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Autour de Rogue One

Publié le par Nébal

 

Rogue One, de Gareth Edwards, sorti fin 2016, a inauguré une nouvelle approche des films Star Wars, qui pour tout dire me séduit bien, bien davantage que la nouvelle trilogie : il s’agissait de livrer des one-shots hors-numérotation, inscrits dans l’univers de la licence, mais se suffisant à eux-mêmes. Ces films « A Star Wars Story » ont peut-être été moins « événementiels » que ceux tournant autour de Kylo, Rey et compagnie, mais ils m’ont aussi incomparablement plus emballé – aussi bien, dans des registres on ne peut plus différents, Rogue One que Solo. Ce dernier, hélas, semble avoir connu un relatif échec commercial – au sens où, du moins, il a rapporté beaucoup moins que prévu (et clairement pas assez pour un film Star Wars). J’espère que ça ne pèsera pas trop sur l’avenir des films « A Star Wars Story », mais à vrai dire je n’en sais absolument rien.

 

Mais nous ne sommes pas ici pour parler de Solo – que j’avais rapidement évoqué dans un précédent article « univers », Autour de Lando. Non, cette fois, je veux m’attarder sur Rogue One – un film qui a éclairé un certain nombre de choses dans le lore de Star Wars, tout en créant en fin de compte sa propre mythologie. Le film, préquelle immédiate à Un nouvel espoir, présente toute une foule de personnages, dont certains ont par la suite connu d’autres aventures dans l’univers étendu, et je vais essayer d’en témoigner.

 

Le but de cet article, encore une fois, est avant tout d’établir des passerelles avec le jeu X-Wing, autant que possible – il ne s’agit pas d’une chronique synthétique, même si je vais bien devoir donner mon avis ici ou là.

 

En l'espèce, je vais me baser ici sur trois sources précisément (ça n’est absolument pas exhaustif, et pas seulement parce que je ne reviens pas ici sur l'univers désormais qualifié de « Légendes », non canonique), qui sont le film Rogue One, le roman de James Luceno Catalyseur, qui est une sorte de préquelle à Rogue One, et enfin l’arc de la BD Star Wars intitulé Les Cendres de Jedha, qui correspond au septième TPB de la série, scénarisé par Kieron Gillen et illustré par Salvador Larroca, cet arc constituant au contraire une sorte d'épilogue à Rogue One, en ramenant des lieux et des personnages du film tels qu’ils ont évolué après l'épisode IV. Je compléterai bien sûr le cas échéant avec les données de l’indispensable Wookieepedia.

 

 

Quand Rogue One est sorti, le jeu X-Wing, alors dans sa v1, n’a pas manqué de profiter de l’occasion pour introduire de nouveaux vaisseaux dans la gamme. Il y a même eu à cet égard une relative bizarrerie, s'il faut en croire les dates que j'ai trouvées ici ou là (prudence au cas où) : les deux (initialement) nouveaux vaisseaux associés au film auraient été semble-t-il présentés avant (?!) que celui-ci ne sorte, dès septembre 2016, dans le cadre de la vague 10 (qui comprenait aussi des vaisseaux liés au Réveil de la Force ainsi qu’à la série Star Wars Rebels). Cependant, ces extensions ne sont bel et bien sorties qu’après le film, mais moins de deux mois plus tard en fait, début février 2017.

 

 

Du côté des Rebelles, le nouveau vaisseau, qui apparaissait très souvent à l’écran, était le U-Wing, présenté essentiellement comme un transport de troupes, et qui était alors, en v1, un gros socle – il est devenu un socle moyen avec la v2, qui lui a sans doute profité (le vaisseau était assez boudé en v1 – il n’est pas exactement une star en v2, mais il a été régulièrement joué, notamment dans le format Hyperespace, à tout hasard avec Leia Organa à bord).

 

 

La figurine se distinguait de toutes les extensions précédentes (à l’exception de la Navette de classe Lambda impériale) en bénéficiant de parties mobiles – ses ailerons très étroits qui pouvaient être accolés au châssis ou largement dépliés.

 

Chose appréciable : contrairement à la plupart des figurines dotées de parties mobiles (à l’exception, mais depuis seulement, des X-Wing T-65 et T-70), la disposition desdites parties n’est pas purement esthétique, mais elle renvoie à des effets de jeu – c’était déjà le cas en v1, mais, en v2, cela correspond à la nouvelle catégorie d’améliorations dite « configurations » : en l’espèce, il s’agit de la carte Aile pivot (ce singulier m’échappe un peu).

 

 

Mais les Impériaux également avaient droit à un nouveau vaisseau : un chasseur, cette fois, du nom de TIE Striker – dans Rogue One, on ne le voit véritablement, mais assez fréquemment, que lors de la bataille de Scarif.

 

Ce vaisseau également disposait de parties mobiles, ses ailerons là encore, mais, si ces derniers avaient de manière abstraite des effets de jeu (via un titre alors, là où la v2 a pu profiter de la nouvelle mécanique des capacités génériques), ceux-ci n’avaient toutefois pas vraiment de lien avec leur disposition matérielle.

 

 

L’extension U-Wing n’est pour l’heure pas ressortie en v2, si elle demeure jouable via le kit de conversion de l’Alliance Rebelle (entre autres, comme on le verra très vite).

 

Le TIE/sk Striker, en revanche, est ressorti en v2, lors de la vague 3. Enfin… En France, nope, merci Asmodée une fois de plus… Mais certes, pour ce vaisseau, ça n’est pas bien grave, on peut se contenter de l’extension v1 et du kit de conversion de l’Empire Galactique, puisqu’il permet d’en jouer trois exemplaires sans souci. Les débutants pourront ne pas apprécier, et je les soutiens, mais ça n’est clairement pas un problème au même titre disons que pour le A-Wing RZ-2 de la Résistance ou le Chasseur ARC-170 de la République...

 

 

Les vagues suivantes se sont pour un temps éloignées de Rogue One, mais la toute dernière de la v1, la quatorzième, y est revenue une ultime fois – et de façon passablement étrange, avec deux extensions très fournies.

 

Celle de l’Alliance Rebelle n’introduisait pas de nouveaux vaisseaux à proprement parler, contrairement à celle de l'Empire Galactique ; en revanche, les deux extensions constituaient une sorte de teaser de la v2, en comprenant déjà du matériel v2 (dont des socles moyens alors inédits), avec plus de six mois d’avance ! Ce qui, au passage, fait que ces extensions sont parfaitement jouables en v2 : la vague 14 de la v1 est en même temps la « vague 0 » de la v2.

 

Côté Rebelles, l’extension en question était Les Renégats de Saw, et elle comprenait deux figurines : un U-Wing, mais aussi un X-Wing T-65. Pas de nouveaux vaisseaux, mais bel et bien de nouvelles figurines, avec une peinture noire et blanche caractéristique – en outre, ce X-Wing était le premier de la gamme à avoir des parties mobiles, ses ailerons là encore, et là encore liés à des effets de jeu via la configuration Servomoteur S-Foils.

 

Et il fallait y ajouter tout un tas d’améliorations – dont certaines, en cette fin de vie de la v1, témoignaient de ce que le jeu peinait un peu à ce stade, en improvisant des bricolages divers et variés pour booster un peu ces deux vaisseaux dans une vaine tentative de rééquilibrage…

 

 

Les Impériaux, en revanche, avaient donc droit à un nouveau vaisseau, avec l’extension TIE Reaper – que j’ai chroniquée il y a quelque temps de cela, je vous renvoie à mon article.

 

Là encore, le contenu de cette extension est donc jouable en v2 – mais il faut noter que, si les joueurs rebelles disposent de plusieurs moyens pour acquérir des U-Wing sans même parler bien sûr des X-Wing (figurines mais aussi pilotes), la boîte de base et le kit de conversion étant complémentaires des Renégats de Saw, le TIE Reaper n’est disponible quant à lui que dans cette seule extension, du coup – avec pour conséquence indirecte que le TIE Reaper en lui-même aussi bien que les améliorations contenues dans l’extension ne figurent absolument pas dans le kit de conversion pour l’Empire Galactique.

 

 

Le TIE Reaper n’est qu’à peine entrevu dans Rogue One (j’y reviendrai), mais il constituait alors un apport vraiment très intéressant à la faction impériale (qui peinait un peu en fin de v1, à vue de nez).

 

Comme son cousin plus petit le TIE Striker, le TIE Reaper est essentiellement un vaisseau atmosphérique, et il dispose lui aussi d’ailerons avancés – cependant, cette fois, la figurine en elle-même ne bénéficie pas de parties mobiles ; il faut dire que la forme particulière, très plate, de ce long vaisseau, n’autorisait probablement pas trente-six mille expérimentations en la matière.

