

 

LA BANDE DESSINÉE CAPITAINE PHASMA : LA SURVIVANTE

 

 

Passons maintenant à la bande dessinée Capitaine Phasma : La Survivante. Il s’agit d’une mini-série publiée par Marvel (donc dans l’univers « canonique », pas « Légendes ») en 2017, et qui tient en quatre épisodes seulement (généralement, c’est plutôt cinq ou six) ; le scénario est signé Kelly Thompson (il est honnête), le dessin est de Marco Checchetto (il est très bon – il y a pas mal de planches très impressionnantes, foisonnantes, notamment des pleines pages voire doubles-pages), avec des couleurs d’Andres Mossa (trop flashouilles à mon goût, mais elles s’accordent plutôt bien au dessin, oui) – les couvertures sont cependant dues à Paul Renaud (un compatriote). En France, la BD est publiée par Panini en 2018, avec une traduction de Thomas Davier. Notez que l’on retrouve le même intitulé que pour le roman, « Voyage vers Star Wars : Les Derniers Jedi », avec moins d’ambiguïté cependant, car cette fois les événements rapportés se situent bien entre les deux films – ou, plus exactement, à la toute fin du Réveil de la Force.

 

Et cette BD (que je vais là encore SPOILER comme un mynock, alors attention) reprend beaucoup d’éléments du roman, même si elle n’y fait explicitement référence, en termes de narration disons, qu’au travers d’un bref flashback au cours duquel Phasma repense à son passé sur Parnassos (et qui est assez hermétique si l’on n’a pas lu le roman, même si on le perçoit bien pour ce qu’il est).

 

Le lien entre les deux fictions réside plutôt dans les thématiques : Phasma est prête à tout pour survivre, y compris à commettre les pires crimes, les pires trahisons même, dès l’instant qu’elle peut trouver à les imputer à un bouc-émissaire, en faisant la chasse aux témoins gênants.

 

 

La BD débute donc vers la fin du Réveil de la Force – plus précisément, juste après que les résistants Finn (son ancien élève, donc), Han Solo et Chewbacca se sont emparés d’elle et lui ont extorqué le code permettant d’abaisser les défenses de la base Starkiller, afin de la rendre fragile face à une attaque de la Résistance, dans le but de la faire sauter alors même qu’elle charge son méga canon. Han Solo, taquin, demande alors à Finn, qui a travaillé sur cette base, s’il se trouve un compacteur à ordures à proximité… On y précipite Phasma et c’en est fini d’elle – pour ce film.

 

 

Pendant ce temps, du coup, les résistants mènent l’assaut. Une très impressionnante double-page montre les X-Wing T-70 plonger sur la base Starkiller, emmenés par Poe Dameron, dont le vaisseau, le Black One, se démarque au premier plan, avec sa peinture très particulière (et très moche en ce qui me concerne, mais bon, c’est pas le propos).

 

 

En face, étrangement, les seuls vaisseaux du Premier Ordre que nous voyons sont tous des Chasseurs TIE/sf, il n’y a a priori pas le moindre Chasseur TIE/fo (là où, à en croire notamment les cartes, l’Escadron Zeta chargé de protéger la base était panaché entre les deux châssis).

 

Le Chasseur des Forces Spéciales se distingue essentiellement par son antenne, et, surtout, la bande rouge qu’il arbore sur sa gauche ; c’est plus flagrant en BD que sur les figurines, on va dire. Vu de l’extérieur, cependant, on ne perçoit pas vraiment la nacelle d’artilleur (qui est bombée sur l’arrière et en dessous de la figurine) – mais nous aurons l’occasion de revenir à cette histoire de nacelle, et sur une autre bizarrerie « technique », quand nous pénétrerons à l’intérieur d’un de ces chasseurs.

 

 

Pour l’heure, revenons à Phasma. Bien sûr, il en fallait davantage pour s’en débarrasser… Ce que Han Solo était bien placé pour deviner ! Et la BD ne s’attarde d’ailleurs pas le moins du monde sur le moyen qu’elle emploie pour sortir du compacteur à ordures.

 

C’est que les préoccupations de Phasma, très vite, sont d’un ordre bien différent : que la Résistance réussisse son coup ou pas, il y a fort à craindre que les huiles du Premier Ordre comprendront que c’est à cause d’elle que l’assaut a pu être lancé contre la base – et c’est cela, finalement bien davantage que la destruction de l’arme secrète du Premier Ordre, qui compte vraiment à ses yeux !

 

Et il lui reste une chance de sortir blanchie (enfin, chromée…) de ce désastre : fouinant dans les ordinateurs du Premier Ordre, elle découvre qu’un de ses subordonnés, le lieutenant Sol Rivas, a accédé au même poste un peu avant elle – il fait donc un coupable idéal ! En même temps qu’un témoin à éliminer, car les accès laissent supposer que Rivas, qui n'est pas un imbécile, a compris le rôle joué par Phasma dans cette affaire…

 

La capitaine se lance à sa poursuite – mais le chaos dans la base Starkiller (les explosions, notamment, qui produisent un effet graphique de flouté assez intéressant) l’empêche d’éliminer sa cible – et le lieutenant Rivas semble bien comprendre qui est à ses trousses. Il parvient à quitter le bâtiment, et monte dans un chasseur…

 

Mais quel chasseur ? Dans son cas, je n’ai pas pu le déterminer – on ne voit son vaisseau que de loin, et par l’arrière, à travers les yeux de Phasma qui le poursuit. Tous les autres chasseurs impériaux entrevus dans la BD sont donc des TIE/sf, mais, dans son cas, il y a un vague doute.

