Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Autour de Lando

Publié le par Nébal

Autour de Lando

LANDO, DEUX ÉPOQUES

 

Après avoir évoqué, il y a quelques temps de cela, la mystérieuse Capitaine Phasma, j’ai eu envie, aujourd’hui, de passer à un personnage autrement plus ancien, et, dès lors, autrement mieux connu : le légendaire Lando Calrissian. Dès lors, cet article aura forcément une approche différente, car je ne saurais vous en apprendre beaucoup quant à ce personnage aux nombreuses aventures. Si j’ai choisi d’en traiter aujourd’hui, c’est parce que l’actualité BD (française) m’y incite : en effet, est parue tout récemment, chez Panini, Lando : Quitte ou double, qui est la deuxième mini-série Marvel consacrée au personnage de Lando (un cas pour l’heure unique) – et j’ai supposé que cela valait bien le coup d’en parler, et tant qu’à faire de remonter également à la première mini-série, en français Lando : Le Casse du siècle.

 

D’autant que, sans vraie surprise pour le coup, ces deux mini-séries mettent en scène le personnage à deux moments bien différents de sa vie : en fait, là où Le Casse du siècle se situe quelque part entre Un nouvel espoir et L’Empire contre-attaque, Quitte ou double se situe immédiatement avant Solo.

 

 

Et ce sont deux Lando passablement différents. Le premier, bien sûr, l’original, était incarné à l’écran par Billy Dee Williams – apparu dans L’Empire contre-attaque, il était toujours de la partie dans Le Retour du Jedi, même si, dans les deux cas, il ne prenait pas forcément beaucoup de temps de présence à l’écran ; ceci dit, son rôle était tout de même déterminant à chaque fois.

 

 

À noter, on avance que Billy Dee Williams reprendra le rôle de Lando Calrissian dans l’épisode IX, annoncé pour décembre 2019. Cela ferait de Lando, dont le sort après Le Retour du Jedi était du coup un peu mystérieux, un de ces personnages de la licence que l’on suit sur trois générations, et les autres lui sont liés, puisqu’il s’agit de Han Solo et de Chewbacca – avec trois états différents du Faucon Millenium, qui est bien initialement le « Faucon de Lando »…

 

 

Mais, pour l’heure, nous n’en sommes pas là, et seule la génération antérieure du personnage nous est accessible, depuis le film Solo, dans lequel Lando est incarné, avec un certain magnétisme, par Donald Glover, aka Childish Gambino.

 

Et les deux mini-séries traitent donc chacune d’une génération différente.

 

 

Lando apparaît à plusieurs reprises dans les cartes de X-Wing.

 

Tout d’abord, on le trouve trois fois en tant que pilote. Initialement, il était un des pilotes nommés du Cargo léger YT-1300 modifié, soit l’avatar rebelle du Faucon Millenium.

 

 

Depuis, et forcément, nous l’avons également découvert comme pilote du Cargo léger YT-1300 personnalisé, soit l’avatar racaille du Faucon Millenium, antérieur au précédent, et directement issu du film Solo.

 

 

Mais, le concernant, il faut aussi mentionner que Lando Calrissian peut être également le pilote d’un Vaisseau de secours, la différence matérielle essentielle entre les trois états du Faucon Millenium

 

 

… opportunité qui lui est conférée par le titre Faucon Millenium de Lando.

 

Plus exactement, on peut jouer le Vaisseau de secours sans, c'est seulement la possibilité de l'arrimage qui est ici prise en compte.

 

Je ne vais pas rentrer dans les détails : j’avais comparé les différentes versions du YT-1300 dans mon article sur le kit de conversion de la Résistance – même si je suppose que mes idées sur la question ont pu pas mal changer depuis… même si c'est assez récent. Mais justement : j’envisage de revenir plus en détail sur tout cela au travers d’une chronique de l’extension Faucon Millenium de Lando, même si, en tant que joueur impérial, je risque de passer à côté de pas mal de choses… Bon, on verra bien.