 

Cette présentation purement x-winguesque étant achevée, nous pouvons passer à l’univers étendu en rapport.

 

Je suppose qu’il vaut mieux suivre la chronologie interne de la saga, aussi vais-je commencer par évoquer le roman Catalyseur, de James Luceno, qui constitue une préquelle au film de Gareth Edwards, et dont l’action se déroule sur plusieurs années, débutant pendant la guerre des Clones et s’achevant peu de temps avant la séquence introductive de Rogue One. Il est de toute façon semble-t-il sorti juste un peu avant le film ?

 

Bon, on ne va pas se mentir, hein : Catalyseur, ou plus exactement Catalyseur – A Rogue One Novel, en bon franglais, est un roman passablement médiocre, mais il est tout de même relativement lisible, et sans doute bien « meilleur » que l'autre roman Star Wars de Luceno que j'avais lu il y a quelques mois de cela, Tarkin, qui était vraiment pourrave (à noter cependant, il se situait grosso merdo au même moment de la timeline). Certains traits demeurent cela dit d’un roman à l’autre : c'est mal écrit, c'est mal traduit, il y a des twists complètement cons... Je vends du rêve, là, hein ?

 

Mais ça n'est pas si pire, je suppose. Au point de vue du lore, c'est à vrai dire plutôt intéressant, et parfois même très intéressant, de voir comment, en matière de technologie, l'Empire gère l'héritage de la guerre des Clones.

 

Pis, bon, on va pas en faire un roman philosophique ultra profond, hein, mais envisager la question de la responsabilité des scientifiques dans le développement d'armes de destruction massive demeure un sujet pertinent – or c’est bien là tout le propos. Hélas, il est un peu desservi par des personnages forcément caricaturaux…

 

 

Dont, en tête, Galen Erso, qui est pourrait-on supposer le héros de cette histoire ? C’est à débattre, parce que le bougre vit dans son monde – ou plus exactement aimerait bien qu’on le lui permette. C’est un scientifique de génie, mais un théoricien avant tout ; il aimerait sans doute vivre dans un monde de pures hypothèses, mais doit par la force des choses composer avec les besoins matériels de ses employeurs.

 

Or on se dispute son gros cerveau – à tel point qu’il est fait prisonnier par les Séparatistes lors de la guerre des Clones. Il en sera libéré par Orson Krennic, via Has Obitt, j’y reviendrai, mais le problème demeure en fait le même : au nom du civisme, on réclame de Galen Erso qu’il consacre ses recherches à l’effort de guerre de la République, puis de l’Empire.

 

Mais il s’y refuse toujours – et Krennic doit dès lors manigancer pour le faire travailler à son service, sans qu’il ait le moins du monde conscience que ses travaux sur les cristaux Kyber (qui étaient au départ l’apanage des seuls Jedi, lesquels s’en servaient pour leurs sabres laser – l’Ordre 66 a pour ainsi dire changé la donne…), que ses travaux donc contribuent en fait au développement de la « super arme » tueuse de planètes que la galaxie en viendra enfin à connaître sous le nom d’Étoile de la Mort…

 

Galen Erso est donc le véhicule d’un thème très intéressant du roman, mais, en tant que personnage, ce gros nerd plus ou moins aveugle au monde qui l’entoure convainc plus ou moins, tant il relève de l’archétype.

 

Il y a aussi un autre souci, que l’on retrouvera plus loin avec Krennic, et qui était déjà sensible dans le roman Tarkin : c’est dans l’ordre des choses, j’imagine, mais Luceno peine vraiment quand il met en scène des personnages censément très intelligents, et donc beaucoup plus que lui-même ou que ses lecteurs (votre serviteur inclus comme de juste) – il est visiblement désireux de témoigner de leur intelligence supérieure, mais, pour atteindre cet objectif, il a une très fâcheuse tendance à recourir à des expédients qui ne trompent personne, et qui, pris avec même pas deux secondes de recul, sonnent en fait plutôt couillons, et certainement pas aussi intelligents que l’auteur tente de le prétendre… C’est ennuyeux, tout de même.

 

Galen Erso apparaît bien sûr dans Rogue One, où il est incarné par Mads Mikkelsen, mais on le voit somme toute assez peu, lors de deux scènes seulement (trois si l’on compte son hologramme).

 

Il ne figure en revanche pas dans le jeu X-Wing – ce qui tient sans doute à son refus de s’engager dans une faction, même si Krennic le contraint à travailler pour l’Empire Galactique. Par ailleurs, l’Alliance Rebelle n’existe pas encore, ou pas véritablement, quand le roman s’achève, et le film témoigne de ce que, une quinzaine d’années plus tard, Mon Mothma et les siens envisagent Galen Erso comme un « collaborateur » à éliminer – une image que la propre fille de Galen, Jyn Erso, fera tout pour invalider, jusqu’au sacrifice ultime : c’est le cœur de Rogue One.

 

 

Je ne sais donc pas si Galen est le héros du roman. Je tends à croire, par contre, que son épouse, Lyra, aurait l’être, d’une certaine manière.

 

Or son traitement est très décevant : l'auteur semble vouloir nous la montrer badass et indépendante, active, forte tête, plus lucide que son époux par ailleurs, et elle-même une scientifique de premier plan, mais, et c’est peut-être au fond une variation sur le problème évoqué plus haut de la figuration de personnages intelligents, il y a un contraste marqué et assez désolant entre ce que l’auteur prétend à son propos et ce qu’elle est effectivement dans son roman.

 

En effet, dès qu'elle a son geek d'époux dans les pattes, Lyra redevient simplement « la femme de », et se retrouve vite cantonnée à l'assistanat matrimonial du Génie, qui met ses notes au propre, élève leur fille, et, je suppose, s'occupe de diverses tâches ménagères dégradantes tandis qu'il plane dans les plus hautes sphères de la science de pointe – bon, j’exagère un peu, Luceno ne va pas jusque-là (encore que…), mais on a quand même l'impression qu'il lui en a coûté !

 

Lyra Erso apparaît brièvement au tout début de Rogue One – elle y est incarnée par Valene Kane.

 

Et puis pew pew

 

Elle n’apparaît pas dans X-Wing.

 

 

OK, on a vu le héros censément probable qui n’en est probablement pas un, celle qui aurait dû être l’héroïne mais ne l’est franchement pas, alors troisième tentative, avec le méchant de service : Orson Krennic (incarné à l’écran par Ben Mendelsohn).

 

Mais c’est peut-être bien lui, le héros, au fond ? En tout cas, en tant que personnage, parmi ceux qui sont au premier plan dans Catalyseur, Krennic est probablement celui qui s'en sort le mieux – même si son ambition et son cynisme, mis au premier plan comme de juste, le cantonnent forcément à l'archétype.

 

Reste qu’il n’est pas bête (si Luceno peine donc à dépeindre son intelligence), et c’est un scientifique compétent si bien en dessous du niveau de son vieil ami Galen, mais surtout un habile politicien (au sens le plus « petit p ») et, quoi qu’en dise Tarkin, son rival, un administrateur plus que compétent, ou disons un « responsable des ressources humaines » madré et efficace.

 

Je vous accorde qu’il n’y a rien de pire qu’un DRH, aussi Krennic répugne-t-il plus qu’à son tour… Mais je ne crois pas qu’il soit unilatéralement « méchant » ? Bon, si, probablement. Mais du moins a-t-il ses ambiguïtés, et démêler, chez lui, ce qui relève de l’égoïsme et ce qui relève de la conviction, n’est peut-être pas aussi facile qu’il n’y paraît, si la condamnation persiste dans les deux cas.

 

 

Et, cette fois, nous avons bel et bien un personnage qui a intégré X-Wing, sous la forme d’un équipage impérial appelé Directeur Krennic (dans le roman, on le voit obsédé par son grade, lieutenant commandant, etc., mais je ne crois pas que le titre de « directeur » lui soit attribué dans la même optique).

 

Je ne vais pas revenir sur les détails concernant cette amélioration, qui était totalement fumée en v1 et se montre plus raisonnable en v2 (mais toujours intéressante en ce qui me concerne), j’y avais consacré pas mal de place dans ma chronique de l’extension TIE Reaper, qui est la seule où elle apparaît, et je vous y renvoie donc.

 

 

De même d’ailleurs, forcément, pour ce qui est de la carte d’état Prototype optimisé, qui est associée au Directeur Krennic.