 

 

Or, dans X-Wing, le Lieutenant Rivas apparaît, et c’est un pilote de Chasseur TIE/fo. En fait, c’est le pilote nommé de ce châssis le moins coûteux – j’allais dire que c’était celui doté de la plus basse initiative, mais ce serait oublier l’étonnant « Null » ! Quoi qu’il en soit, le sous-titre de cette carte est éloquent : « Témoin gênant »… Sa capacité spéciale, cependant, n’entre pas en résonance avec son rôle dans cette histoire.


 

 

Mais il ne se débarrassera pas de Phasma aussi facilement ! La capitaine poursuit sa cible dans la neige (entrevoyant au loin le combat au sabre laser entre Kylo Ren et Rey), et réquisitionne un autre chasseur pour continuer sa traque.

 

Le vaisseau en question est clairement un Chasseur TIE/sf – mais son pilote, TN-3465, qui est une femme au passage, est aux commandes d’un Chasseur TIE/fo dans le jeu… Avec son initiative de 2 seulement, elle est à peine plus capée que le Lieutenant Rivas.

 

 

Son sous-titre, « Électron libre », ne m’évoque pas forcément grand-chose au regard de cette BD : le personnage fait l’effet d’être surtout docile, même si pas spécialement craintive alors qu’elle se doute très bien de ce que tout cela risque de mal finir pour elle (et, oui, cela finira mal pour elle, puisqu’elle deviendra à son tour un témoin gênant) ; elle a en fait un certain caractère, mais qu’elle contient – nulle envie d’irriter la redoutable Phasma ! Enfin, et peut-être surtout, elle n’est pas un énième méchant de pacotille : en fait, elle a des idéaux, et fait indéniablement preuve d’empathie – ce qui la confronte inéluctablement au cynisme impitoyable de Phasma ; en cela, elle peut rappeler le personnage du capitaine Cardinal – mais sa position hiérarchique tout autre, tout en bas de l’échelle, résonne bien différemment. Et, si elle obéit aux ordres de Phasma sans discuter, elle est plutôt du type à inspirer la sympathie… Pour en finir avec la carte, sa capacité de pilote pourrait renvoyer à la BD, mais je suppose que cela serait un peu trop tordu…

 

Quoi qu’il en soit, TN-3465 est donc réquisitionnée avec le vaisseau – pour le piloter, tandis que Phasma s’installe au poste d’artilleur : quand nous avons un aperçu de l’intérieur du chasseur, la nacelle est cette fois clairement visible, et orientée vers l’arrière par rapport au poste de pilotage – je suppose qu’elle est censée pivoter, encore que je ne sois pas bien sûr de voir comment… Je doute cependant de jamais voir une carte d’artilleur Capitaine Phasma, en alternative à l’Artilleur des Forces Spéciales ! On ne sait jamais… Mais je n’y crois pas, non.

 

 

Mais, sur le plan technique, il y a une bizarrerie probablement plus significative, car bien plus étonnante, pour les joueurs de X-Wing : en effet, ce Chasseur TIE/sf… embarque un Astromech BB ! Il a même son propre petit nom : BB-K8… Et il est censé réparer les armements défaillants du vaisseau, quand Phasma le réquisitionne.

 

Dans le jeu, v1 comme v2, aucun vaisseau de l’Empire Galactique comme du Premier Ordre n’a jamais eu d’emplacement d’astromech. Et il en va toujours ainsi. Peut-on en déduire la possibilité, un jour, d’astromechs impériaux ou du Premier Ordre ? Je n’y crois pas vraiment.

 

Ce que cette bizarrerie m’inspire, c’est plutôt un questionnement : comment s’inscrit donc le jeu X-Wing dans le « canon » de Star Wars, la décision prise par Disney en 2012, sauf erreur, d’inscrire désormais les romans, les BD, etc., de Star Wars dans le même univers exactement que celui des films ? Il y a là quelque chose que je ne peux m’empêcher de trouver étonnant – surtout dans la mesure où les personnages du jeu évoqués jusqu’ici, à savoir ici le Lieutenant Rivas et TN-3465, mais aussi le Capitaine Cardinal pour ce qui est du roman de Delilah S. Dawson, ont bel et bien été créés spécifiquement pour le roman et la BD, avant d’être repris dans le jeu ; pourtant, le jeu ne les reprend pas exactement tels qu’ils sont (en faisant de Cardinal un pilote, en assignant à TN-3465 un Chasseur TIE/sf…) ; ces différences ne sont pas forcément très importantes, c’est certain, mais elles m’incitent à me poser cette question, oui – et BB-K8 plus encore…

 

Même si… Honnêtement ? À la fin de la BD, Phasma ayant fait le ménage, Rivas, BB-K8 et TN-3465, dans cet ordre, ne sont de toute façon plus de ce monde… Des témoins gênants, tous autant qu’ils sont.