 

 

Nous n’en avons de toute façon pas fini avec Lando Calrissian dans les cartes de X-Wing, puisqu’il faut prendre en compte qu’il est également disponible en tant qu’équipage pour les factions de l’Alliance Rebelle et des Racailles et Scélérats – là encore fonction de deux générations différentes.

 

Ce qui me paraît intéressant, ici, c’est que ces deux cartes expriment toutes deux l’idée d’un Lando joueur – plus précisément, un champion du sabacc, le jeu de cartes le plus populaire de l’univers Star Wars. En fait, le concept même du jeu de sabacc a été initialement développé dans un roman de l’univers « Légendes » justement consacré à Lando Calrissian, et l’association du personnage et de ce jeu n’a fait que progresser depuis, ce dont le film Solo témoigne plus que jamais.

 

 

Ceci étant, le jeu X-Wing peut faire allusion au sabacc en dehors du seul personnage de Lando Calrissian – que l’on pense notamment au pilote de TIE/sk Striker connu sous le pseudonyme de « Pure Sabacc » (soit la main ultime de ce jeu).

 

 

Seulement, avec Lando, cet attrait pour le sabacc se traduit en jeu par des effets assez... eh bien, ludiques, misant sur le pari et la chance.

 

L’équipage rebelle reprend ici pour partie son ancêtre en v1, mais tout de même en le rendant un peu moins aléatoire, et donc un peu moins risqué (ou, pris en sens inverse, les probabilités que cette action s’avère profitable sont désormais bien plus élevées) : c’est que Lando est un maître dans sa partie (et donc un tricheur expert)… même si, lors d’une mémorable partie, il a bel et bien perdu le Faucon Millenium au profit d’un certain Han Solo.

 

 

L’équipage Lando dans la faction des Racailles et Scélérats joue plus classiquement sur le principe de la relance : la dimension « joueuse » demeure, mais sur un mode plus orthodoxe.

 

À noter, Lando pilote racaille, aussi bien du YT-1300 que du Vaisseau de secours, dispose d’une autre option de relance, proche dans l’esprit mais reposant sur une mécanique différente.

 

 

Et, là, une question se pose, j’imagine : si Billy Dee Williams revient bien dans l’épisode IX, cela se traduira-t-il dans X-Wing par un Lando de la Résistance, pilote, équipage, ou peut-être artilleur ? Mais quelle est la marge de manœuvre de FFG en l’espèce ? Si Lando est d’une manière ou d’une autre toujours associé au Faucon Millenium, cela peut s’avérer problématique, l’idée étant, en principe, de ne pas intégrer dans les extensions à venir reprenant le contenu v1 des cartes absentes des kits de conversion – en l’espèce celui de la Résistance, dans lequel figure déjà le YT-1300 récupéré… Je suppose que des biais sont envisageables, mais… Honnêtement, je ne me sens pas de spéculer davantage – mais je crois que la question devait être posée.

 

LE CASSE DU SIÈCLE

 

 

Voyons maintenant ce que les deux mini-séries ont à nous apprendre concernant Lando, en ayant toujours en tête, aussi souvent que possible du moins, d’établir des passerelles avec le jeu X-Wing.

 

Je vais commencer par examiner Le Casse du siècle, en privilégiant l’ordre de parution plutôt que la chronologie interne de la saga.

 

Lando : Le Casse du siècle est donc une des premières mini-séries de la licence canonique Star Wars chez Marvel. En 2015, l’éditeur avait en effet choisi, outre les séries régulières Star Wars et Dark Vador, de consacrer des mini-séries, généralement constituées de cinq épisodes, autour de personnages majeurs de la saga (ce qui n’excluait pas, à la même époque, d’autres mini-séries avec une approche différente, comme Les Ruines de l’Empire). La qualité de ces mini-séries était à vrai dire très variable… Je n’ai pas lu Obi-Wan et Anakin, mais le reste s’étageait entre le plutôt bon (Princesse Leia), le correct (Chewbacca), le plutôt mauvais (Han Solo – surtout en raison d’un scénario affligeant, le dessin était cependant irréprochable) et le très mauvais (Mace Windu – mini-série bavarde et moche, ambitieuse mais vraiment pas du tout à la hauteur, et finalement plus agaçante qu’autre chose).