 

 

Voilà pour les trois personnages principaux de Catalyseur, ceux que l'on a vu dans le film et autour desquels l’essentiel de l’intrigue du roman se constitue.

 

Mais il faut probablement y ajouter un quatrième, créé pour le roman cette fois, et qui n’apparaît véritablement que dans celui-ci, si on y fait allusion ailleurs (et notamment dans Rogue One) : il s’agit de Has Obitt, un contrebandier dresselien qui joue de malchance – employé initialement par Krennic pour des opérations très douteuses, Has se retrouve en fin de compte en plein milieu des manigances opposant celui-ci et Tarkin.

 

En même temps, il pèse bien l’impact de ses missions (notamment la destruction aveugle des « planètes patrimoines »), ce qui attise progressivement sa défiance voire sa haine à l’encontre de l’Empire Galactique.

 

Lors d’une opération cruciale dans le Secteur Corporatif, Has Obitt contribue à semer les germes de la rébellion – c’est en raison de cette affaire que Tarkin met la main sur lui et cherche à l’employer contre Krennic ; seulement, le contrebandier a ses propres objectifs.

 

Et des amis de valeur – dont les Erso, puisque, à l’instigation de Krennic, c’est lui qui les a sauvés de leur prison séparatiste durant la guerre des Clones ; mais aussi d’autres contrebandiers, dont un plus flamboyant que les autres : un certain Saw Gerrera… En fait, Has Obitt est le personnage qui fait le lien entre les Erso et Saw – c’est un rôle déterminant, qui explique le début de Rogue One, si l’univers étendu n’a guère brodé dessus après Catalyseur.

 

C’est un personnage plutôt réussi, même s’il pâtit de quelques twists crétins çà et là, une marque de fabrique chez Luceno pour ce que j'en sais.

 

Has Obitt n’apparaît pas dans X-Wing.

 

 

Saw Gerrera a été mentionné, alors quelques mots à son propos, car il joue un rôle non négligeable dans Catalyseur aussi bien que dans Rogue One (où il est incarné par l’immense Forest Whitaker, qu’on a cependant connu plus, *aheum*, inspiré, même s’il a certes un paquet de drouilles à son actif), et son influence pèse dans Les Cendres de Jedha.

 

Saw Gerrera est encore relativement jeune et en tout cas en relativement bonne santé quand il apparaît dans Catalyseur. Il est alors essentiellement un contrebandier, et pas encore véritablement un partisan, même s’il a pris part à sa manière à la guerre des Clones. Mais il est présenté comme un homme particulièrement charismatique, et doté d’un certain bagout (là encore, sans surprise, il y a un contraste assez marqué entre ce que Luceno prétend à son propos, et ce qu’il met effectivement en scène…). C’est aussi un homme agressif, voire brutal, même si pas bête. Et il n’aime pas l’Empire – et ses ingérences, au fond les mêmes que celles qu’il avait combattues durant la guerre des Clones ; dès lors, il joue un rôle déterminant dans l’affaire du Système Salient, où, avec Has Obitt, il cherche à nuire autant que possible aux intérêts impériaux dans la région – ce qui les oppose directement à Tarkin.

 

Par ailleurs, il est amené à sauver les Erso en les évacuant de Coruscant, tâche que Has Obitt n’est pas en mesure d’accomplir et qu’il a donc confiée à son ami contrebandier. Il noue ainsi des liens avec la famille, dont bien sûr la petite Jyn – ce qui, là encore, explique le début de Rogue One : quand, dans le film, Saw vient chercher Jyn cachée des Impériaux, l’âge de la fillette laisse entendre qu’il s’est passé somme toute assez peu de temps entre la fuite de Coruscant, et la capture de Galen et le meurtre de Lyra par Krennic – et donc entre la fin de Catalyseur et le début de Rogue One. C’est un Saw Gerrera relativement « jeune » qui apparaît en contre-plongée via l’écoutille : il n’est alors pas aussi amoché qu’il le sera une quinzaine ou vingtaine d’années plus tard sur Jedha, au moment du corps du récit du film de Gareth Edwards.

 

 

Saw Gerrera, bien sûr, apparaît dans X-Wing, et sous deux formes : un pilote de U-Wing UT-60D, et un équipage – les deux cartes ne se trouvent que dans l’extension Les Renégats de Saw.

 

L’illustration de la carte d’équipage représentant visiblement le Saw Gerrera « jeune », commençons par celle-ci. Elle met en place une mécanique particulièrement brutale, et en même temps un peu suicidaire, qui est assez emblématique du personnage et de son rôle, mais surtout dans le film Rogue One, davantage que dans Catalyseur.

 

 

Cependant, si l’équipage Saw Gerrera s’inflige des dégâts à lui-même pour se montrer plus agressif (ce qui, j’imagine, peut renvoyer à la condition physique désastreuse du personnage vieilli dans Rogue One), le pilote Saw Gerrera pousse les autres à prendre des risques, quitte à se tourner en kamikazes. Une capacité pour le coup assez intéressante.

 

On aura l’occasion de voir par la suite que cette approche est ce qui distingue les « extrémistes » que sont les partisans de Saw et les Rebelles qui se veulent plus subtils et regardants – encore que ? Le propos du film, initialement, sur un mode très L’Armée des ombres d’ailleurs, démontre assurément que l’Alliance Rebelle, pour faire triompher ses objectifs, peut être amenée à commettre des saloperies… Dans Les Cendres de Jedha encore, les relations entre les deux groupes seront affectées par une suspicion marquée d’hypocrisie.

 

Mais on y reviendra plus tard.

 

 

D’autres personnages majeurs de l’univers étendu apparaissent dans Catalyseur, essentiellement (voire systématiquement) du côté de l’Empire Galactique, mais l’Empereur Palpatine comme Dark Vador sont à l’arrière-plan, on les mentionne parfois mais ils ne jouent pas de rôle majeur.

 

Mas Amedda est davantage présent, le supérieur que Krennic doit convaincre de ses compétences pour monter en grade – un bonhomme exigeant, arrogant et perfide.

 

Mas Amedda n’apparaît pas dans X-Wing, et ça ne sera probablement pas demain la veille qu’il y pointera le bout de ses cornes – pas dit de toute façon que ce politicien y aurait vraiment sa place ?

 

 

Des personnages majeurs de l’univers étendu, un seul joue vraiment un rôle important dans le roman de James Luceno, et c’est Tarkin – rappelons que, deux ans plus tôt, il lui avait consacré un autre roman Star Wars, sobrement titré… Tarkin. Mais, dans les deux romans, le même travers se constate : Tarkin devrait être beaucoup plus intelligent que ça.

 

Ici, à vrai dire, sa guéguerre d’influence avec Krennic (qui se prolongera dans Rogue One) est rapidement plus ennuyeuse qu’autre chose – heureusement, il y a Has Obitt entre les deux, qui sauve les meubles, disons.

 

Mais il faut ici évoquer un point concernant Rogue One, car je n’aurai pas vraiment l’occasion d’y revenir. Dans Un nouvel espoir, bien sûr, le Grand Moff Tarkin était incarné par le non moins grand Peter Cushing – mais celui-ci est mort en 1994… La décision de faire apparaître le personnage dans Rogue One (et qui se tient, car Catalyseur confirme assurément qu’il joue un rôle de premier plan dans cette affaire) a amené l’équipe du film à oser un truc un peu dingue en reconstituant l’acteur en numérique – une chose qui avait beaucoup fait parler à l’époque.

 

Le résultat est certes convaincant, et même assez bluffant, sans être parfait.

 

 

À titre personnel, je crois avoir été beaucoup plus impressionné par l’ultime plan du film, qui rajeunit Carrie Fisher pour lui rendre l’apparence qu’elle avait dans l’épisode IV, une quarantaine d’années plus tôt. L’actrice était encore vivante lors de la sortie du film, mais elle mourrait deux semaines à peine après la première… Ce qui rend cette conclusion, très puissante dans l’idée, d’autant plus troublante.

 

Là, pour le coup, le résultat me paraissait vraiment très impressionnant.

 

 

Le Grand Moff Tarkin apparaît dans X-Wing, sous la forme d’un équipage impérial. Je dois avouer ne jamais l’avoir joué – il y a sans doute un truc à faire avec, mais… Je ne sais pas. Je suppose que c’est typique de ces officiers impériaux dont on suppose qu’ils peuvent faire des trucs complètement pétés, mais sans que l’on sache au juste comment s’y prendre…

 

Voici pour Catalyseur – passons donc maintenant à la pièce centrale, le film Rogue One de Gareth Edwards.