 

 

Mais nous n’en somme pas encore là. L’autonomie limité du vaisseau du lieutenant Rivas lui impose bientôt de se poser sur une planète proche, du nom de Luprora. Forcément, Phasma intime à TN-3465 de se poser également, et de poursuivre la traque à pied à ses côtés.

 

Et, ici, il y a un lien marqué avec le roman Phasma, même si pas explicite : c’est que Luprora est un monde en fin de vie. La marée qui monte sans cesse condamne ses habitants, les Lupr’or, à moyen terme. Je n’en avais pas idée dans la mesure où j’avais lu la BD avant le roman, mais, après coup, il apparaît clairement que le choix de cette thématique est destiné à confronter Phasma à ses souvenirs de Parnassos – ce qui justifie le petit flashback évoqué plus haut, avec notamment Siv ; en fait, Phasma, perdue dans ses pensées, semble appeler TN-3465 en employant le nom de Siv… Et la pilote se doute que ça n’est pas très bon signe.

 

Quoi qu’il en soit, la traque du lieutenant Rivas impliquera sans doute le contact avec les habitants de la planète – et Phasma préfère ne pas se présenter à eux sous son uniforme emblématique du Premier Ordre. Elle ordonne donc à TN-3465 (qu’elle appelle dès lors… « Pilote ») de se changer, pour prendre une apparence plus civile (la pilote est le plus souvent vue à visage découvert, elle ne portait son casque qu’à l’intérieur de son vaisseau, comme souvent pour ce qui est des TIE) ; mais elle-même doit remplacer son armure chromée, au moins temporairement (plus tard, Phasma ne se cachera plus – elle jouera à nouveau de son armure, avec les primitifs Lupr’or, comme Brendol Hux et ses Stormtroopers l’avaient fait en leur temps sur Parnassos)…

 

Et, ici, la BD se montre donc plus volontiers joueuse que le roman, car le dessin le lui permet, pour ce qui est du caractère nécessairement « masqué » de Phasma. Lors de cette scène cruciale, nous la voyons enlever son casque, si son visage reste dans l’ombre… mais, à la page suivante, elle arbore en fait un autre masque ! Han…

 

 

Cependant, la situation sur Luprora n’est pas exactement similaire à celle de Parnassos – car les Lupr’or, humanoïdes, et réduits à l’état de « société primitive », comme le Scyre, ne sont en fait pas les autochtones sur cette planète, mais des colons ; ce n’est pas la planète qui meurt avec la marée, mais seulement leur tentative d’y établir une société d’importation. Les véritables autochtones sont les R’ora, des créatures amphibies qui s’accommodent très bien de la marée, et qui comptent bien exterminer les intrus !

 

Or, pour atteindre le lieutenant Rivas, Phasma met en place un plan diabolique, en galvanisant les Lupr’or contre les R’ora. Pendant qu’ils s’entretuent, elle pourra s’occuper de Rivas – et elle n’a pas d’autre but, elle n’en a jamais eu d'autre. La naïve TN-3465 a été stimulée elle aussi par le discours enflammé de l’icône de la propagande du Premier Ordre, elle veut croire que la cause de la lutte contre les R’ora est juste, digne et brave… et tombe des nues quand elle découvre que Phasma s’en moque totalement. Les Lupr’or mourront par centaines ? Bah, qu’importe : ils étaient condamnés sur cette planète de toute façon… Alors, tout ça pour le Premier Ordre ? Même pas : la pilote est bien amenée à comprendre qu’il ne s’est jamais agi d’autre chose que de Phasma…

 

« Pilote » surprend l’exécution de Sol Rivas – et, oui, elle comprend enfin. Un temps, elle penser pouvoir dissimuler à la cruelle capitaine qu’elle a assisté à la scène, mais Phasma n’était de toute façon pas disposée à prendre le moindre risque : elle anéantit BB-K8, puis abat TN-3465 d’un coup dans le dos – avançant qu’elle a été « précise », et que ça sera « rapide »…

 

Quel délicieux personnage.

 

 

Après quoi, ellipse, Phasma parvient à regagner le Finalizer, le croiseur où elle a ses quartiers, sous les ordres du général Armitage Hux (dans le roman, l’opposition entre les deux mondes, le Premier Ordre idéalisé de Cardinal, et sa réalité cynique chez Hux et Phasma, se traduit en effet par l’opposition entre deux vaisseaux, significativement baptisés l’Absolution, et, donc, le Finalizer). Lequel général la félicite, comme de juste – même si, encore une fois, il est beaucoup plus digne, et à vue de nez beaucoup moins stupide, que dans les films.

 

Phasma a survécu.

 

C’est ce qu’elle fait.

 

Survivre.

 

Et rien ni personne ne l'en empêchera jamais.

Voir les commentaires