 

Et Lando, alors ? Eh bien, très franchement, je crois que c’est la meilleure de ces mini-séries – et probablement d’assez loin. Déjà parce que le dessin d’Alex Maleev a une vraie personnalité, qui fait trop souvent défaut au travail de ses collègues sur la licence Star Wars (même s’il y a bien sûr quelques exceptions) – le dessinateur a d’ailleurs réalisé lui-même les couvertures de la mini-série, ce qui n’est plus si commun, et le résultat est de toute beauté… avec une exception, hélas celle qui a été retenue pour orner ce volume français ! Oui, c’est clairement et de loin la moins belle… Et la seule très « BD », les autres évoquent plutôt des peintures.

 

Mais si le dessin d’Alex Maleev brille, le scénario de Charles Soule se montre aussi plutôt convaincant – il tente des trucs, soigne l’ambiance… et trompe peut-être un peu les attentes du lecteur, avec habileté et pertinence, quand son récit de « casse du siècle », évoquant tant de films à la Ocean’s Eleven, se mue en un huis-clos horrifique empruntant pas mal à Alien voire à The Thing – non sans un certain humour pince-sans-rire qui s’intègre étonnamment bien dans tout ça, de même qu’une dose de mélodrame plutôt bien géré.

 

Enfin, la mini-série Lando regorge d’informations sur l’univers Star Wars, et les enjeux de cette aventure s’avèrent bien vite autrement conséquents que ce que l’on est supposé croire initialement…

 

Et, euh, du coup, oui : les gens, à partir de maintenant, je vais pas mal SPOILER les deux mini-séries, alors, attention, hein…

 

 

Si cette BD approfondit bien la psychologie de Lando (son goût du bluff, notamment – illustré ici par son rapport aux blasters, qui sont à l’en croire réservés « aux minables, aux gens sans imagination » !), elle met en scène d’autres personnages tout à fait intéressants. Si certains ne réapparaîtront probablement plus jamais dans des BD, des romans, etc., de l’univers Star Wars, il y a tout de même quelques exceptions ; deux, sur lesquelles je reviendrai plus loin, portent sur des personnages créés initialement pour cette mini-série, mais Le Casse du siècle accorde aussi une grande importance à un mystérieux personnage que nous avons occasionnellement croisé depuis fort longtemps, à savoir Lobot – en fait, la BD explique, pour le coup, un des éléments les plus mystérieux du personnage : pourquoi il ne parle pas.

 

Lobot, donc. Nous le voyons à peine dans les films – seulement dans L’Empire contre-attaque, en fait, et encore, à la toute fin du métrage, où il est intimement associé à Lando Calrissian, alors que ce dernier officie en tant qu’administrateur de la Cité des Nuages, sur Bespin (au passage, l’acteur John Hollis, qui l’incarne, est mort en 2005). Et, donc, le personnage ne parle jamais. Il attire pourtant l’attention, avec son apparence étrange – ces implants qui lui sont soudés au crâne comme une sorte de casque audio...

 

Depuis L’Empire contre-attaque, Lobot est occasionnellement réapparu dans des romans, des BD, etc. Mais, sauf erreur, la mini-série Lando est à cet égard sa seule apparition dans l’univers canonique décrété par Disney acquérant la licence Star Wars en 2012. Certains points antérieurement définis semblent toutefois demeurer valides – par exemple, Lobot serait en fait natif de Bespin, et, surtout, ce serait l’Empire qui lui aurait conféré ses implants, ceci à fin d’en faire un « ordinateur humain », une sorte de Mentat dans Dune au fond, tout spécialement compétent pour effectuer des calculs de probabilités à une vitesse inouïe (encore que la saga Star Wars nous montre régulièrement le pourtant très timoré C-3PO faire ce genre de choses), et, pour le coup, dans une optique militaire : Lobot n’a rien d’un guerrier, mais définit des stratégies et coordonne les troupes, outre qu’il peut se connecter à des réseaux informatiques complexes à distance, etc.