 

(Notez, sur cette affiche, les nouveaux vaisseaux que sont le U-Wing et le TIE/sk Striker apparaissent d'ores et déjà, en bas à droite.)

 

Et ce premier film A Star Wars Story m’a bien plu – au premier visionnage comme au revisionnage. Même si on m’a objecté que le film avait eu une genèse un peu chaotique, j’ai pourtant l’impression que l’équipe, entendue au sens large, dans le cadre de ce qui est après tout une franchise, a pris le temps de se poser un peu et de se demander comment faire un film Star Wars qui s’inscrirait bien dans la licence, tout en lui conférant quelque chose de singulier qui le distinguerait de manière pertinente, et ce à tous les niveaux. Et je crois que ça a fonctionné : je n’ai pas vraiment accroché à la bande originale de Michael Giacchino, qui devait être différente de celles de John Williams, mais elle témoigne assurément dans ses principes de ce que j’avance ici (on m’a signalé cette vidéo, elle est intéressante et pertinente, je vous y renvoie) ; mais je crois que cela vaut autant pour le scénario, le cadrage, le montage et le rythme – tout spécialement, en fait, l’association de ces derniers éléments.

 

Bien sûr, le fait que l’on sache d’emblée comment tout cela finira biaise le ton, mais, je crois, de la meilleure des manières, car sans en faire trop dans la pompe et les violons patriotiques, si communs (et pénibles pour ne pas dire insupportables) dans les films de guerre américains – c’est très sensible à la toute fin du film, conçue pour émouvoir bien sûr, mais sans en faire vraiment des caisses ; en outre, elle nous épargne l’ultime baiser, ouf, tout en jouant avec les nerfs du spectateur à cet égard…

 

Or Rogue One est bien un film de guerre, mais en même temps il louche beaucoup sur une variation qui parlera peut-être plus particulièrement au public français (?), toujours chatouilleux sur la question dans ses aspects pourtant essentiellement mythiques, en mettant en scène une forme de Résistance. Mais pas idéalisée, justement ! J’ai avancé plus haut le titre de L’Armée des ombres, et, sans parler d’une influence directe, hein, je ne le fais qu'à titre d'exemple, j’ai l’impression qu’il y a vraiment de ça – dans l’inéluctabilité du massacre final sans doute, mais aussi, chose plus particulièrement audacieuse dans un film Star Wars, dans la mise en avant du fait que, pour faire triompher sa cause, l’Alliance Rebelle est capable de se salir les mains, les censément héros, les censément gentils, sont amenés à commettre de vraies saloperies pour « le plus grand bien », au niveau du commandement comme à celui de l’exécution. Et ça, pour le coup, c’était inattendu – très inattendu ; mais d’autant plus pertinent qu’il s’agissait d’associer les Rebelles aux « extrémistes » de Saw Gerrera : ici, l’aspect moyen-oriental de Jedha n'a sans doute rien d'innocent et ne manque pas de renvoyer le spectateur à des images très contemporaines, où la frontière entre la résistance et le terrorisme est plus ténue que jamais.

 

Rogue One n’est sans doute pas parfait, on doit objectivement relever des défauts çà et là (j’aurais envie de mettre en avant quelques répliques un peu trop lourdingues, surtout des punchlines bien plates et qui sonnent particulièrement faux dans ce contexte), mais, oui, je l’aime bien voire beaucoup, ce film.

 

En fait, c’est clairement pour moi le meilleur film Star Wars depuis… L’Empire contre-attaque ?

 

Comment ça c’est pas difficile ?!

 

 

Au début du film, Krennic se rend sur Lah’mu, une planète dotée d’anneaux où les Erso se sont réfugiés. Mais il ne s’y rend pas seul : il a avec lui une escouade de Death Troopers, des Stormtroopers d’élite que, suite au film, on a eu tendance à associer au Directeur Krennic, mais à tort, car ils ont aussi pu faire office de gardes du corps pour le Grand Moff Tarkin, notamment.

 

 

Ils sont censément redoutables, mais le film n’en témoigne pas forcément tant que ça… et, hélas, dans X-Wing, les Death Troopers (issus de l’extension TIE Reaper) sont une amélioration à mon sens peu ou prou injouable, surtout du fait qu’ils requièrent deux emplacements d’équipage.

 

Leur effet serait autrement amusant, mais, même en n’occupant qu’un seul emplacement d’amélioration, je doute qu’il serait très pertinent, du fait cette fois de sa portée très limitée. La conjonction des deux…

 

Non, les Death Troopers ne sont pas très intéressants dans X-Wing ; à vue de nez, si on veut les voir au top dans un jeu FFG, on se tournera plutôt vers Légion, où ils semblent se montrer véritablement redoutables !

 

 

Les retrouvailles entre Krennic, Galen et Lyra… se passent mal. Cette dernière est abattue par les Death Troopers, sur l’ordre de Krennic, qu’elle ne parvient qu’à blesser à l’épaule – et les Impériaux embarquent le scientifique. Mais les Erso avaient mis en place un protocole pour permettre à leur fille Jyn de se cacher et d’échapper aux Impériaux.

 

À vue de nez, à ce moment du film, elle doit avoir cinq ou six ans – il ne s’est donc pas passé beaucoup de temps depuis la fin de Catalyseur. Et, comme on l’a vu plus haut, c’est Saw Gerrera qui vient à son secours, et qui l’emmène sur Jedha, où il lui donnera une instruction très particulière…

 

 

Mais cette séquence n’était qu’un prologue – le reste du film se déroule à vue de nez une quinzaine d’années plus tard.

 

Du coup, quand nous retrouvons Jyn, elle est désormais une jeune femme (incarnée à l’écran par Felicity Jones), et tout indique qu’elle a vécu une vie tumultueuse.

 

Jyn Erso est la principale héroïne de Rogue One, même si le film tente visiblement de mettre en avant le groupe. La tragédie de sa vie, et le courage dont elle fait toujours preuve, lui confèrent tout de même la première place.

 

 

Jyn Erso figure bien sûr dans X-Wing – on la trouve dans le kit de conversion de l’Alliance Rebelle.

 

Elle procure une capacité très intéressante, et relativement souple d’usage du fait de sa longue portée, qui peut s’intégrer sans peine dans des combos très amusantes.

 

Je ne suis pas certain qu'elle résonne bien avec son rôle dans la saga (?), mais bon.

 

 

Jyn fait bientôt la rencontre de Cassian Andor (Diego Luna à l’écran, qui a une « gueule » très appropriée), quand celui-ci la libère, de manière intéressée, d’un convoi de prisonniers impérial.

 

Cassian est membre de l’Alliance Rebelle – mais il est aux antipodes de ce que sera bientôt un Luke Skywalker : agent de terrain, Cassian est un espion… et un assassin. Il sait que la Rébellion doit se salir les mains pour l'emporter, et il est tout disposé à en endosser la responsabilité : il ne vit que pour ça. Au début du film, nous le voyons abattre froidement un indic trop nerveux, et il se voit plus tard confier la mission d’assassiner Galen Erso – quitte à manipuler sa fille Jyn pour y parvenir : il l’avait alors déjà manipulée pour avoir accès à Saw Gerrera… Et tout ceci sous les ordres du général Draven, le chef du renseignement rebelle (sur lequel je reviendrai en temps voulu).

 

Cassian serait un triste salaud, alors ? Eh bien, pas totalement – mais parce que l’influence de Jyn, ainsi que de ses autres camarades, l’amènera à reprendre en considération son rôle dans la Rébellion et les méthodes dont celle-ci dispose pour combattre l’Empire. En « baïonnette intelligente », il pèsera aussi bien sa responsabilité personnelle que la nécessité, parfois, d’enfreindre les ordres de ses supérieurs.

 

C’est du coup un personnage plus complexe qu’il en a l’air, et assez intéressant.

 

 

Cassian Andor apparaît dans X-Wing sous deux formes, comme décidément un certain nombre d’autres dans cet article : un équipage, et un pilote de U-Wing UT-60D. Comme Jyn Erso, il figure, et sous ses deux formes, dans le kit de conversion de l’Alliance Rebelle.

 

En tant qu’équipage, Cassian Andor fournit une aptitude passablement tordue, qui renvoie à son statut d’espion – mais c’est bien trop tordu pour ma pomme, et ça me paraît d’un intérêt très limité (voire incompréhensible ?).

