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May the 4th be disco !

Publié le par Nébal

May the 4th be disco !

May the 4th be with you, hein ? Allez, ça méritait bien un petit article, sur un blog tel que celui-ci…

 

 

Et en relevant d’emblée que, cette année, La Date a quelque chose d’un peu triste, du fait du décès, il y a moins d’une semaine, de Peter Mayhew, l’acteur derrière l’épaisse fourrure de Chewbacca…

 

 

Nous supposerons qu’il a rejoint Carrie Fisher dans une lointaine galaxie toute de délires capillaires et de héros badass en même temps que gentils.

 

 

Mais, dans ce bref article, je veux surtout vous causer de musique. Je ne vous apprends rien : les mythiques compositions de John Williams pour les films Star Wars ont eu un impact considérable, comme un sommet de la bande originale épique.

 

Et elles ont de fait été beaucoup plagiées… et adaptées, de manière parfois très improbable. Ce qui a donné le pire (surtout) comme le meilleur.

 

Je n’ai pas l’intention, ici, de faire un relevé exhaustif ou même ne serait-ce qu’un tout petit peu ample de la matière – l’excellent Erwann Perchoc y a consacré un très bon article sur le blog de Bifrost, auquel je vous renvoie. Je veux essentiellement vous parler du meilleur – qui est forcément du disco.

 

Mais avoir un point de comparaison peut s’avérer utile, pour apprécier le talent de Meco, le héros de ce bref article. Bien évidemment, dans ce contexte, et dans notre beau pays d'en-France, il est difficile de faire l’impasse sur la célébrissime et catastrophique performance télévisée de René Joly, sur des paroles d’Étienne Roda-Gil…

Par chance, dans ce même beau pays d'en-France, on a pu faire mieux (si, si) – et je clame une nouvelle fois à la face du monde combien j’aime d’amour le mashup de DJ Zebra, délicieusement improbable et scandaleusement pertinent, qui plaque sur le thème de la « Marche Impériale » les éructations du « J’arrive » de Joey Starr (Et donc « Joey Starr Wars », voilà, c’est parfait), avec tant qu’à faire le beat légendaire autant que monstrueux du « Da Funk » de Daft Punk pour rendre l’ensemble plus menaçant et dansant encore. Par-fait !

Mais ce que je veux mettre en avant, ici, c’est le travail de Meco, de son vrai nom Domenico Monardo, un musicien de session et producteur américain amateur de SF, qui, dès 1977, dans la foulée de l’épisode IV et de son incroyable succès commercial, qui s’était également reporté sur les enregistrements de la bande originale de John Williams, s'est dit qu'il pouvait bien en livrer sa propre version, surplombée par une boule à paillettes.

 

 

Meco a ainsi, en très peu de temps (trois semaines, dit-on), arrangé avec quelques camarades une relecture disco des thèmes les plus fameux d’Un nouvel espoir, en une longue face A d'un album intitulé Star Wars and Other Galactic Funk. Et ça s'est très bien vendu, et à bon droit, parce que c’est absolument génial. Oui, je suis parfaitement premier degré, là : c’est gé-nial.

 

 

Et un rappel bienvenu de ce que, en cette époque bénie (oui, bénie : comme disait je ne sais plus qui, James Murphy peut-être ? à la fin des années 1970, il y avait le punk et le disco ; et pourquoi choisir entre les deux quand on pouvait avoir les deux ?), en cette époque bénie, donc, le disco, via éventuellement son sous-registre le space disco largement associé à l’italo disco, cette musique qui collait la fièvre tous les samedis soirs entretenait des liens incongrus avec la science-fiction, même si essentiellement son registre le plus populaire et souvent kitsch (la couverture de l’album de Meco en témoigne assurément, qui n’a certes pas grand-chose à voir avec Star Wars). Elle en dérivait des pistes assez incroyables, parfois, œuvres de producteurs discrets mais qui savaient combiner l’impact commercial le plus brouzoufeux qui motivait au premier chef leur travail, on ne va pas se mentir, et une certaine audace, une inventivité enthousiaste, un goût improbable pour l’expérimentation parfois, qui débouchaient sur des enregistrements certes parfaitement archétypaux de cette époque, et souvent oubliés depuis, mais qui, quand on les ressuscite, conservent régulièrement une efficacité probablement kitsch mais pas moins délicieuse, et font toujours autant trémousser le popotin une quarantaine d’années plus tard ; bien plus à vrai dire, en ce qui me concerne, que la plupart de nos avatars contemporains de la musique à danser. Que celui qui n’a pas songé à s’acheter une boule disco en écoutant en boucle le « Cybernetic Love » de Casco me jette le premier astéroïde ! En pattes d’eph, bien sûr. Et avec l'intégralité de la discographie de Daft Punk (on y revient), qui puise/pompe à l'évidence à peu près tout là-dedans.

 

Alors voilà : Meco, enjoy !

Et, pour les plus courageux seulement, voyez tant qu’on y est ce que la télévision française, une fois de plus, a osé/tenté d’en faire…

À noter, le Star Wars and Other Galactic Funk de Meco, sorti juste après le film, en 1977, ne porte bien sûr que sur la musique de l’épisode IV. Mais Meco a pu revenir sur ce projet ultérieurement, de manière sans doute un peu moins inspirée globalement – ceci dit, dans un registre agréablement cheesy, sa relecture de la fameuse « Marche Impériale » (qui n’apparaît qu’avec L’Empire contre-attaque) vaut le détour, même si on est assurément aux antipodes de « Joey Starr Wars »…

Quoi qu’il en soit, maintenant et à jamais, may the 4th be disco !

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