 

Mais nous savons aussi, sans forcément être bien certains des circonstances, que Lobot a fini par lâcher l’Empire, en s’associant au contrebandier Lando Calrissian. La BD, qui se situe donc entre Un nouvel espoir et L’Empire contre-attaque (mais elle est probablement plus proche du premier que du second, dans la mesure où Lando n’est pas encore l’administrateur de la Cité des Nuages, ce qu'il semble être depuis quelque temps quand il apparaît dans l'épisode V), la BD donc nous présente en tout cas les deux personnages comme étant de vieux amis – même si Lobot est un peu aigri, ou peut-être surtout mélancolique ; sceptique au regard des ambitions démesurées de Lando, convaincu de ce que le contrebandier joue pour perdre, mais certainement pas du genre à laisser tomber un ami – et, oui, Lobot parle, c’est ainsi que nous savons tout cela.

 

Seulement voilà : les implants de Lobot sont à la fois sa force et sa malédiction – car ils ont une fâcheuse tendance à vouloir prendre le contrôle… Lobot doit se surveiller constamment pour que cela ne se produise pas. Hélas, dans Le Casse du siècle, il est bientôt salement blessé – un état qui ne lui permet pas de conserver le contrôle. Les soins d’urgence dans une cuve à bacta auraient pu le sauver, mais la nécessité de quitter le vaisseau volé, sur le point de s’auto-détruire, les interrompt précocement, et Lobot fait le choix de laisser les implants prendre le contrôle, car c'est alors le seul moyen de sauver ses amis – tout spécialement Lando, donc, mais aussi Chanath Cha, j’y reviendrai : il sacrifie donc sa conscience – son humanité, d’une certaine manière… Et c’est pourquoi le Lobot de L’Empire contre-attaque n’a plus grand-chose d’humain, l’ordinateur a déjà emporté la partie – Lando ne reste pas moins attaché à son vieil ami, et honore son ultime sacrifice.

 

En fait, il l’honore d’autant plus que Lobot, au moment de laisser ses implants prendre définitivement le contrôle, a un dernier message pour Lando : il vaut mieux que ça… Un personnage doté d’un tel charisme, si malin, si compétent, devrait mettre ses aptitudes au service d’une cause, plutôt que de lui-même ! Et, à terme, c’est bien ce qui se produira, Lando rejoignant l’Alliance Rebelle… sous le coup du remords d’avoir trahi Han Solo. Lobot, l’ordinateur humain, est au fond, même si paradoxalement de prime abord, celui qui a enseigné au « meilleur contrebandier de la galaxie » la valeur de l’amitié, et celle de l’idéal.

 

Et là, je ne peux m’empêcher de remarquer que Lobot n’apparaît nulle part dans le jeu X-Wing. Cette BD m’incite pourtant plus que jamais à penser que le personnage a du potentiel, y compris ludique…

 

 

Quoi qu’il en soit, au début de la BD, Lando, qui joue un jeu dangereux avec la Moff Ssaria, est perclus de dettes, et contraint (plus ou moins…) d’accepter une mission qui devrait permettre d’en effacer la plupart. Il s’agit simplement de s’emparer d’un yacht spatial appartenant à un riche impérial anonyme – le vaisseau de plaisance est en cours de réparations sur un chantier orbital proche… Lando monte sa petite équipe, et s’empare sans coup férir du luxueux vaisseau.

 

Une mauvaise idée ? Il faut croire : il est aussitôt assailli par trois destroyers stellaires, rien que ça !