 

 

En tant que pilote de U-Wing UT-60D (et de fait on le voit régulièrement aux commandes de ce vaisseau dans Rogue One, ça n’est certainement pas le cas de la plupart des autres), Cassian Andor offre une capacité totalement différente, et assez intéressante en fait, qui joue davantage sur le soutien en débarrassant ses alliés de marqueurs de stress – ce qui peut faire sens au regard de son rôle initial lors de la bataille de Scarif.

 

 

Dans le film, Cassian Andor est, comme souvent dans Star Wars, associé à un droïde, qui répond au doux nom de K-2SO (« incarné » en motion capture par Alan Tudyk).

 

Il s’agissait initialement d’un droïde de sécurité impérial, mais il a été reprogrammé et est désormais le plus fidèle camarade de Cassian – il a toujours, cela dit, l’apparence d’un droïde impérial, et il en joue parfois, mais il s’avère un Rebelle convaincu.

 

C’est un personnage assez amusant, qui remplit bien son office, en ayant pour le coup des répliques qui vont bien (et ses mouvements très particuliers rendent joliment à l’écran).

 

Il n’apparaît toutefois pas dans X-Wing.

 

 

La mission de Cassian, et par la force des choses de Jyn, est initiée par la rumeur selon laquelle un pilote impérial aurait déserté, qui disposerait d’informations sur une « super arme » secrète de l’Empire Galactique (au sein de l’Alliance Rebelle, beaucoup refusent de croire à l’existence de cette station de combat, mais le général Draven prend la menace suffisamment au sérieux pour monter des opérations afin d’en savoir plus).

 

Ce pilote impérial se serait rendu sur Jedha, une lune exploitée par l’Empire, pour y rencontrer Saw Gerrera – et Cassian et Jyn de se rendre sur place, celle-ci ayant pour objet de faciliter au premier l’accès au chef des partisans de Jedha, un vieux bonhomme pas commode et qui a rompu les ponts avec l’Alliance Rebelle, désireux qu’il était de combattre les Impériaux à sa manière, pour le moins brutale.

 

La rumeur disait vrai, et le déserteur impérial (ce qui évoque Finn, pour le coup) se nomme Bodhi Rook – il est joué par Riz Ahmed. Hélas pour lui, il découvre bientôt que le nom de Galen Erso (car c’est le savant qui a organisé la fuite du pilote, en lui confiant un hologramme révélant qu’il a affecté l’Étoile de la Mort d’une faille critique) n’est pas le sésame espéré : un Saw Gerrera paranoïaque soumet Bodhi Rook à une séance de torture assez terrible…

 

Mais le personnage s’en met relativement vite (probablement trop vite, à vrai dire), et, est-ce parce qu’il est tout spécialement désireux de se racheter après avoir servi l’Empire Galactique, il se montre très courageux aussi bien sur Eadu que sur Scarif – en fait, il joue probablement un rôle de premier plan dans la formation de l’Escadron Rogue One, puis lors de son unique mission ; c'est à vrai dire lui qui le nomme !

 

 

Bodhi Rook apparaît dans X-Wing comme un pilote de U-Wing UT-60D – et on le voit effectivement aux commandes de cet appareil à plusieurs reprises dans le film. Il se trouve dans le kit de conversion de l’Alliance Rebelle.

 

Sa capacité est assez intéressante, qui favorise considérablement l’acquisition de cibles pour ses camarades (et c'est pertinent au regard du film).

 

 

Mais voilà : Bodhi Rook découvre donc dans la douleur que Saw Gerrera comme ses partisans sont méfiants, fanatiques et brutaux – portés aussi aux attentats peu ou prou suicidaires.

 

Et Saw Gerrera, à ce stade, est un vieil homme au corps en charpie et à demi fou – voire un peu plus que ça.

 

La performance de Forest Whitaker dans le film est, euh, assez déstabilisante… Le personnage a sans doute quelque chose d’inquiétant, mais, coté charisme, c’est davantage à débattre.

 

 

Or il est supposé faire preuve de charisme, et, de fait, son mouvement est étendu, ce qui se traduit dans X-Wing par des cartes de pilotes génériques : l’Extrémiste Anges des Cavernes renvoie aux pilotes de X-Wing T-65

 

 

… tandis que le Renégat partisan représente les pilotes génériques de U-Wing UT-60D.

 

Tous deux figurent seulement dans l’extension Les Renégats de Saw.

 

 

Et, dans ce film qui comprend assurément des héros, mais met davantage l’accent sur le groupe que les autres films Star Wars, les partisans de Saw Gerrera sont peut-être aussi importants que lui, ne serait-ce qu'en termes d'impact visuel.

 

Car certains attirent plus particulièrement l’œil, et c’est notamment le cas des frères Deux-Tubes, Benthic et Edrio : ce sont des Tognaths, assez rudes, et leur surnom provient de ce que l’atmosphère de Jedha, si différente de celle de leur planète natale Yar Togna, leur impose de porter en permanence un appareil respiratoire adapté.

 

 

Les deux frères sont présents dans X-Wing (tous deux dans l’extension des Renégats de Saw), mais ils pilotent des vaisseaux différents : Benthic Deux-Tubes est un pilote de U-Wing UT-60D

 

 

… tandis qu’Edrio Deux-Tubes est un pilote de X-Wing T-65.

 

Prise en tant que telle, la capacité d’Edrio Deux-Tubes n’est pas très intéressante – si celle de Benthic Deux-Tubes peut l’être.

 

Mais ce qu’il faut voir, ici, c’est que les deux sont faits pour être joués ensemble : ça produit alors une combo très, très rigolote, d’une efficacité peut-être à débattre, mais qui, entre les mains d’un bon joueur, peut sans doute se montrer pertinente.

 

En tout cas, dans l’absolu, l’idée que les deux frères combotent ainsi est assurément très bienvenue.

 

 

Si l’allure des frères Deux-Tubes fait qu’ils attirent l’œil avant tous les autres, certains de leurs collègues ne sont pas en reste – ainsi Magva Yarro, avec son maquillage de commando black-métalleuse dépressive. Mais le film ne la met pas autrement en avant.

 

 

Elle n’en figure pas moins dans X-Wing, là encore sous une forme dédoublée (les deux améliorations se trouvant dans Les Renégats de Saw).

 

En tant qu’équipage, Magva Yarro permet de verrouiller l’attaquant quand elle défend – ce qui me paraît assez bof.

 

 

Magva Yarro est plus intéressante en tant que pilote de U-Wing UT-60D : là encore, son approche est défensive, mais cette option anti-relances peut se montrer très utile, même si plus ou moins je suppose, fonction de ce que l'adversaire y oppose. Mais j’ai eu l’occasion de l’affronter, et elle était sacrément chiante…

 

 

Parmi les autres renégats, on compte notamment le très mystérieux Kullbee Sperado, un Meftien dont le film, là encore, ne dit à peu près rien, mais joue assurément sur son apparence.

 

 

Or Kullbee Sperado figure dans X-Wing (toujours dans Les Renégats de Saw), en tant que pilote de X-Wing T-65 cette fois.

 

Sa capacité spéciale joue avec sa configuration Servomoteur S-Foils – j’avoue ne pas assez maîtriser ce châssis pour juger de la pertinence de cette aptitude.

 

 

Citons un dernier partisan de Saw Gerrera et membre de l’escadron des Anges des Cavernes, avec Leevan Tenza. Là encore, le film est pour le moins mutique concernant le passé de ce Sabat, tout en jouant sans vergogne de son impact visuel.

 

D’autres sources cependant nous apprennent qu’il a été membre de l’Alliance Rebelle, et que ça s’est mal passé : accusé d’avoir lancé une attaque contre des Impériaux en faisant fi de ses ordres explicites, il avait été mis aux arrêts et risquait la cour martiale – mais il s’est évadé, et a rejoint les partisans de Saw Gerrera, dont les méthodes lui convenaient davantage ; à vrai dire, c’est à cet égard un personnage assez emblématique.

 

 

Comme Edrio Deux-Tubes et Kullbee Sperado, Leevan Tenza apparaît dans X-Wing (dans l’extension Les Renégats de Saw) en tant qu’Ange des Cavernes et pilote de X-Wing T-65.

 

Sa capacité spéciale lui offre une option d’évasion liée, sachant que ce châssis ne bénéficie normalement pas de cette action. C’est assez intéressant, même s’il faut prendre en compte son initiative assez basse.

 

Ici, opérons un petit saut dans le temps et changeons de support.

 

Dans Rogue One, nous quittons Jedha dans la précipitation, alors que le tir test de l’Étoile de la Mort ravage Jedha City – si les héros qui composeront bientôt l’Escadron Rogue One parviennent à fuir, nous sommes amenés à supposer que tous les autres personnages que nous y avons croisés meurent dans la catastrophe…

 

Et pourtant non, ainsi que nous le montre le septième TPB de la série Marvel Star Wars, tout récemment sorti en français, qui correspond à un arc titré Les Cendres de Jedha (regroupant les épisodes 38 à 43 de la série). Et cet arc a une certaine importance, car c’est alors Kieron Gillen qui devient le scénariste de la série, ce qui lui permet de retrouver le dessinateur Salvador Larroca ; or le duo, en son temps, avait convaincu sur la série Dark Vador.

 

La série Star Wars se déroule entre Un nouvel espoir et L’Empire contre-attaque (somme toute assez peu de temps après Rogue One, donc), et met en scène les héros des films : Luke Skywalker, auréolé de la gloire de la bataille de Yavin mais obsédé par l’idée de trouver quelqu’un ou quelque chose en mesure d’en faire un vrai chevalier Jedi, or sa naïveté en la matière le met perpétuellement en danger ; Leia Organa, toujours aussi active, meneuse idéale, aussi efficace en tant que diplomate qu’avec un blaster entre les mains ; Han Solo et Chewbacca, un peu indécis quant à leur rôle au sein de l’Alliance Rebelle, mais leur bon fond leur fait sans cesse retarder leur départ pour porter une fois de plus assistance à leurs amis…

 

Bon, ça, d’accord. Mais Jedha a bien été détruite dans Rogue One, donc peu de temps avant Un nouvel espoir, non ?

 

 

Eh bien, pas tout à fait – car les auteurs jouent de la carte surréaliste, ici (on peut, c’est Star Wars, pas du Greg Egan) : Jedha a été largement détruite par l’Étoile de la Mort, mais pas totalement non plus. La sphère est méchamment entaillée, et de la roche s’en extrait sans cesse qui frappe la planète NaJedha en pluies de météorites, mais il y a toujours quelque chose qui flotte dans l’espace, un astre malade et infernal…

 

Et pas totalement inaccessible : les conditions y sont atroces, mais on peut toujours poser le pied sur Jedha – jusqu’à se tenir au bord de l’abîme, l’endroit le plus terrifiant de la galaxie, qui pue la menace fasciste de l’Empire et la domination sarcastique du Côté Obscur…

 

 

Or Jedha, même ainsi, n’est pas dénuée de ressources. L’Empire n’en a pas fini avec la lune à demi morte : déjà au moment de Rogue One, il y menait des opérations d’extraction pour extorquer à la lune ses précieux cristaux Kyber – et il entend bien continuer, en faisant appel aux machines titanesques de la reine Trios de Shu-Torun.

 

Ce qui inquiète les Rebelles – une entreprise aussi ample génère aussitôt la suspicion : l’Empire construirait-il une nouvelle super arme tueuse de planètes ? Il faut tout faire pour l’en empêcher : notre petit groupe de héros, emmené par Leia, entend faire la lumière sur les intentions de l’Empire et les contrarier autant que possible – et Luke est d’autant plus partant que le temple de Jedha, s’il en reste quelque chose, pourrait lui en apprendre beaucoup sur les chevaliers Jedi.

 

Maintenant, il leur faudra négocier…

 

 

… car tous les partisans de Saw Gerrera ne sont pas morts lors du tir test de l’Étoile de la Mort : beaucoup d’entre eux ont péri, dont Saw lui-même, mais d’autres (et la plupart de ceux que je viens d’évoquer) ont pu, comme les membres de l’Escadron Rogue One, emprunter un vaisseau en catastrophe pour fuir Jedha en proie à la destruction.

 

Et ils ont un nouveau chef, qui n’est autre que Benthic Deux-Tubes. Le Tognath, écœuré par la destruction de Jedha et par la mort de son frère de couvée Edrio, est devenu un leader au moins aussi dur que Saw Gerrera, et peut-être davantage encore.

 

Négocier avec lui s’annonce compliqué – comme son prédécesseur, il ne fait absolument pas confiance aux Rebelles, et ses méthodes brutales et violentes (on le voit abattre froidement bien des figurants, et menacer d’en faire autant avec Leia et compagnie) contrastent avec l’approche héroïque et « gentille » personnifiée par les héros de la saga ; mais ces derniers sont-ils des hypocrites ? Ou des faibles, condamnés d’avance ?

 

 

Le surréalisme et la démesure de cet arc, conjointement avec le questionnement moral qu’implique forcément la rencontre des héros de Star Wars avec Benthic et les reliquats fanatisés des partisans de Saw Gerrera, en font globalement une réussite – même les préoccupations mystico-truc de Luke Skywalker, qui généralement ne me passionnent pas, voire m’irritent, fonctionnent plutôt bien ici, du fait de la naïveté un peu infantile de Luke, mais aussi et probablement surtout de l’ambiance soignée de ces épisodes, qui ressort aussi bien du scénario que du dessin.

 

Et là il y a un problème à adresser : globalement, Salvador Larroca accomplit un très beau travail, bénéficiant d’une coloration soignée de Guru e-FX. Le cadre apocalyptique de Jedha, battu par des tempêtes permanentes qui font s’effriter l’astre morbide toujours un peu plus, produit des planches superbes, et qui, étrangement, s’accommodent très bien de l’action, toujours limpide, et qui joue régulièrement sur les ombres et les silhouettes.

 

 

Par ailleurs, la démesure des machines de Shu-Torun produit un effet typique du « sense of wonder » versant « big dumb object », à propos dans une saga tournant autour de super armes de la taille d’une planète.

 

 

Enfin, le versant « mystique » de l’histoire bénéficie des visions surréalistes de l’abîme comme d’un character design soigné, qui, étrangement ou pas, ont pu me faire penser à des choses plutôt franco-belges en fait, du Mœbius, du Caza, du Druillet peut-être.

 

 

Le problème, c’est les personnages – pas tous hein : les héros de la saga, ceux qui ont des visages humains clairement identifiables, sont les premiers visés, même si ce défaut affecte aussi, mais dans une moindre mesure, la reine Trios et le cruel commandant Kanchar (au look par ailleurs très improbable).

 

Le truc, c’est que Larroca, pour représenter les personnages emblématiques de la saga, a recours a une technique visant à une sorte de photo-réalisme, et reposant bel et bien sur des clichés célèbres des films, qui produit un résultat parfaitement dégueulasse, le mot n'est pas trop fort, tranchant sur la qualité remarquable d’absolument tout le reste.

 

Je ne sais pas si c’est un choix personnel ou une directive de Marvel, mais le résultat est franchement abominable : les traits sont moches, les poses figées, l’émotion absente, la pertinence à peu près jamais de mise. Je vous renvoie à cet article, si jamais, qui pose bien le problème et l’illustre avec acuité.

 

C’est vraiment dommage, parce que le reste est bon voire très bon… Et pourtant je comprendrais que des lecteurs fuient cet arc ou la suite des opérations à cause de cette très, très mauvaise idée.

 

Zou, retour en arrière, à Rogue One.

 

Cassian Andor, Jyn Erso et K-2SO ne rencontrent pas seulement, sur Jedha, Bodhi Rook et les renégats de Saw Gerrera. Pris dans la panique d’un attentat, ils sont sauvés par deux curieux personnages, sans autre affiliation – même si l’on a appris par la suite qu’ils avaient un temps collaboré avec Saw Gerrera, avant de se séparer en mauvais termes. Ils joueront cependant un grand rôle dans cette histoire, sauvant Cassian Andor et Jyn Erso plus d’une fois, sur Jedha, puis sur Eadu et enfin sur Scarif, où leur dévotion absolue les pousse au sacrifice pour une cause qu’ils n’avaient jamais explicitement embrassé.

 

Et ces deux personnages sont incarnés par deux acteurs chinois (ce qui a fait jaser, forcément : quotas-politiquement-correct-marketing-truc, vous connaissez les trolls de Star Wars) : Donnie Yen est Chirrut Îmwe, et Jiang Wen joue son bro, Baze Malbus.

 

Tous deux sont des « Gardiens des Whills », soit des sortes de moines associés au temple du Kyber à Jedha, qui révèrent la Force, sans y être toutefois sensibles eux-mêmes en principe.