 

 

Lesquels emploient des armes particulières, et notamment des « mines à gravité » ; on peut douter cependant que ces mines inédites intègrent un jour le jeu X-Wing, car leur objet est avant tout d’empêcher les vaisseaux affectés de passer dans l’hyperespace, ce qui n’aurait pas vraiment d’impact ludique.

 

 

En revanche, les destroyers font usage de Rayons tracteurs… et Lando y échappe en recourant à une manœuvre particulièrement rocambolesque : le pilote habile fait en sorte que les rayons tracteurs de deux destroyers se verrouillent l’un l’autre !

 

Après quoi Lando, n’ayant plus à craindre les mines à gravité, peut passer dans l’hyperespace...

 

 

Bon, vous vous en doutez, hein : le « riche impérial » propriétaire de ce yacht répondant au nom d’Imperialis… n’est autre que l'Empereur Palpatine lui-même ! Qui n’apprécie pas vraiment que l’on s’empare de ses biens… ceci d’autant plus, à vrai dire, que l’Imperialis abrite son impressionnante collection d’artefacts Sith : Lando et ses compagnons sont ainsi amenés à entrevoir la véritable nature de l’Empereur… Mais, de manière plus pressante, ils ont surtout à composer avec la corruption suintant de ces reliques maléfiques – qui les retourne les uns contre les autres !

 

Bref : ils comprennent bien vite, mais, aheum, un peu tard, qu’ils ont fait une putain de boulette et qu’ils sont dans la merde de bantha jusqu’au cou.

 

 

Et c’est ici qu’intervient un nouveau personnage de premier plan, cette fois créé spécialement par Charles Soule et Alex Maleev pour cette mini-série – mais réapparu depuis plusieurs fois dans d’autres séries, en lien avec Dark Vador et de manière moins marquée avec le Docteur Aphra.

 

Le personnage est pour l’heure absent d’X-Wing, mais sait-on jamais ? En même temps, la situation du Docteur Aphra, justement, témoigne probablement de ce que le développement d’un personnage dans la licence Star Wars n’est en rien une garantie qu’il apparaisse un jour ou l’autre dans X-Wing… Et, dans le cas de l’archéologue, je le regrette tout particulièrement – d’autant qu’elle pourrait faire un entre-deux appréciable, mi-racaille, mi-impériale, dans la lignée des droïdes psychopathes 0-0-0 et BT-1 qui lui sont intimement associés !

 

Mais revenons au Casse du siècle. Le personnage dont je parlais s’appelle Chanath Cha, et il s’agit d’une chasseuse de primes impitoyable, ce dont témoignent ses premières apparitions dans la BD (pas dépourvues d’une sorte d’humour à froid, en même temps).

 

Et elle accomplit régulièrement des missions pour Palpatine en personne. En fait, dans l’affaire très sensible du vol de l’Imperialis, l’Empereur préfère recourir à ses services plutôt qu’à ceux de sa flotte impériale – parce qu’il est crucial que l’on ne découvre pas son goût pour les choses Sith ! Chanath Cha a donc pour tâche de reprendre le vaisseau aux voleurs… mais les instructions de Palpatine stipulent que, si l’affaire traîne trop, elle ne devra pas hésiter à détruire l'Imperialis plutôt que de courir le risque de le voir tomber entre les mains d’individus plus dangereux pour l'Empire que les crétins de voyous qui s’en sont emparés sans savoir dans quoi ils s’engageaient…

 

Nous ne voyons tout d’abord Chanath Cha qu’en armure, et elle a une dégaine assez mandalorienne – à vrai dire, elle fait beaucoup penser au légendaire Boba Fett, dont elle aurait remplacé le jetpack par des bottes à répulsion. Dans les premières planches qui lui sont consacrées, cela lui confère quelque chose d’un super-héros un peu kitsch, délibérément je suppose – mais ceci seulement pour ce qui est du visuel : la chasseuse de primes n’est pas exactement étouffée par la morale !