 

Chirrut Îmwe, pourtant, pourrait laisser croire le contraire : ce moine aveugle (un trait du personnage choisi par son acteur, et qui évoque beaucoup de références, même si pour le coup je serais amené à chercher du côté du Japon avec Zatoichi) est un expert en arts martiaux, très habile avec son bâton mais aussi avec l’impressionnante arbalète traditionnelle de Jedha. C’est un homme dévot, bien plus que son bro, et il répète sans cesse son mantra : « Je fais corps avec la Force. La Force est avec moi. » Et il semblerait bien qu’elle le soit, oui – jusqu’à un certain point. Cela dit, il est présenté en même temps comme un homme plutôt simple et blagueur (hélas pas toujours à bon escient : il a quelques-unes des punchlines les plus ineptes du film), un peu filou aussi…

 

Il est indéniablement charismatique – pourtant, il n’a jamais intégré X-Wing.

 

 

Alors que son bro, si : Baze Malbus, lui aussi un des Gardiens, mais qui fait de suite beaucoup moins penser à un moine que Chirrut Îmwe… Il a aussi été un assassin, semble-t-il, et a peut-être davantage le physique de cet emploi ? Dans l’absolu, Baze n’est pas forcément « colossal », mais il est disons épais, impression renforcée quand il se tient au côté de son ami Chirrut, davantage format crevette (ce qui ne l'empêchera en rien de vous coller une branlée).

 

Il a assez clairement quelque chose d’un Chewbacca dans sa relation à son BFF, son Han Solo à lui : la brute bougonne mais à très bon fond, et qui tape lourd pour la cause, avec son putain de gros flingue emblématique.

 

Est-ce qu’il a perdu la foi (pour mieux la retrouver à la fin, comme de juste) ? Lui ne fait initialement pas dans le mantra, et sermonne plus qu’à son tour Chirrut pour sa dévotion… aveugle (*aheum*), qui le met perpétuellement en danger – heureusement, il est toujours là pour lui…

 

 

Et Baze Malbus, donc, figure dans X-Wing, à la différence de son copain : il est un équipage rebelle, et on le trouve dans le kit de conversion de la faction.

 

Sa capacité ne fonctionne qu’à très courte portée, mais lui permet de faire de la double concentration, ce qui est toujours sympathique. Il est beaucoup moins cher à ce jour qu’un Copilote perspicace, mais tout de même moins intéressant (à cause du stress) et fiable (à cause de la portée)… Je n’y crois pas trop, personnellement.

 

 

Alors que Jedha meurt (ou presque) sous le tir test de l’Étoile de la Mort, nos héros parviennent à s’enfuir : à ce stade, le groupe comprend Jyn Erso, Cassian Andor, K-2SO, mais aussi Bodhi Rook, encore secoué par son interrogatoire, et enfin, un peu des pièces rapportées dans cette affaire, Chirrut Îmwe et Baze Malbus, donc. Ensemble, ils formeront le cœur de l’Escadron Rogue One.

 

Mais, avant cela, ils ont une autre mission à remplir : ils se rendent sur la base secrète d’Eadu, aux conditions atmosphériques infernales, où travaille Galen Erso… mais Cassian s’est vu confier une mission qu’il doit tenir secrète : si lui se rend là-bas, c’est pour assassiner le scientifique « collaborateur » !

 

Il fléchira, pourtant – tout son groupe, et pas seulement la courageuse Jyn, même sans dire les choses ouvertement, pèse dans sa décision finale, qui l’amène à méditer sur ce que signifie au juste son adhésion à l’Alliance Rebelle – et notamment son obéissance inconditionnelle aux ordres de son supérieur, le général Draven.

 

Le cruel Krennic et les Death Troopers sont également de la partie, mais il n’y a pas forcément grand-chose à en dire de plus.

 

La seule autre carte véritablement en rapport avec Eadu dans X-Wing est un pilote de TIE Reaper, le Capitaine Feroph – dont nous ne savons à vrai dire rien, mais l’illustration de sa carte le situe sans l’ombre d’un doute sur Eadu. À vrai dire, je ne crois pas que l’on voie de TIE Reaper dans le film lors de cette séquence, mais je peux me tromper.

 

La capacité de Feroph est la variante défensive de la capacité offensive du Major Vermeil, et je préfère pour ma part cette dernière – et c’est à peu près tout.

 

 

De retour sur Yavin IV, il nous faut parler un peu plus du général Davits Draven, que j’ai mentionné à plusieurs reprises (et qui est joué dans le film par Alistair Petrie).

 

C’est donc le chef du renseignement rebelle, et en tant que tel le supérieur de Cassian Andor. Ce vétéran de la guerre des Clones est un homme dur, très agressif verbalement, et parfois cynique – pas exactement le portrait que l’on se fait traditionnellement du Gentil Combattant De La Liberté. Draven sait que l’Alliance Rebelle doit se salir les mains, parfois, pas seulement pour vaincre, d’ailleurs – pour simplement survivre. Ses agents, dès lors, accomplissent les missions qui puent un peu, et sans se pincer le nez : sabotage, assassinats ciblés ou moins ciblés, etc.

 

Mais Cassian Andor est amené à lui désobéir, présageant de la sorte la formation de l’Escadron Rogue One, qui, refusant de suivre les ordres du commandement paniqué (ce qui inclut sauf erreur Draven ; non qu’il panique, lui, mais c’est un homme avant tout pragmatique), qui décide donc de s’attaquer à Scarif pour y récupérer les plans de l’Étoile de la Mort, incluant la faille conçue par Galen Erso.

 

La carrière de Draven se poursuivra après Rogue One puis la bataille de Yavin, jusqu’à ce qu’il périsse des mains mêmes de Dark Vador, se sacrifiant pour permettre à Leia de fuir (ainsi qu’on le verra dans la BD Star Wars). Peut-être s’agit-il d’une forme de rédemption – ou pas.

 

En tout cas, il incarne d’ici-là une figure alternative de l’officier rebelle, compétent sans doute, mais beaucoup, beaucoup, beaucoup moins « héroïque », surtout au sens moral, que les Luke, Leia, Han, Chewie et compagnie.

 

Le général Draven n’apparaît pas dans X-Wing – il y aurait sans doute moyen d’en tirer quelque chose.

 

 

Ceci dit, le haut commandement rebelle tel qu’il est décrit dans Rogue One n’est pas exactement tip-top, dans l’ensemble. La plupart de ses représentants paniquent donc quand ils apprennent que l’Étoile de la Mort n’a rien d’un mythe (et on peut supposer que beaucoup d’entre eux étaient justement disposés à n’y voir qu’une rumeur sans aucun fondement), et ils ne pensent plus guère qu’à fuir.

 

Jyn Erso, pourtant très fraîchement rebelle, et abattue par le décès de son père qu’elle n’avait plus vu depuis tant d’années, plaide pour un assaut sur Scarif – là où se trouvent les archives impériales qui permettront de planifier la destruction de la station de combat impériale, conformément aux instructions de Galen. Mais on ne l’écoute pas : bien rares sont ceux qui, comme Raddus, le très agressif amiral mon calamari (il n’y a pas qu’Ackbar dans ce cas), jugent que le plan de Jyn doit être tenté, même s’il est franchement désespéré, parce que c’est le seul moyen pour l’Alliance Rebelle de survivre (la panique équivaut peu ou prou à sa dissolution effective).

 

Raddus non plus ne figure pas dans X-Wing – pas plus qu’Ackbar, en fait ; tous deux seraient bien à leur place dans les vaisseaux immenses que FFG nous a promis, parallèlement au mode de jeu épique.

 

 

Mais le discours de Jyn n’est pas un flop complet : dans l’anarchie du quartier général, si les grands noms ont fait la sourde oreille, d’autres rebelles de rang inférieur se sont montrés plus réceptifs. Parmi eux, ceux qui sont devenus ses amis sur Jedha et Eadu, mais aussi d’autres – des gens avec qui elle n’avait jamais été en rapport.

 

L’assaut sur Scarif a été prohibé, en définitive, par le haut commandement frileux – mais tous ces Rebelles, eh bien, vont se montrer rebelles, et refuser de se plier aux ordres. Ensemble, ils formeront l’Escadron Rogue One (un nom improvisé par Bodhi Rook, mais semble-t-il très référentiel dans l'univers « Légendes »), et partiront pour Scarif, dans une mission dont ils savent bien qu’elle est probablement suicidaire.

 

On pourrait être tenté de dire que ce sont précisément Jyn Erso et Rogue One qui introduisent effectivement l’héroïsme dans l’Alliance Rebelle – là où le tableau qui en était dressé jusqu’alors dans le film n’était pas aussi engageant. Ensemble, ils pavent le terrain pour les héros à venir, les Luke Skywalker, les Han Solo, tandis que la princesse Leia, en fait déjà de la partie, mais encore dans l'ombre, figurera jusqu’à l’extrême l’Alliance Rebelle dans ce qu’elle a de plus… noble.