 

Pourtant, elle se montrera dans la suite de la BD sous un autre jour – retirant alors son casque, et révélant une femme noire musculeuse. C’est que Chanath Cha, si elle n’a initialement aucune idée de l’identité des voleurs de l’Imperialis, se retrouve confrontée à un dilemme quand elle découvre qu’il s’agit de Lando et Lobot : les personnages se connaissaient avant cela, et plusieurs éléments laissent entendre une liaison passée, et encore un peu douloureuse, entre la chasseuse de primes et l’ordinateur humain…

 

Elle fera finalement le choix de sauver ses amis – contrevenant ainsi aux instructions de Palpatine himself ! Il lui faudra sans doute le payer un jour…

 

 

Mais revenons un peu en arrière, car un certain nombre d’autres éléments associés à Chanath Cha figurent cette fois dans le jeu X-Wing – ou, plus exactement, le feront très bientôt, avec la vague 3…

 

En effet, afin de lui permettre d’accomplir au mieux sa mission, Palpatine confie à Chanath Cha un vaisseau spatial sortant de l’ordinaire, un de ses propres appareils : il s’agit du Cimeterre – et c’est clairement un Infiltrateur Sith.

 

 

En fait, un article tout récent de FFG a révélé pas mal de choses concernant le contenu de cette future extension associée à la nouvelle faction des Séparatistes, parmi lesquelles un séduisant titre Cimeterre (jouant sur l’occultation et le brouillage).

 

 

Mais cela va au-delà : si ce vaisseau avait pu être associé à d’autres personnages longtemps auparavant (en tête, Maul), la mini-série Lando : Le Casse du siècle en introduit un nouveau, spécialement créé pour l’occasion, le droïde O-66 – qui est en quelque sorte l’intendant du Cimeterre.

 

Chanath Cha et O-66, très vite, se cherchent des poux, un peu gratuitement à vrai dire, mais cela produit des scènes assez drôles en même temps que la psychologie des deux personnages (oui, celle du droïde aussi) s’en retrouve approfondie. O-66 est futé, et, en fin de compte, c’est d’une certaine manière lui qui l’emporte dans cette rivalité de collégiens ! En tout cas, à la fin de la BD, il se barre avec le Cimeterre, laissant Chanath Cha pour morte dans l’Imperialis sur le point de s’autodétruire…

 

 

Or l’article mentionné plus haut en a déjà fait état : O-66 sera un des pilotes nommés de l’Infiltrateur Sith – le seul à être un droïde.

 

En fait, je suppose que la carte illustre précisément O-66 s’éloignant de l’Imperialis en train d’exploser…

 

 

Rapidement, j’aimerais faire une dernière remarque – peut-être un peu plus problématique ? En effet, le choix du Cimeterre pour effectuer cette mission n’a rien d’innocent de la part de Palpatine : ce vaisseau est à même de traquer l’Imperialis à travers l’hyperespace, car il peut identifier la « signature » du yacht spatial.

 

Et je me demande si c’est bien cohérent – dans la mesure où, dans Les Derniers Jedi, on semble mettre l’accent sur le fait qu’il est théoriquement impossible de pister ainsi un vaisseau : pour le coup, que le Premier Ordre en soit capable semble témoigner d’une avancée technologique capitale, qui se traduit dans le jeu par la technologie spécifique au Premier Ordre appelée Données de pistage hyperspatial – or l’action du Casse du siècle prend place bien vingt ou trente ans avant Les Derniers Jedi

 

Mais c’est peut-être moi qui interprète mal tout cela, et pinaille quand cela n’en vaut vraiment pas la peine.