 

Dans la série Marvel Star Wars tout spécialement, Luke est obsédé par le précédent de Jyn Erso, et y rend sans cesse hommage : Jedi mis à part, elle est le modèle à suivre.

 

Ces (doublement) Rebelles incarnent en fin de compte l’Altruisme – dans le vocabulaire de X-Wing, le talent (qui devrait être normalement) « adjectif » (mais ne l'est bizarrement pas en français) associé à la Rébellion. Hélas, cette carte n’est pas hyper séduisante – outre que son illustration est en ce qui me concerne une des plus moches du jeu, ce qui est ballot tout de même.

 

 

L’Escadron Rogue One, outre les héros que nous suivons depuis Jedha, comprend beaucoup d’anonymes. Cependant, un peu à la manière de ce qui s’était passé avec les partisans de Saw Gerrera, le film joue de l’impact visuel pour faire ressortir des personnages dont on ne sait rien par ailleurs.

 

Mais, ici, cela profite surtout à un personnage : un Iakaru du nom de Bistan, qui officie en tant qu’artilleur sur un U-Wing UT-60D, mais qui prendra part ensuite, comme les autres, aux combats au sol.

 

 

Et Bistan figure bien dans X-Wing, justement en tant qu’artilleur – et assez intéressant, d’ailleurs, puisqu’il fournit une option de double attaque à son vaisseau s’il est doté d’une tourelle.

 

(Au passage, il figure également dans Légion, en tant que commando !),

 

Maintenant, s’il faut bien se rendre sur Scarif, sur place, la mission de Rogue One consistera essentiellement en infiltration et en combats au sol.

 

Ce qui ne signifie pas que Jyn Erso et ses amis doivent se passer de soutien aérien. En fait, un second escadron, d’une certaine manière, rassemble des pilotes qui choisissent eux aussi d’enfreindre les ordres pour venir en aide à Rogue One.

 

Certains, anonymes, pilotent le vaisseau emblématique du film pour ce qui est de l’Alliance Rebelle, à savoir le U-Wing UT-60D – par exemple le générique Éclaireur de l’Escadron Bleu.

 

 

Mais, là encore, quelques-uns se singularisent un peu dans la masse – et notamment Heff Tobber, qui pilote un X-Wing T-65 (plusieurs de ces vaisseaux emblématiques de l'Alliance Rebelle participent à l’opération).

 

 

Étrangement, le jeu X-Wing choisit pourtant de faire de Heff Tobber un pilote de U-Wing UT-60D lui aussi.

 

Sa capacité est un peu tordue mais potentiellement intéressante – le camarade Albu a un peu expérimenté autour du bonhomme…

 

 

Mais il y a d’autres pilotes dans cette opération qui parlent sans doute davantage aux joueurs de X-Wing – ne serait-ce que parce qu’ils existaient avant Rogue One, parce qu'ils sont intéressants en jeu, et parce que leurs cartes, pour le coup, évoquent leur participation à la bataille de Scarif.

 

Le plus célèbre du lot est probablement Jon « Dutch » Vander, un pilote de Y-Wing BTL-A4, et le chef de l’Escadron Or – ledit escadron le suivant dans la bataille, comme il le fera encore, plus tard, lors de la bataille de Yavin… où « Dutch » périra, abattu par Dark Vador himself.

 

 

Le jeu X-Wing offre à cet égard la possibilité de jouer en générique le Vétéran de l’Escadron Or

 

 

… mais aussi « Dutch » Vander lui-même, un bon chef d’escadron avec une bonne capacité de soutien.

 

 

Or Rogue One a besoin de tous ces pilotes – et du soutien en termes de vaisseaux capitaux que fournit finalement Raddus : on ne pouvait pas retenir en arrière le bouillant amiral...

 

En effet, si, grâce à Bodhi Rook, Jyn Erso et compagnie ont pu franchir le bouclier planétaire doté d’un unique portail qui garde l’accès à Scarif, ils ont bien besoin sur place d’un soutien aérien – quelques vaisseaux parviennent à s’infiltrer avant que le portail ne se referme, interdisant l’accès aux autres…

 

Mais la bataille se joue aussi dans l’espace, et le portail doit être neutralisé pour que les plans de l’Étoile de la Mort puissent être communiqués aux Rebelles.

 

J’aime beaucoup cette idée du portail – à une époque, je me disais que ce genre de gros machin pourrait donner des trucs rigolos dans des parties scénarisées en épique… Bon, ça passe sans doute après les GROS VAISSEAUX, hein !

 

 

Ceci étant, dans l’espace comme sur Scarif, les vaisseaux rebelles et impériaux s’affrontent. Et le film choisit là aussi de mettre en avant deux nouveaux vaisseaux pour les Impériaux, essentiellement conçus pour le vol atmosphérique : le chasseur TIE/sk Striker, et le transport de troupes TIE Reaper.

 

On voit beaucoup de Strikers dans le film – reconnaissables à leurs longs ailerons mobiles. Le Reaper, par contre, se fait plus discret : la présente photo, où il est accompagné par des Strikers, est peut-être sa seule apparition clairement identifiable dans Rogue One (même s’il me semble que l’on en voit un aussi vers le tout début du film, juste avant que Cassian Andor n’abatte l’indic trop nerveux, mais je ne suis pas sûr de moi).

 

 

Dans X-Wing, pourtant, même avec un temps de retard, le TIE Reaper est devenu un vaisseau jouable – il était à mon sens bien plus intéressant en v1 qu’en v2, mais qu’importe.

 

L’importance « ludique » de ce vaisseau sur Scarif est appuyée, là encore, par des cartes qui font directement référence à son rôle pendant la bataille.

 

Cela vaut tout d’abord pour le générique Pilote de la Base de Scarif (eh)…

 

 

… mais aussi, côté nommés, pour le Major Vermeil – le plus agressif des pilotes de Reapers.

 

 

Le jeu ne se montre pas aussi explicite concernant le rôle des bien plus présents TIE/sk Strikers – mais les illustrations, pour la plupart, renvoient probablement à la bataille de Scarif, ce que confirme le plus souvent le lore en dehors du seul jeu.

 

Cela vaut pour des pilotes génétiques, comme la Sentinelle planétaire

 

 

… ou encore l’Éclaireur de l’Escadron Noir

 

 

… mais aussi pour des pilotes nommés, au premier chef « Countdown »

 

 

… mais aussi « Duchess », deux chouettes pilotes, par ailleurs, si le Striker demeure hélas souvent un second choix dans les listes impériales, même en Hyperespace.

 

 

La situation est un peu plus ambiguë pour les pilotes restants de ces deux châssis : Vizier pour ce qui est du TIE Reaper (encore que l'illustration, hein, bon)…

 

 

… et le méchant « Pure Sabacc » pour ce qui est du TIE/sk Striker (ce cadre enneigé, cette fois, semble bien différent de Scarif).

 

Quoi qu’il en soit, il y a beaucoup de monde qui se fritte sur Scarif…

 

 

Bon, vous savez comment ça se termine, hein… Par du fan service, disent les mauvaises langues – mais ça tombe bien, je suis fan, j’aime qu’on me serve, et après une scène pareille j’ai putain d’envie de jouer à Légion là putain de tout de suite.

 

Parce qu’il n’y a pas que X-Wing dans la vie. Presque, mais pas que.

 

 

E​t puisque cette séquence est « calibrée pour YouTube », eh bien, en voici la vidéo sur YouTube :

Ce qui fait une bonne fin.

 

Parce qu’il faut bien s’arrêter quelque part (ouah, ç’a été plus long que prévu…).

 

Je crois avoir dit l’essentiel de ce qui me paraissait intéressant dans cette exploration de l’univers Star Wars passé au prisme de Rogue One. Les références abondent par ailleurs, dans des romans ou des BD moins ciblés, mais, outre le film lui-même, Catalyseur et Les Cendres de Jedha, avec leurs défauts parfois marqués, m’ont semblé offrir le plus de développements à même de parler aux amateurs, qui ont certainement vu le film, mais pas forcément lu ce roman ou cette BD (n’hésitez pas à me détromper, hein).

 

Et ça me paraissait pertinent que d’honorer sur ce blog Jyn Erso comme LA CANAILLE SÉDITIEUSE ET ANARCHISTE QU’ELLE EST !

 

 

Ben, on se refait pas, hein.

 

#PalpForever #VaderTakeTheWheel

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