QUITTE OU DOUBLE

 

 

Mais Lando, depuis, a donc fait l’objet d’une deuxième mini-série – cas sauf erreur unique pour l’heure, mais peut-être pas si surprenant : c’est une conséquence somme toute logique de la sortie du film Solo, dans lequel le personnage incarné par Donald Glover vole plus qu’à son tour la vedette a celui incarné par Alden Ehrenreich (une question de charisme…). Le personnage de Lando est à vrai dire un des principaux atouts de ce film que j’ai trouvé bien plus sympathique qu’on ne me le disait : ce jeune homme arrogant, narcissique, horriblement imbu de lui-même, s’avère délicieusement horripilant…

 

Quoi qu’il en soit, la deuxième mini-série consacrée à Lando s’intitule Quitte ou double (Double or Nothing en VO) ; ses cinq épisodes sont parus aux États-Unis en 2018, et la BD a été presque aussitôt traduite, pour une parution française en volume en ce mois de février 2019. L’équipe aux manettes est différente de la première mini-série : le scénario est cette fois le fait de Rodney Barnes, et le dessin de l’Italien Paolo Villanelli.

 

C’est une mini-série plutôt honnête, je suppose – voire un peu plus que cela : elle bénéficie d’un rythme enlevé, et de reparties savoureuses, tout spécialement bien sûr quand il s’agit de montrer Lando et la droïde L3-37 se crêper le chignon.

 

Comme dans le film, quoi. En fait, c’est le souci de cette mini-série, en ce qui me concerne : elle est un peu redondante avec Solo… Il lui manque donc la personnalité plus affirmée du Casse du siècle.

 

En outre, l’histoire à proprement parler est un peu plate – nous sommes immédiatement avant Solo, et nous y voyons Lando faire son office de contrebandier pour des « rebelles », ceci sur une planète du nom de Kullgroon, où la population a été réduite en esclavage par les Impériaux, et dont une des principales activités est la mise au rebut de droïdes défectueux, ce qui, forcément, affecte directement la militante L3-37.

 

Lando, comme de juste, s’y montre un tout petit peu moins égoïste qu’il ne le prétend (un tout petit peu), cette mission, quoi qu'il prétende, anticipant sur sa future adhésion à l'Alliance Rebelle (une bonne vingtaine d'années plus tard, tout de même), et on trouve çà et là quelques autres allusions à son avenir – ainsi quand il balance (un peu gratuitement ?) qu’il n’a certainement pas l’ambition de devenir un jour le chef d’une colonie…

 

Ça fonctionne plutôt bien, oui – mais, voilà, c’est un peu redondant. Et, du coup, la lecture de cette mini-série nous en apprend beaucoup moins sur l’univers Star Wars que Le Casse du siècle, elle manque de véritables apports originels. Aussi n’ai-je pas forcément grand-chose à en dire dans le cadre de cet article – beaucoup moins en tout cas que pour Le Casse du siècle.

 

 

Lando mis à part, un seul personnage a vraiment de la présence, et c’est donc la droïde L3-37. Comme dans le film, la relation (ambiguë ?) entre les deux personnages passe par quantité d’échanges savoureux, chacun rivalisant d’esprit et de sarcasmes acérés.

 

Le personnage est chouette, mais le problème est donc qu’à cet égard la mini-série n’apporte finalement rien au film…

 

 

Bien sûr, depuis la sortie de l’extension Faucon Millenium de Lando, L3-37 a intégré le jeu X-Wing.

 

Comme le Lando racaille, la droïde peut aussi bien piloter le Cargo léger YT-1300 personnalisé

 

 

… que son Vaisseau de secours.

 

Et, de même que pour Lando, sa capacité de pilote demeure la même quel que soit le vaisseau qu’elle pilote.

 

 

L3-37 apparaît également en tant qu’équipage, mais avec un fonctionnement particulier – c’est une carte duale unique en son genre, car elle change de catégorie d’amélioration quand on la retourne.

 

 

En effet, l’équipage L3-37, une fois retourné, devient (définitivement) une configuration intitulée Programmation par L3-37 – un mécanisme qui, pour le coup, renvoie directement au film Solo, et c’est plutôt bien pensé.

 

L’effet de la programmation, sans être identique, est dans le même esprit que la capacité de L3-37 en tant que pilote.

 

Mais, là encore, je ne vais pas m’étendre davantage ici – je laisse tout cela pour une future chronique de l’extension Faucon Millenium de Lando.

 

 

Je n’ai pas grand-chose de plus à dire, mais il y a tout de même un point qui me paraît important – on croise en effet régulièrement dans la BD un vaisseau lui aussi apparu dans le film Solo, mais qui n’a pas (encore ?) intégré le jeu X-Wing : il s’agit du TIE Brute, ou Chasseur lourd TIE/rb.

 

Ce vaisseau a assurément la dégaine d’un TIE conçu par Sienar, mais il se distingue de ses camarades plus connus par une sorte de petite nacelle (mais rien à voir avec celles d’un Bombardier TIE/sa ou d’un TIE/ca Punisher) qui est équipée de puissants canons laser – et j’ai l’impression qu’il s’agit en fait d’une tourelle ?

 

Est-on en droit d’espérer que ce vaisseau intègre un de ces jours la faction de l’Empire Galactique dans X-Wing ? Je suppose que c’est relativement probable, ou en tout cas possible : après tout, après Rogue One, aussi bien le TIE/sk Striker que le TIE Reaper ont été développés pour X-Wing… Rien de certain, cela dit.

 

Mais j’apprécierais : pour l’heure, des trois factions originelles du jeu, seuls les Racailles et Scélérats ont bénéficié de vaisseaux inédits en v2 (trois, en fait : le YT-1300 personnalisé, le Vaisseau de secours qui va avec, et le TIE de la Guilde minière) ; apporter un peu de sang neuf (enfin, de tôle neuve…) aux factions de l’Alliance Rebelle ou, ici, de l’Empire Galactique, serait tout de même très bienvenu, oui…

 

 

Un autre vaisseau figurant dans Lando : Quitte ou double m’intrigue un peu, mais je suis pour le coup beaucoup moins sûr de moi. En effet, apparaît dans la BD une navette impériale qui, vue de loin, ressemble énormément à la Navette T4-A de classe Lambda, mais j’ai l’impression que l’habitacle est beaucoup plus gros que ce que l’on voit d’habitude (y compris sur la figurine, comme de juste).

 

Pourrait-il alors s’agir d’une autre navette impériale, par exemple une Navette de classe Sentinel ? Je n’en suis vraiment pas certain – en fait, je tends plutôt à croire qu’il s’agit bel et bien d’une Lambda, et qu’il ne faut pas accorder trop d’importance à la taille conséquente de l’habitacle dans le dessin de Paolo Villanelli ; je n’évoque donc cette hypothèse que pour mémoire – en fait parce que ce serait alors un autre exemple de vaisseau impérial ne figurant pas dans le jeu X-Wing, et pouvant pourtant s’accommoder de son format tactique.

 

SIMPLEMENT LE MEILLEUR

 

 

Et voilà pour aujourd’hui.

 

Les développements qui précèdent sortent largement de ma « zone de confort », Lando et ses camarades étant associés aux factions de l’Alliance Rebelle et des Racailles et Scélérats (en attendant – ou pas – la Résistance ?), quand je suis essentiellement un joueur impérial ; une chronique future du Faucon Millenium de Lando pourrait permettre de peser davantage ce que tout cela vaut en jeu, mais j’ai bien conscience de ne pas être le mieux à même de me livrer à ce genre d’analyse… J’ai envie de tenter le coup, cela dit – bon, on verra bien.

 

En attendant, Lando demeure un personnage que j’apprécie dans l’univers Star Wars – et j’ai notamment apprécié sa redéfinition dans le film Solo. Mais si Quitte ou double n’y apporte pas forcément grand-chose de plus, Le Casse du siècle regorge d’idées et d’informations sur l’univers Star Wars, et j’ai tout particulièrement apprécié la place qu’y occupe Lobot (ensuite seulement viennent Chanath Cha et O-66).

 

Et je vais guetter les prochaines publications chez Panini, voir si cela justifie d’autres articles de ce type…

Commenter cet article